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Défilé du 27 avril : la troublante absence du Président Savi de Tové

Le Togo a célébré ce 27 avril 2026 le 66ème  anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. Comme de tradition, un grand défilé militaire et civil s’est tenu à la Place des Fêtes de Lomé, en présence des principales institutions de la République, des autorités administratives, militaires, diplomatiques et religieuses.

Mais au cœur de cette célébration hautement symbolique, une absence a retenu toute l’attention : celle du président de la République, Jean Lucien Lanyo Savi de Tové.

Alors que la Constitution de la Vème République fait du président de la République « le chef de l’État » et surtout « le symbole de l’union nationale », son absence au défilé du 27 avril suscite interrogations, incompréhensions et vives critiques dans l’opinion publique.

 

Une absence historique pour une fête nationale majeure

Certainement que si vous avez suivi le défilé, vous aurez cherché en vain le Président de la République. Il n’a pas fait le déplacement. C’est la grande surprise de cette journée. C’est ce que l’Histoire retiendra. Pour la première célébration de la fête de l’Indépendance après l’entrée du pays dans la Vème République, le Président de la République n’y était pas.

Et pourtant, il a procédé à sa première cérémonie de décoration quelques heures avant le début du défilé, à la présidence de la République, preuve qu’aucune indisponibilité physique ne semblait justifier son absence. Mais juste après, il a disparu. On ne l’a pas vu au défilé, alors que toutes les autres personnalités y étaient présentes excepté lui.

Cette situation inédite, le président de la République n’a pas pris part au défilé officiel, ne surprend pas TOGO SCOOP, puisque la rédaction de votre journal l’avait déjà prédit dans une précédente publication intitulée : « Célébration du 27 avril : Faure Gnassingbé pris au piège… ».

 

Une contradiction avec l’esprit de la Constitution

La nouvelle Constitution est pourtant explicite : le président de la République incarne l’unité nationale. À ce titre, il aurait dû naturellement présider les cérémonies les plus symboliques de la Nation, notamment la ranimation de la flamme de l’indépendance et le défilé militaire et civil du 27 avril.

Dans toutes les traditions républicaines, et même dans les régimes parlementaires, la fête de l’Indépendance demeure un moment où le chef de l’État occupe une place centrale, indépendamment de l’étendue réelle de ses pouvoirs exécutifs.

Empêcher ou marginaliser la présence du président à une telle cérémonie officielle apparaît, comme une forme d’infantilisation institutionnelle rarement observée dans un système républicain.

 

Une présidence symbolique… devenue invisible ?

La Vème République togolaise a consacré la fonction de président du Conseil comme centre réel du pouvoir exécutif, tandis que la présidence de la République semble cantonnée à un rôle essentiellement symbolique.

Cependant, même ce rôle symbolique semble aujourd’hui remis en cause.

En désignant Jean Lucien Savi de Tové comme président de la République tout en concentrant l’essentiel des pouvoirs entre les mains du président du Conseil, le système institutionnel avait déjà suscité des débats. Mais l’absence du chef de l’État lors de la principale fête nationale donne l’impression d’une présidence réduite à une simple fonction décorative, voire effacée.

 

Une occasion manquée pour la réconciliation nationale

Comparativement, en 1993, malgré un contexte politique tendu, après avoir affaibli les institutions de la République, à savoir la Primature et le Haut conseil de la république (HCR), Gnassingbé Eyadema a invité le Premier ministre Joseph Kokou Koffigoh et le président du parlement de transition, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro au défilé. En étant au milieu de ces personnalités, Eyadema avait lancé un message fort en faveur de la Réconciliation nationale.

 

Lire aussi : Célébration du 27 avril : Faure Gnassingbé pris au piège…

 

En 2026, par l’absence de Jean Lucien Savi de Tové, le PC a envoyé un message inverse. Cette absence alimente le sentiment d’un déséquilibre institutionnel et d’un manque d’élégance politique.

Le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a manqué une occasion importante d’adresser un message fort en faveur de la cohésion nationale.

 

Une polémique constitutionnelle désormais ouverte

En présidant seul les festivités de l’Indépendance, pendant que le président de la République restait absent, Faure Gnassingbé expose la Vème République à une controverse politique et constitutionnelle majeure.

Il est évident que Faure Gnassingbé, en présidant la fête de l’Indépendance et en empêchant le Président de la République de se rendre à la cérémonie, a violé l’esprit, sinon la lettre, de la Constitution.

Au-delà du protocole, c’est la crédibilité même des nouvelles institutions qui se trouve interrogée.

Car si le président de la République, officiellement symbole de l’unité nationale, ne peut apparaître lors de la fête la plus emblématique de cette unité, alors la question se pose avec acuité : quelle est réellement sa place dans l’architecture institutionnelle togolaise ?

 

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Albert Akouété AGBEKO

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