Dette publique au Togo : Marguerite Gnakadé dénonce la mauvaise gestion des ressources financières du pays
Depuis son départ du gouvernement, l’ancienne ministre des Armées, Marguerite Gnakadé, multiplie les prises de parole critiques à l’égard du pouvoir togolais. Dans une nouvelle sortie, en date du 28 juillet 2025, elle dénonce la spirale d’endettement dans laquelle s’enfonce le pays, un phénomène qu’elle estime dangereux pour les générations futures.
L’ancienne ministre des Armées, Mme Essossimna Marguerite Gnakadé, a de nouveau pris la parole ce lundi pour exprimer son inquiétude sur la situation financière du Togo. Dans une déclaration partagée sur les réseaux sociaux, l’ex-membre du gouvernement Faure Gnassingbé alerte l’opinion nationale et internationale sur “la spirale d’endettement préoccupante” du pays, dont les conséquences risquent de peser lourdement sur les générations à venir.
Une dette publique galopante et peu productive
Selon Mme Gnakadé, la dette publique du Togo avoisine aujourd’hui les 70 % du Produit Intérieur Brut (PIB), un niveau soutenable en apparence, mais inquiétant dans le contexte togolais. Elle reconnaît que l’endettement est une pratique courante dans les États modernes pour financer leur développement, mais souligne un problème fondamental : “Au Togo, les projets financés par la dette ne produisent pas les effets escomptés”.
Elle cite en exemple le dernier décaissement de 60,5 millions de dollars américains par le Fonds Monétaire International (FMI) dans le cadre de la Facilité Élargie de Crédit (FEC), qui, selon elle, ne s’est pas traduit par une amélioration perceptible du quotidien des citoyens.
“Les ressources empruntées finissent trop souvent dilapidées, mal orientées ou englouties dans des projets opaques”, déplore-t-elle.
Manque de transparence et absence de résultats
Marguerite Gnakadé interpelle également les partenaires financiers internationaux, les appelant à exiger plus de transparence sur l’utilisation des fonds prêtés. Elle soulève deux questions majeures : Où vont réellement les financements contractés au nom du développement ? Jusqu’à quand les bailleurs continueront-ils de soutenir un régime qui n’apporte pas de progrès visibles ?
Elle critique en outre les réformes économiques imposées dans le cadre des programmes d’ajustement, lesquelles, selon elle, aggravent la précarité des populations : hausse des taxes, réduction des subventions, augmentation des tarifs des services publics essentiels.
“Le peuple ne demande pas la charité, mais des comptes”
Dans un ton ferme mais empreint de gravité, l’ancienne ministre dénonce l’impunité qui entoure la gestion des deniers publics. Aucune enquête sérieuse n’est, selon elle, menée lorsqu’un scandale éclate. Les responsables ne sont ni poursuivis ni sanctionnés, alors que les voix dissidentes, elles, sont muselées.
“La liberté d’expression est confisquée. Les citoyens sont réduits au silence ou taxés de fous lorsqu’ils réclament des comptes”, affirme-t-elle.
Une critique politique de plus en plus assumée
Depuis son départ du gouvernement, Mme Gnakadé ne ménage plus ses critiques à l’endroit du président du Conseil des ministres Faure Gnassingbé. Cette sortie intervient après plusieurs déclarations dans lesquelles elle avait déjà dressé un bilan négatif des 20 années de pouvoir de l’ancien président de la République devenu Président du conseil des ministres.
Elle appelle désormais à un véritable sursaut de gouvernance, avec des réformes structurelles, une transparence budgétaire accrue et une réelle reddition de comptes, afin que la dette du pays serve à améliorer les conditions de vie, plutôt qu’à enrichir une minorité.
“Il faut sauver l’avenir, pas entretenir l’illusion”
La déclaration de Mme Gnakadé se veut un cri d’alerte citoyen. Elle exhorte les autorités togolaises à rompre avec les pratiques actuelles de gestion opaque, afin de préserver l’avenir des générations futures. Selon elle, l’endettement n’est pas en soi un problème, mais c’est l’usage qui en est fait qui compromet l’avenir.
“Le Togo ne manque pas de ressources, mais d’une volonté politique de les mettre au service du peuple”, conclut-elle.
Francine DZIDULA
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