Libération des prisonniers politiques au Togo : la satisfaction de la CNDH contraste avec son silence sur les graves allégations de viol
Alors que la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) affiche sa satisfaction après la libération de plus de 1 500 détenus, son mutisme persistant sur les accusations de viol formulées par des prisonniers politiques arrêtés lors des manifestations de juin 2025, notamment l’activiste et sage-femme Grâce Bikoni Koumayi, continue de susciter de vives interrogations.
Une réaction rapide sur les libérations, un silence prolongé sur les accusations graves
La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a promptement réagi à la libération des détenus bénéficiaires de la grâce présidentielle accordée par le Président du Conseil. Dans un communiqué en date du 7 janvier 2026, dont TOGO SCOOP a reçu copie, l’institution dirigée par Me Kwao Ohini Sanvee s’est dite « profondément satisfaite » de cette décision qu’elle qualifie d’empreinte de « sagesse et d’humanisme ».
Cette réaction contraste toutefois avec le silence de l’institution sur les allégations de viol, de sévices et de mauvais traitements dénoncées par plusieurs prisonniers politiques arrêtés lors des manifestations des 6, 26, 27 et 28 juin 2025, en particulier Grâce Bikoni Koumayi, sage-femme et activiste politique.
Des visites en détention et un mandat d’enquête parlementaire
Il convient de rappeler que durant leur détention, les manifestants arrêtés avaient reçu la visite des équipes de la CNDH. Face à la gravité et à la multiplicité des accusations de violations des droits humains, l’Assemblée nationale avait officiellement instruit la CNDH de faire la lumière sur ces incidents.
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Le 7 juillet 2025, le président de la CNDH, Me Kwao Ohini Sanvee, avait remis un rapport d’étape au président de l’Assemblée nationale. C’est au lendemain même de la remise de ce rapport que Grâce Bikoni Koumayi a commencé à rendre publiques ses allégations de viol, affirmant avoir été agressée sexuellement dans les locaux de la gendarmerie durant sa détention.
Depuis lors, aucune communication officielle de la CNDH n’est venue confirmer, infirmer ou contextualiser ces accusations, bien que des émissaires de la Commission aient rencontré à plusieurs reprises la présumée victime.
Un communiqué axé sur la grâce présidentielle
Dans son communiqué, la CNDH met essentiellement en avant les bienfaits de la grâce présidentielle et la nécessité d’une réinsertion sociale des ex-détenus, sans faire mention des enquêtes en cours ni des allégations de violences sexuelles.
Si la libération des détenus est unanimement saluée par les organisations de défense des droits humains, les victimes présumées de violences graves attendent toujours des réponses claires. Le silence prolongé de la CNDH sur le dossier des allégations de viol jette une ombre sur son rôle constitutionnel de protection des droits humains, en particulier lorsqu’il s’agit de crimes aussi graves que les violences sexuelles en détention.
À l’heure où la Commission se félicite des avancées sur le plan humanitaire, l’opinion publique attend désormais qu’elle se prononce avec la même célérité sur les accusations qui touchent au cœur même de la dignité humaine.
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Francine DZIDULA
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