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« Opération tous en noir » : Le noir n’est pas la couleur dominante ce lundi à Lomé

 


Pour protester contre la faim, la pauvreté, la vie chère, le calvaire, le suicide et le bâillonnement, l’association « Femme pyramide » avait appelé les Togolais de l’intérieur tout comme ceux de la diaspora à  arborer cette semaine la tenue noire en signe de mécontentement vis-à-vis des autorités du pays. A la fin de cette première journée même s’il est difficile de contacter les organisateurs pour voir le bilan qu’ils en tirent eux-mêmes de l’opération, le constat est tout de même  mitigé dans les rues de la capitale. Peu de togolais ont suivi l’opération. Les raisons de cette indifférence sont multiples.

A la station de taxi-moto à Attikoumé, sur les 5 conducteurs d’engin 2 ont porté le noir. A la question de savoir si c’est une coïncidence ou c’est par respect au mot d’ordre, l’un des deux conducteurs lâche : « Nous les conducteurs de taxi-moto nous sommes ceux qui paient le plus lourd tribut de la vie chère au Togo. Les différentes augmentations des taxes imposés par le gouvernement nous touchent directement : le péage, carburant, TVM … Pour ne citer que ceux-là nous concernent plus que d’autres citoyens sans oublier la hausse du prix des produits de première nécessité. Dans ces conditions, il est normal que je m’associe à l’opération ».

Pour cette secrétaire de direction dans une structure hospitalière, elle affirme n’être pas au courant de l’opération.  « C’est ce matin que j’ai été informée en lisant les sites d’information ».  Toutefois, précise-t-elle, si je l’avais su plus tôt je ne pense pas que je vais la respecter car s’interroge-t-elle « à quoi ça sert d’être en noir si cela ne nous apportera aucun résultat positif? Voilà pourquoi, même si j’avais vite eu l’information, je ne pense pas que je devrais être en noir aujourd’hui ». Depuis un certain moment, poursuit-elle, la satisfaction des besoins élémentaires devient difficile au Togo, surtout pour la population  à faible, même à moyen revenu. Tout coûte cher: la tomate, le savon, le maïs, les pâtes alimentaires, l’huile, le savon…. Tout ce qu’on peut utiliser dans la satisfaction des besoins primaires. Certains ménages se voient obligés de réduire le nombre de repas par jour pour pouvoir y faire face. « Si l’observation de la journée de protestation peut apporter quelque de positif, ce serait un plaisir pour nous tous d’être en noir aujourd’hui pour manifester notre désarroi. Malheureusement, on se rend compte que nos dirigeants n’écoutent pas cris. Nous avions crié pour beaucoup de choses et des gens sont fatigués. La réponse à nos cris est cruelle des fois », conclut-elle.

Même son de cloche à Kpalimé. Là non plus la population n’est informée de l’opération. «  J’ai quitté tôt ce matin pour le boulot pour ne revenir qu’après 18h. Mon bureau est à Kouma-Konda. Donc dans le village j’étais la seule à porter le noir », nous apprend cette élue locale qui avoue aussi n’avoir été informée que hier nuit.

A Djidjolé, nous apercevons une dame en  noir devant une casserole de bouillie ce matin. Nous l’approchons et lui posons la question de savoir si sa tenue noire répondait à l’opération, elle avoue ne pas être au courant de rien et que c’est par pure coïncidence qu’elle a porté le noir.  

Bright fustige pour sa part l’hypocrisie des Togolais. « Ils crient que les choses ne marchent pas mais quand on les appelle à manifester simplement leur indignation, on ne leur demande pas de sortir dans la rue. On leur demande de porter seulement une simple tenue noire pour manifester leur indignation, ils ne veulent pas le faire. Il faut que le Togolais se réveille », déclare-t-il sur un ton amer. Et peu plus loin il assène« ce weekend il faut regarder dans les rues de Lomé.  A cause du match de football certains sont dans les maillots de Neymar d’autres sont en bleue pour l’Italie ou en blanc pour l’Angleterre ainsi de suite. Ça là leur rapporte quoi si ce n’est soutenir des joueurs qui sont déjà milliardaires alors que la jeunesse togolaise est à majorité dans la misère », se demande-t-il.

« Des gens n’arrivent pas à manger une seule fois par jour mais quand il s’agit du football, ils font tout pour soutenir les équipes mais quand il s’agit de la vie chère qui nous concernent tous ils ne veulent pas réagir, ils jouent à l’indifférence et après c’est pour crier que les organisations de défense des consommateurs font çi, les journalistes font ça  alors qu’eux-mêmes ils ne veulent rien faire, ils s’oublient ».

Il est très tôt pour tirer un bilan global de l’opération. Si l’argument de sous information avancé par la plupart pour ne pas respecter l’opération tient, les six jours restants sont une occasion pour qu’elle aille  en crescendo. Demain c’est également une journée pour mesurer l’ampleur.

Notons que l’opération a reçu le soutien des organisations de la société civile à l’instar de La Ligue des consommateurs du Togo (LCT), du Front citoyen Togo débout (FCTD) des organisations politiques comme de la Dynamique Mgr Kpodzro et de Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD).

 

 

Francine DZIDULA

E-Mail: togoscoop@gmail.com

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