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Agou-Nyogbo Sud prépare la 51e édition de la fête Tezan sous le signe de l’eau potable

 

Après le succès éclatant de la 50e édition de la fête Tezan, encore appelée fête de l’igname, les natifs du canton d’Agou-Nyogbo Sud, dans la préfecture d’Agou, renouent avec la tradition. La 51e édition de cette célébration aura lieu le mois prochain. En prélude, une conférence de lancement s’est tenue ce samedi 5 juillet 2025 à l’Église évangélique locale.

Tezan, fête des prémices d’ignames, est ancrée dans les traditions du peuple d’Agou-Nyogbo Sud depuis plus de trois siècles. Toutefois, c’est en 1972, sous le règne de Togbui Pebi IV, qu’elle a pris la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. Fête de l’unité et du souvenir, elle célèbre les racines des filles et fils du canton, renforce la cohésion communautaire et met en valeur le patrimoine agricole local. Elle favorise également les échanges intergénérationnels et s’inscrit désormais dans une dynamique de développement local.

Cette année, la fête est placée sous le signe de l’accès à l’eau potable, un choix motivé par les difficultés d’approvisionnement en eau dans le canton. L’eau du robinet est souvent impropre à la consommation, et nombre d’habitants, n’ayant pas de pompes à domicile, se tournent vers des sources ou rivières elles-mêmes non potables. Ainsi, des collectes de fonds sont lancés depuis février 2025 afin de réhabiliter le forage, le réservoir et l’ensemble du système d’approvisionnement en eau. Le coût prévisionnel des travaux est estimé à 15 millions de francs CFA.

Pour mener à bien ce projet, le président du comité d’organisation de Tezan, Roger Mawulolo Lasmothey, en appelle à la participation des natifs du canton :

 « Petit à petit, on arrive à faire comprendre aux gens que le développement de notre canton doit commencer par nous-mêmes. On ne se demande pas ce que l’État va faire pour nous ; on se demande ce que nous faisons pour nous-mêmes. Nous lançons des projets et cherchons les moyens de les réaliser. Et si l’État vient en appui, nous accueillons cela favorablement. »

Roger Mawulolo Lasmothey, président du comité d’organisation

Il poursuit : « Désormais, il n’y a plus de festivités sans projet. Chaque édition est couplée d’une initiative concrète. J’invite tous les natifs à se joindre à nous pour contribuer à la réalisation de ces projets. »

Une liste de cotisations a été ouverte à cet effet en fonction du lieu de résidence :

-3 000 F CFA pour les femmes résidant dans le canton ;

-5 000 F CFA pour les hommes du canton ;

-15 000 F CFA pour les natifs vivant ailleurs au Togo ;

-50 000 F CFA pour la diaspora togolaise.

Le président du comité d’organisation a également dressé un bilan positif de la 50e édition, avant de présenter les activités prévues cette année.

 

Lire aussi : Jubilée Tezan d’Agou-Nyogbo Sud : Un franc succès !

 

Un programme riche et varié

L’apothéose de la 51e édition est prévue pour le 23 août 2025, mais plusieurs activités se dérouleront en amont :

-19 juillet : Journée dédiée aux églises ;

-20 juillet : Caravane populaire et tournoi de football ;

-26 juillet : Sensibilisation sur l’agriculture, la culture de l’igname et l’assainissement ;

-9 août : Randonnée touristique à la découverte des sites du canton ;

-16 août : Journée de consultations médicales gratuites ;

-21 août : Soirée « autour du feu » avec contes, devinettes et jeux traditionnels ;

-22 août : Finale du tournoi de football suivie d’un concert ;

-24 août : Culte d’action de grâce ;

-18 septembre : Journée de réflexion sur le développement, en particulier le projet eau.

Un ancrage culturel au service du développement

Lors de la conférence de lancement, le chef du canton, Togbui Pébi V, a souhaité la bienvenue à l’assistance, en pleine période électorale. Il a retracé l’histoire du peuple éwé d’Agou-Nyogbo Sud et souligné l’impact positif de la fête Tezan sur le développement local :

Togbui Pebi V, chef canton d’Agou-Nyogbo

« Notre fête traditionnelle est un levier de développement. Elle rassemble les filles et fils du canton, favorise la prise de conscience et la cohésion sociale à tous les niveaux, des villages aux quartiers. »

Il a cité en exemple plusieurs réalisations concrètes rendues possibles grâce à cette dynamique : centre de petits soins, bibliothèque, réhabilitation de routes, etc. Togbui Pébi V a exprimé sa gratitude envers la population pour sa mobilisation lors de la 50e édition, et souhaité que la 51e suscite le même engouement. Il a également salué l’implication des cadres locaux et des autorités nationales.

L’État mise aussi sur les fêtes traditionnelles

De son côté, le directeur régional des arts et de la culture des Plateaux, Kokou Monkli, a rappelé que les fêtes traditionnelles sont un maillon essentiel du développement culturel. Il a souligné l’engagement constant du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, en faveur du dynamisme du secteur culturel.

« Les fêtes traditionnelles font partie intégrante de notre patrimoine culturel immatériel. Certaines, comme la fête Tezan, ont une portée particulière, car elles allient célébration et projet de développement. »

Il a insisté sur leur rôle dans la promotion de la cohésion sociale, du vivre-ensemble, de l’identité culturelle et des activités traditionnelles. Au-delà des réjouissances, elles constituent, selon lui, un moteur potentiel de création d’emplois et de croissance économique.

Une terre fertile à fort potentiel

Le canton d’Agou-Nyogbo Sud fait partie des treize cantons de la commune Agou 1, dans la préfecture d’Agou. Son chef-lieu compte 10 quartiers, dont 4 nouvellement créés. Avec son canton jumeau, Agou-Nyogbo Nord, ils s’étendent sur une superficie de 65 km² et abritent une population d’environ 7 354 habitants.

L’activité principale des habitants est l’agriculture, notamment les cultures vivrières (igname, maïs, manioc, taro, banane, soja, haricot), les cultures pérennes (cacao, café, palmier à huile), le maraîchage (goyave, gombo, piment), ainsi que l’élevage, le petit commerce, l’artisanat et la pisciculture.

Le canton dispose de cinq écoles primaires (dont deux confessionnelles), d’un collège (CEG), d’un lycée, d’un hôpital, d’un marché, d’un centre de petits soins et de dix églises.

Historiquement, les populations d’Agou-Nyogbo Sud sont issues de la migration éwé depuis la muraille d’Agokoli, avec un passage dans les montagnes d’Agou, avant de s’établir dans la plaine actuelle.

 

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Albert AGBEKO

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