Deux jours après une première rencontre dédiée au Grand rattrapage vaccinal, les journalistes togolais ont poursuivi, ce jeudi 19 février 2026 à Lomé, les échanges avec le Gouvernement et l’UNICEF. Cette deuxième journée du café de presse a été consacrée à un enjeu stratégique : la petite enfance, considérée comme une politique publique à fort impact.
La séance a été marquée par la présence de Xavier SIRE, Représentant adjoint de l’UNICEF, Arsène BAGRE, Chef de la Section Protection de l’Enfant, Essi Fafa SOULE DURCHBACH, Chargée de Communication et Plaidoyer (UNICEF Togo), Fabrice AKOUETEY, Représentant du point focal Communication à la Direction Générale de la Mobilisation de l’Aide et du Partenariat.
Petite enfance : une priorité à fort retour sur investissement
Dans un contexte de restriction des ressources financières, Xavier SIRE a insisté sur la nécessité de « prioriser des politiques à fort impact ». Selon lui, la petite enfance — définie par l’UNICEF comme la période de 0 à 5 ans — constitue un levier majeur de développement du capital humain.
« Un dollar investi dans la petite enfance, à long terme, rapporte 17 dollars », a-t-il rappelé, en référence aux travaux de l’économiste James Heckman. Les cinq premières années de vie, notamment les 1 000 à 2 000 premiers jours, sont déterminantes pour le développement du cerveau, la santé et les capacités d’apprentissage.

La petite enfance englobe ainsi la santé maternelle et infantile, la nutrition, l’immunisation, l’enregistrement des naissances, mais aussi la stimulation précoce et le préscolaire. « Ça commence déjà dans le ventre de la maman », a souligné M. SIRE, évoquant l’importance du suivi prénatal et de l’allaitement.
Vers une approche transsectorielle coordonnée
Au Togo, plusieurs ministères interviennent déjà sur ces questions : Santé, Éducation, Action sociale, Planification. L’enjeu, selon l’UNICEF, est d’améliorer la cohérence et la coordination des dépenses publiques.
Des initiatives pilotes illustrent cette approche intégrée. Dans certaines régions, une interopérabilité entre services de santé et état civil est expérimentée pour faciliter l’enregistrement des naissances directement dans les hôpitaux. L’objectif : réduire les enfants non enregistrés et garantir leur accès aux services sociaux de base.
Autre innovation : la construction de sept crèches intégrées dans des marchés de la région maritime. Ces structures offriront aux enfants des services combinés de nutrition, de stimulation précoce et de suivi sanitaire, pendant que les mères travaillent. Une crèche pilote installée au marché de Hedzranawoe avait déjà accueilli une soixantaine d’enfants avec succès.
Les médias, catalyseurs de mobilisation sociale
Les intervenants ont insisté sur le rôle stratégique des journalistes dans la promotion des droits de l’enfant. « L’action pour la petite enfance n’est pas essentiellement l’action gouvernementale (…) mais elle est une responsabilité partagée », a déclaré Fabrice AKOUETEY, Reprédentant du point focal Communication à la Direction Générale de la Mobilisation de l’Aide et du Partenariat.
Les médias sont appelés à devenir des « catalyseurs de mobilisation sociale », capables de sensibiliser les familles et de porter le débat dans l’espace public.
Dans un pays où près de la moitié de la population est jeune, investir dans la petite enfance apparaît comme un choix structurant pour le développement durable du Togo.
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Albert Akouété AGBEKO
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