Tentative de coup d’État au Bénin : le chef des mutins serait à Lomé, l’ASVITTO exige des clarifications
La tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 au Bénin continue de provoquer des remous dans la sous-région. Alors que le meneur des mutins, le Lieutenant-colonel Pascal Tigri, serait réfugié à Lomé selon des sources crédibles, l’ASVITTO réclame des clarifications au gouvernement togolais. Entre demandes d’extradition, prudence diplomatique et tensions latentes, le dossier met à l’épreuve les relations entre Cotonou et Lomé.
Le 7 décembre 2025, une tentative de coup d’État a secoué le Bénin. Un groupe de mutins, mené par le Lieutenant-colonel Pascal Tigri, a tenté de renverser le régime du président Patrice Athanase Talon avant d’être neutralisé par les forces loyalistes. Depuis, plusieurs sources concordantes affirment que les fugitifs auraient trouvé refuge au Togo. TOGO SCOOP a reçu confirmation de sources crédibles de la présence du chef des mutins à Lomé, bien qu’aucune déclaration officielle n’ait encore été faite à ce sujet.
La présence supposée de Tigri à Lomé alimente le débat public
L’information, largement relayée par la presse internationale, soulève de nombreuses interrogations. L’éventuelle présence du meneur du putsch à Lomé crée une zone d’ombre que plusieurs acteurs demandent d’éclaircir.
Parmi eux, l’Association des Victimes de Torture au Togo (ASVITTO), qui appelle les autorités togolaises à apporter des clarifications sur les allégations de refuge accordé aux mutins.
Dans un tweet de son président, Atcholi Kao, l’organisation affirme : « Tout en condamnant avec rigueur cette tentative de coup d’État, nous exigeons du président du Conseil des ministres, Faure Gnassingbé, et du gouvernement, des clarifications relatives à ces accusations. »
L’ancien gendarme poursuit en rappelant que : « Le Bénin reste un modèle démocratique par sa tradition d’élections transparentes et d’alternances politiques que le peuple togolais a toujours admirée. Il est hors de question que notre territoire serve de base arrière aux aventuriers. »
Le gouvernement béninois prudent, mais déterminé à demander l’extradition
Jusqu’ici, les autorités béninoises se sont montrées réservées dans leurs commentaires. Lors de la conférence de presse du 10 décembre 2025, le porte-parole du gouvernement a déclaré : « Quel que soit le lieu où il se trouve, nous allons mener des démarches sous-régionales pour demander à ce qu’on nous le livre. »
Cependant, les choses semblent aller plus loin selon une source proche du gouvernement béninois citée par Reuters. Celle-ci affirme que le Lieutenant-colonel Tigri serait bel et bien au Togo et que Cotonou aurait officiellement demandé son extradition.
Un extrait relayé par l’agence indique : « Si le gouvernement togolais ne les extrade pas vers le Bénin, cela prouvera l’implication du Togo dans la tentative de coup d’État. »
D’après Reuters, ces affirmations figurent dans une lettre des services de renseignement béninois adressée aux autorités togolaises, demandant l’arrestation et la remise des mutins.
La position du Togo encore inconnue
Pour le moment, aucune réaction officielle du côté de Lomé n’a été enregistrée. On ignore si les autorités togolaises donneront suite à la requête d’extradition.
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Toutefois, les deux pays ont par le passé entretenu une coopération judiciaire active, notamment dans les dossiers de criminalité transfrontalière. Ce précédent pourrait peser dans la balance.
Un dossier hautement sensible pour la sous-région
La tentative de coup d’État au Bénin et les tensions diplomatiques qu’elle pourrait entraîner avec le Togo constituent un enjeu majeur pour la stabilité de la sous-région ouest-africaine. Alors que les enquêtes se poursuivent et que les acteurs politiques s’expriment, une question demeure centrale : le Togo acceptera-t-il de livrer le chef des mutins à Cotonou ?
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