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Togo : Une classe politique discréditée face à l’éveil citoyen et à la montée des influenceurs

 

Alors que le pays traverse une crise sociopolitique profonde, la réponse hésitante du pouvoir et de l’opposition togolaise illustre le décalage croissant entre la classe politique traditionnelle et les nouvelles formes d’engagement citoyen portées par les influenceurs.

À quelques jours des élections municipales prévues le 17 juillet 2025, le climat politique togolais reste confus, dominé par des décisions contradictoires et un manque de cap clair de la part des deux pôles politiques classiques : le pouvoir en place et l’opposition dite traditionnelle.

Alors que des influenceurs, suivis par des milliers de jeunes sur les réseaux sociaux, appellent à de nouvelles manifestations les 16 et 17 juillet contre le coût de la vie et pour un véritable changement politique, ni le gouvernement ni l’opposition n’apparaissent en mesure de canaliser ou même de répondre à cette dynamique citoyenne montante.

 

Une opposition sans stratégie claire

L’opposition togolaise, pourtant à l’origine d’un appel à la désobéissance civile, continue paradoxalement à demander des autorisations officielles pour ses manifestations. Une attitude perçue comme incohérente et peu crédible par de nombreux citoyens. Comment prôner la désobéissance à un système tout en cherchant sa validation pour agir ? Ce double discours sape la confiance déjà fragile que certains Togolais placent encore dans leurs leaders politiques historiques.

 

Un pouvoir qui interdit au nom de l’ordre public

Du côté du gouvernement, la réponse ne surprend plus : interdiction systématique des manifestations. Dans une lettre datée du 10 juillet 2025, le ministère de l’Administration territoriale a rejeté une demande de marche pacifique prévue le 14 juillet par une association citoyenne. L’argument ? La manifestation risquerait d’interférer avec la campagne électorale en cours. La crainte d’un « trouble à l’ordre public » est encore une fois avancée, malgré le caractère apolitique revendiqué de l’initiative.

Ce refus, bien que juridiquement habillé, illustre surtout une volonté persistante du pouvoir de museler l’expression publique, même lorsqu’elle est pacifique et non partisane. Et cette attitude contribue à légitimer le rejet des institutions politiques par une partie croissante de la population.

 

La montée des influenceurs : une nouvelle voix populaire

Face à ce vide stratégique, les influenceurs s’imposent comme les véritables moteurs de la contestation sociale. Portant un discours plus direct, accessible, et souvent plus percutant, ils mobilisent là où la classe politique échoue. Leur parole touche une jeunesse frustrée, connectée et en quête de repères nouveaux. C’est à eux désormais que revient l’initiative, en témoignent les appels à manifester pour les 16 et 17 juillet, largement relayés en ligne.

Si ces figures du numérique n’ont pas toujours de vision politique construite, leur audience et leur impact sont indéniables. Et leur succès met en lumière le fossé qui sépare désormais les appareils politiques traditionnels du pouls réel de la société togolaise.

 

Une crise de légitimité profonde

Le Togo, désormais entré dans une cinquième République controversée, fait face à une crise de légitimité politique sans précédent. Ni le pouvoir, autoritaire et verrouillé, ni l’opposition, essoufflée et divisée, ne semblent capables de proposer une alternative crédible. Cette vacance de leadership alimente un désenchantement démocratique de plus en plus visible dans les rues, sur les réseaux sociaux et dans les débats citoyens.

 

Quelle issue possible ?

Dans un contexte électoral déjà tendu, la récupération ou la répression des mobilisations citoyennes par le pouvoir, comme le flou stratégique de l’opposition, risquent d’aggraver encore la méfiance populaire. Seule une réforme en profondeur du cadre politique, permettant une réelle liberté d’expression et une émergence de nouveaux visages, pourra répondre à la soif de changement exprimée par les Togolais.

En attendant, la parole citoyenne se réinvente ailleurs — dans les cercles d’activistes, les espaces numériques, les micro-influences. La classe politique togolaise, figée dans ses calculs, risque de se réveiller trop tard.

 

Albert AGBEKO 

E-mail: togoscoop@gmail.com 

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