Togo : L’ADDI tient son Conseil national et réaffirme son engagement pour l’unité de l’opposition
L’Alliance pour la démocratie et le développement intégral (ADDI-opposition), l’une des principales formations de l’opposition togolaise, a tenu ce samedi 22 novembre 2025 à Lomé son Conseil national. L’événement, qui a réuni des délégués venus de 25 fédérations du pays, a permis d’examiner en profondeur la vie du parti, le fonctionnement de ses structures internes et la situation socio-politique nationale. Les travaux ont été présidés par le professeur Aimé Tchabouré Gogué, président national du parti.
Un Conseil national statutaire et un regard sur deux années d’activité
Conformément aux statuts de l’ADDI, le Conseil national se réunit entre deux congrès pour évaluer la mise en œuvre des décisions précédentes et redéfinir les priorités stratégiques. Le dernier congrès de l’ADDI s’était tenu en mai 2023. Depuis, le parti a traversé deux années intenses, marquées par quatre consultations électorales majeures : les législatives et régionales de 2024, puis les sénatoriales et municipales de 2025.
Le professeur Aimé Gogué a reconnu que ces scrutins ont été organisés « dans des conditions très difficiles, avec fraudes et violences massives ». Malgré ces contraintes, l’ADDI affirme avoir obtenu des résultats « loin de la réalité des urnes », mais qui lui permettent néanmoins de se positionner comme chef de file de l’opposition parlementaire avec deux députés, même si le parti juge ce résultat largement en-deçà de la volonté populaire.
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Aux élections régionales de 2024, premières du genre au Togo, l’ADDI a également marqué des points en devenant le seul parti d’opposition à constituer un groupe d’élus régionaux, remportant au total huit sièges. En 2025, le parti a pris part aux sénatoriales, contrairement aux autres formations parlementaires de l’opposition qui avaient choisi le boycott. L’ADDI y a décroché un siège.

Remobiliser militants et citoyens : une urgence politique
Le professeur Aimé Tchabouré Gogué a longuement insisté sur la baisse préoccupante de l’engagement citoyen dans le pays : « Nous avons connu une baisse de l’engagement pour la démocratie et l’État de droit, compte tenu des violences du régime. Cela a démotivé la population et réduit le militantisme. Nous devons remobiliser. »
Pour le parti, cette démobilisation touche également ses propres bases. L’ADDI entend donc renforcer son organisation interne, en particulier la Ligue des Jeunes et la Ligue des Femmes, dont les bureaux ont été recomposés pour gagner en efficacité. Le président a exprimé une forte reconnaissance envers ces deux franges militantes, affirmant que « leurs efforts ont permis au parti d’obtenir les performances réalisées lors des dernières élections ».
Il a également souligné le besoin de mobiliser davantage de ressources internes : « Les partis d’opposition n’ont pas beaucoup de moyens. Nous devons faire plus pour lever des financements au plan national. »
Unité de l’opposition : un dossier prioritaire
L’un des sujets majeurs abordés au Conseil national est celui de l’union de l’opposition. L’ADDI en a fait une priorité stratégique depuis plusieurs années. Après des discussions élargies à l’ensemble des forces démocratiques et de la société civile, le parti a décidé de restreindre le cadre des concertations afin de travailler « de manière plus ciblée ».
Sans révéler pour l’instant les formations concernées, Aimé Gogué s’est montré optimiste : « Cette fois-ci, il y a des espoirs. Je suis plus optimiste que par le passé. Nous souhaitons tous que cela marche. »
Pour l’ADDI, l’unité d’action de l’opposition est indispensable pour restaurer la confiance du peuple dans la lutte démocratique et préparer les futures échéances électorales.

Un parti enraciné dans l’histoire politique contemporaine du Togo
Fondée en 1991, l’ADDI fait partie des plus anciens partis de l’opposition démocratique. Le professeur Aimé Gogué, qui avait participé au tout premier gouvernement de transition issu de la Conférence nationale souveraine, a représenté le parti à l’élection présidentielle de 2015 et 2020, se classant respectivement 3ᵉ et 4ᵉ.
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Le parti a fait son entrée au Parlement en 2013 et poursuit, depuis, une stratégie de participation systématique aux élections, tout en dénonçant les irrégularités qui, selon lui, faussent la volonté populaire.
À travers ce Conseil national, l’ADDI confirme sa volonté de rester un acteur majeur de la lutte démocratique au Togo. Entre efforts de remobilisation, restructuration interne et recherche de l’unité de l’opposition, le parti se projette vers les prochaines batailles politiques avec un objectif clair : contribuer à la reconstruction de la confiance citoyenne et à l’alternance démocratique.
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Albert AGBEKO
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