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De la cellule à l’hôpital : le calvaire des anciens prisonniers politiques

 

Pour avoir simplement exprimé leurs opinions sur la gouvernance du pays, plusieurs citoyens togolais ont été arrêtés, détenus et privés de liberté, parfois durant de longues années. À la faveur d’une mesure de grâce présidentielle entérinée le 30 décembre 2025, certains prisonniers politiques ont recouvré la liberté. D’autres, en revanche, demeurent encore derrière les barreaux.

Mais pour ceux qui ont été libérés, la sortie de prison ne signifie pas la fin de l’épreuve. Derrière les portes des lieux de détention, beaucoup ont laissé leur santé, leur stabilité psychologique et parfois leur dignité. Aujourd’hui, ces anciens détenus traînent de lourdes séquelles physiques et morales, nécessitant des soins médicaux urgents et appropriés, souvent à leurs propres frais. L’association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO) alertent sur leur situation.

Amavi Katanga : des séquelles visibles et persistantes

Libérée le 31 décembre 2025, Amavi Katanga demeure profondément affectée par les conditions de sa détention. Connue pour ses prises de position critiques sur la situation sociopolitique du pays, elle souffre encore des séquelles consécutives à son incarcération. Son état de santé nécessite un suivi médical approprié, selon des proches, alors même qu’aucun dispositif officiel de prise en charge n’a été annoncé.

Dora Dougbedji Affivi : une pathologie chronique sans moyens de soins

Également libérée le 31 décembre 2025, Madame Dougbedji Affivi Dora souffre d’une affection oculaire grave. Selon les résultats d’analyses médicales, elle est atteinte d’une limbo-conjonctivite endémique chronique des tropiques, stade 4, une pathologie évolutive nécessitant une intervention chirurgicale spécialisée.

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Faute de moyens financiers, cette mère de famille ne peut actuellement accéder aux soins requis, illustrant la précarité dans laquelle se retrouvent plusieurs anciens prisonniers politiques après leur libération.

Leyla Mehiouwa Nambea : six ans de détention et une santé fragilisée

Arrêtée en 2019, alors qu’elle portait un bébé, Madame Leyla Mehiouwa Nambea a passé six années en détention, sans jugement. Libérée le 31 décembre 2025, elle vit aujourd’hui dans un quartier périphérique de la capitale, avec un état de santé jugé préoccupant.
Marquée par de longues années d’incarcération et des actes assimilés à de la torture, elle nécessite une prise en charge médicale adaptée, qui reste difficilement accessible.

Aziz Goma : hospitalisé après sept ans de détention

Depuis sa libération, Aziz Goma est dans un état de santé critique. Il est actuellement hospitalisé dans une clinique de Lomé, où il reçoit des soins à ses propres frais.
Il faut rappeler qu’il a passé sept années de détention dans des conditions qualifiées d’inhumaines et dégradantes par ses soutiens, après avoir subi des actes de torture. Sa situation relance le débat sur la responsabilité de l’État dans la prise en charge sanitaire des anciens détenus politiques.

Grâce Bikoni Koumayi : une liberté sous perfusion médicale

Libérée le 30 décembre 2025, la sage-femme et activiste Grâce Bikoni Koumayi n’a pas encore regagné son domicile familial. Affaiblie par sa détention, mais aussi par une longue grève de la faim observée en prison, elle poursuit actuellement des soins en gynécologie, neurologie, cardiologie dans une clinique de la capitale.
Son état de santé demeure fragile, conséquence directe, selon ses proches, des conditions de détention et des mauvais traitements subis.

Une liberté incomplète, un défi humanitaire

Ces parcours témoignent d’une réalité souvent occultée : la libération des prisonniers politiques ne met pas fin aux souffrances endurées. Sans accompagnement médical, psychologique ou social, nombre d’entre eux peinent à se reconstruire.

Au-delà de la clémence présidentielle, se pose désormais la question de la réparation, de la prise en charge sanitaire et des garanties de non-répétition, dans un pays où la liberté d’expression continue de susciter de vives tensions.

 

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Francine DZIDULA

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