Le Togo a commémoré ce vendredi la 9e édition de la Journée africaine de lutte contre la corruption sous le thème : « Promouvoir la dignité humaine dans la lutte contre la corruption ». Organisée par la Haute Autorité pour la prévention et la lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA), la cérémonie s’est tenue à l’hôtel Sancta Maria de Lomé, en présence de représentants gouvernementaux, d’organes de contrôle, de la société civile, de la presse et de partenaires techniques et financiers.
Un thème centré sur les droits humains
Dans son discours d’ouverture, le président de la HAPLUCIA, M. Aba Kimelabalou, a rappelé que la lutte contre la corruption ne doit jamais se faire au détriment du respect des droits fondamentaux. « Promouvoir la dignité humaine dans la lutte contre la corruption, c’est refuser de réduire les êtres humains à des objets de transaction ou de manipulation », a-t-il insisté, en s’appuyant sur l’article 5 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Ce thème, à la fois universel et mobilisateur, appelle à une approche éthique de la lutte contre la corruption, fondée sur le respect de l’intégrité et de la justice pour tous.
Un engagement continental renforcé
Instituée en 2017 par l’Union africaine, la Journée africaine de lutte contre la corruption commémore l’adoption, le 11 juillet 2003 à Maputo, de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption. À ce jour, 48 pays africains l’ont ratifiée, et la majorité disposent d’agences nationales spécialisées.
Cette convention repose sur quatre piliers clés : prévention, incrimination, coopération internationale et création d’agences indépendantes. Elle encourage également la restitution des avoirs, l’extradition des personnes poursuivies, et une coordination régionale efficace.
Les progrès du Togo salués
Le président de la HAPLUCIA a mis en lumière les efforts importants du Togo, sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, pour renforcer l’intégrité dans la gouvernance publique. Le cadre juridique s’est étoffé ces dernières années, notamment avec la Constitution du 6 mai 2024, qui consacre l’intangibilité de la dignité humaine et crée la Haute Autorité pour la transparence, l’intégrité de la vie publique et la lutte contre la corruption.
Plusieurs institutions nationales jouent un rôle essentiel dans cette lutte : la Cour des comptes, les Inspections générales d’État et des finances, l’OTR, l’ARCOP, la CENTIF, l’ITIE-Togo, sans oublier la HAPLUCIA elle-même. Un cadre de concertation et de coordination entre tous ces acteurs a également été mis en place, facilitant les synergies.

Des actions concrètes menées par la HAPLUCIA
De 2018 à 2025, 103 plaintes ont été enregistrées par la HAPLUCIA, dont le traitement est en cours. En matière de prévention, l’institution a élaboré un plan stratégique 2019–2023, mené des campagnes de sensibilisation et formé de nombreux acteurs publics et privés. Elle est aussi à l’initiative de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption.
Sur le plan international, le Togo coopère avec la CEDEAO, le Réseau des Institutions Nationales de Lutte Contre la Corruption en Afrique de l’Ouest (RINLCAO), l’AAACA, ainsi que plusieurs bailleurs de fonds tels que l’ONU, la Banque mondiale, l’Union européenne, la BAD, la BOAD ou encore le PNUD.
Dignité humaine et justice : les piliers de la lutte
Rappelant une citation d’Albert Camus – « La dignité de l’homme repose sur le respect de sa liberté et de sa justice » – M. Kimelabalou a conclu sur un appel fort : recentrer la lutte contre la corruption autour des droits humains, de l’équité et de la transparence, pour bâtir une Afrique plus juste, plus solidaire et débarrassée de l’impunité.
« Ensemble, disons non à la corruption, oui à l’intégrité », a-t-il lancé, marquant l’ouverture officielle des travaux de cette 9e édition.


