Take a fresh look at your lifestyle.
Mixx by Yas

Doit-on payer la couverture médiatique ?

 

                                                          Photo d’ensemble des participants à cette rencontre

 

Doit-on payer la couverture médiatique ? Ce thème a réuni dans la soirée du vendredi 27 mai 2022, journalistes et communicants.  Cet « after work » a été marqué par trois communications.

Tout d’abord, Gilles Boko, journaliste et rédacteur en chef à New world TV a présenté sa communication sur trois points à savoir : la couverture médiatique ou caution médiatique, la place des éléments de couverture médiatique dans le contenu des médias et enfin au troisième point il a abordé la question de savoir s’il faut facturer ou non la  couverture médiatique.

S’agissant du 1er point et partant de la définition de la couverture médiatique qui est le traitement d’une information consacrée à un sujet par différents canaux médiatiques, pour M. Boko dans la société de spectacle qu’est la nôtre, l’usage de « caution médiatique » à la place de la « couverture médiatique » serait plus approprié. Il justifie sa position par le fait que les organisateurs en faisant  venir un média pour couvrir un événement, ils veulent que ce dernier  donne une sorte de légitimité, de caution à cet événement. Ainsi pris il doit y avoir une contrepartie qui doit être payante, note-t-il.

                                                                                   Gilles Boko, un des conférenciers

Abordant le second point, le conférencier est revenu sur les différents genres journalistiques utilisés dans les médias surtout en matière de couverture médiatique. Il s’est beaucoup appesanti sur la publicité qui incite à la consommation et donne plus de visibilité à un produit ou une institution. Dans ce cas, dira Gilles Boko, « l’information devient une information subie par le journaliste au lieu d’être une information choisie ».  En l’espèce, poursuit-il, il y a inversion de rôle. « On fait boire au journaliste l’information qu’il le veule ou non. Il y a changement de rôle », a insisté M. Boko. Dans ce cas, le conférencier propose aux journalistes de ‘’dépolluer’’ ou ‘’désinfecter’’ les journaux de contenus publicitaires pour lesquels on doit trouver un autre encart.

S’agissant du dernier point qui a cristallisé plus l’attention de l’auditoire, pour le conférencier il s’agit d’une équation à plusieurs inconnus. Néanmoins, il n’a pas manqué de donner son avis.

M. Boko évoque deux pistes. D’une part, pour les médias, il faut payer la couverture médiatique surtout si ce dernier ne répond pas au choix du journaliste. Mais quand la couverture coïncide  avec le choix d’un sujet du journaliste ou rentre dans sa ligne éditoriale, elle devient une opportunité pour ce dernier. Et dans ce cas, elle ne doit pas être fracturée, mieux c’est le journaliste qui doit débourser pour l’avoir. 

 

                                                      Isidire Akollor, un des conférenciers

D’autre part, et s’agissant des communicateurs, le conférencier leur propose pour éviter le piège de la facture de ne pas faire la communication directe mais de faire l’effort pour être des livreurs d’information et ainsi retenir l’attention des médias. Au lieu d’utiliser l’argent comme appât pour attirer les journalistes ou les habituer à l’argent, il faut au contraire les amener à faire naturellement leur travail.  Mais la facture interviendra quand c’est nécessaire, nuance-t-il.

Sans circonlocution, le second intervenant, Isidore Akollor, directeur de publication d’Actu express et président du Patronat de la presse togolaise (PPT), a été clair. Il faut payer la couverture médiatique car c’est une prestation de service et les organes de presse sont des entreprises qui ont des charges et qui doivent vivre surtout qu’aujourd’hui la vente des journaux, l’abonnement et la vente d’espace publicitaire ont drastiquement baissé.  « Pour que l’information ait une valeur, il faut qu’elle ait un prix ».

                                                Vue partielle de la salle
 

La presse, aujourd’hui vit dans un contexte délétère et de précarité alors qu’à en croire Akollore le marché de la publicité au Togo engrange annuellement 12 milliards. « Où passent tous ces fonds ? La presse ne veut qu’un dixième de ces fonds. Aidez-nous à trouver ces fonds », plaide-t-il avant d’avancer qu’il y a plus de 450 agences de communication au Togo, selon les statistiques de Go Africa.

Et enfin Oubeda Sabi-Zato, communicante dans un ministère de la place a partagé avec l’assistance son expérience de chargée de communication. Elle a pour finir plaider pour une spécialisation de la presse et plus de qualité de la production de celle-ci.

Un débat enrichissant a suivi ces communications. Au cours de ces échanges, il a été admis que « l’information dérange et la communication arrange », de ce fait cette dernière doit être payante.

Notons que cette rencontre est organisée par l’association Agora des professionnels de la communication –Togo (APROCOM). Créée en 2014, cette association œuvre pour la promotion du métier de la communication au Togo.  

 

 

Albert AGBEKO

E-Mail: togoscoop@gmail.com

Tél : (00228) 90 96 63 64/ 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.

IPDCP-1

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

− 4 = 6
Powered by MathCaptcha

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

Privacy & Cookies Policy