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Discrimination des PVVIH au Togo en 2022 : L’auto-stigmatisation en hausse

Malgré les efforts de prévention de dépistage et de traitement du VIH, les discriminations et les stigmatisations continuent par rendre la vie dure à ceux qui souffrent de cette infection. Pour contribuer à la lutte contre ces préjugés, les Nations-Unies depuis 2014, ont décrété le 1er mars la journée zéro discrimination. Elle est l’occasion pour faire l’état des lieux de la lutte contre la discrimination. Au Togo, la date est souvent choisie par l’Observatoire des droits humains et VIH du Réseau des associations des personnes vivant avec le VIH au Togo (RAS+) pour rendre public la situation de la stigmatisation et de la discrimination au Togo. C’est dans cette perspective qu’en prélude à cette journée, cet Observatoire a rendu public ce lundi 27 février 2023 son rapport.

Présenté par Dr Amen Kokou Hlomewoo, Coordonnateur de l’Observatoire, ce rapport est un condensé de la situation de la discrimination de l’année 2022 dans 100 structures sanitaires repartis sur toute l’étendue du territoire national.

TOGOCOM

Ainsi, au total 313 personnes ont avoué avoir subi des discriminations au cours de l’année 2022 contre 419 en 2021. Dans les détails, il s’agit au total de 256 PVVIH contre 305 en 2021.  Le Grand-Lomé est en tête avec 67 personnes discriminées, suivi de la région des Plateaux 59, Maritime 45, Centrale 36, Kara 30 et Savanes 19.

S’agissant des HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes) ils sont au total 19.  Grand-Lomé 10, centrale 7, ensuite viennent les régions des Plateaux et de la Kara avec respectivement 1.

Au total 31 PS (professionnel de sexe) dont Grand-Lomé 25, centrale 3, Savanes 2, Kara 1.

Ses victimes se répartissent ainsi selon :

-le sexe, 78% sont des femmes contre 22% d’hommes

-l’âge, 71% ont plus de 25 ans, 22% ont l’âge compris entre 15-24 ans et 7% ont l’âge compris entre 0-14 ans.

En ce qui concerne leur milieu de provenance. Sur les 256 PVVIH recensés, 13 viennent du milieu médical, 15 du milieu professionnel, 192 du milieu familial et social, 36 auto-stigmatisation.

Sur les 19 HSH, 3 viennent du milieu médical, 7 du milieu professionnel, 8 du milieu familial et social, 1 auto-stigmatisation.

 

Sur les 31 PS, 1 milieu médical, 8 du professionnel, 12 du familial et social, 10 auto-stigmatisation.

HCRUNN

S’agissant de la violence basée sur le genre, la violence psychologique arrive en tête avec 199 cas, suivie de la violence verbale 195 cas, physique 51, économique 23, sexuelle 13.

L’Observatoire a aussi dans ses plans d’action la sensibilisation. C’est ainsi qu’au cours de l’année 2022, 43505 personnes ont été touchées, soit 42835 personnes de façon générale et 285 HSH et 385 PS.

Toujours dans le cadre de cette sensibilisation, des prestataires qui sont les psychologues, les responsables de centres de dépistage, les dispensateurs des ARV, au total 322, ont été sensibilisés. Dans cette catégorie, la région des Plateaux arrive en tête avec 47 formés, Maritime 45, Kara et Savanes 42, Centrale 35 et Grand-Lomé 11.

Au cours de la présentation de ce rapport, le Président de RAS+ Togo, Augustin Dokla, a dans son mot introductif,  admis que cette journée permet de faire le point. Le VIH, a-t-il dit, demeure un sujet tabou, une infection stigmatisante, il y a des efforts à faire pour le démystifier. « La stigmatisation c’est la peur.  Nous sommes arrivés à un niveau où nous disons que c’est l’ignorance pure et dure. Puisque lorsque vous approcher la personne, vous lui expliquer, elle comprend ».

Pour sa part, Dr Angèle Maboudou, Conseiller en informatique et stratégie à ONUSIDA a rappelé que les inégalités demeurent le nœud de la lutte contre VIH. C’est pourquoi, a-t-elle poursuivi, la stratégie mondiale de lutte contre le VIH s’intitule « mettre fin aux inégalités, mettre fin au Sida ». Si ces discriminations, ces stigmatisations persistent il y aura toujours des populations à risque, a déploré Dr Maboudou insistant sur la nécessite pour son organisation de mettre l’accent sur la lutte.

Et enfin Prof Vincent Pitché, le Sercrétaire permanent de CNLS-IST, a félicité RAS+ pour avoir pris à bras le corps le problème des droits humains liés au VIH. Il n’a pas non plus oublié de remercier l’ONUSIDA qui a toujours accompagné le Togo sur la thématique et les autres partenaires.

Il a reconnu que depuis 2005 le Togo dispose d’une loi qui protège les PVVIH mais « cette loi ne règle le problème opérationnel ». C’est pourquoi, il faut travailler au quotidien pour enlever les goulots d’étranglement qui minent les discriminations, les stigmatisations.

 

Francine DZIDULA

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