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ANC : Les frondeurs prêts à en découdre avec Fabre

 


L’Alliance nationale pour le changement (ANC), le parti de Jean-Pierre Fabre traverse une mauvaise passe depuis la dernière présidentielle. Non fini de colmater les brèches et de se relever de la déculottée à lui infligé lors de la dernière présidentielle, le parti de l’ex chef de file de l’opposition togolaise doit désormais faire face à une fronde interne au sein du parti qui ne dit pas son nom.

Depuis la présidentielle, à la démobilisation des militants il faut désormais y ajouter la sérénité qui a quitté « le parti orange ». Et comme le malheur ne vient jamais seul, Fabre en plus de travailler à remonter la pente dans le cœur des électeurs doit aussi compter avec une fronde interne. Des fissurations sont perceptibles ces derniers jours au sein de cette formation politique. Et le natif de Kodjoviakopé doit désormais s’atteler à faire taire ses dissensions internes car il est de notoriété que des dissensions à l’interne sont souvent difficiles à gérer. (Si nous sommes divisés l’ennemi s’infiltre dans nos rangs, nous apprend l’ancien hymne du parti unique). Une situation imprévue à laquelle Fabre donnerait volontiers à s’en passer en ce moment précis où sa cote est bas dans l’opinion. Mais hélas !

Tout est parti du dernier congrès de l’ANC. Non content de la nouvelle ligne de conduite définie par le parti, neuf membres du parti orange et non des moindres. Tous des responsables de la Fédération de la Diaspora parmi lesquels un membre fondateur, saisissent les instances dirigeantes du parti de « l’Ablodé » pour demander l’organisation d’un congrès extraordinaire pour,  disent-il, essayer de sortir le parti de l’abîme dans lequel il semble se précipiter inexorablement. Démarche de militants qui devrait en principe rester dans le cercle du parti mais qui, faute de réponses appropriées, se retrouve finalement sur la place publique, les réseaux sociaux notamment…

Et depuis  le 05 mars dernier, date de  la première correspondance de ces frondeurs adressée au bureau national du parti, il ne se passe pratiquement plus de semaine sans qu’une missive ne soit adressée aux instances du parti. On en ait déjà à la  quatrième et la tension ne semble pas baisser. La dernière sortie de ce courant de pensée qui traverse l’ANC date du 12 avril dernier. Prenant prétexte que les dernières sorties médiatiques du Président de l’ANC et de son vice-Président sur les médias nationaux n’ont pas comblé leur attente, « les rebelles » ont encore adressé une correspondance aux instances du parti.

Redorer l’aura de l’ANC dans le cœur aimant de ses compatriotes 

Dans cette dernière lettre, les frondeurs ne comptent pas abdiquer si tôt. Pour eux, par leurs sorties les premiers responsables du parti (Fabre et Me Ameganvi) n’ont fait que confirmer leur crainte sur :  le dialogue avec le pouvoir, le refus de l’ANC de collaborer avec les autres partis de l’opposition (sauf ceux à qui nous aurons délivré un hypothétique « label de qualité » !), la volonté de l’ANC de continuer à participer au sempiternel accompagnement du régime dans ses mascarades électorales. Ils attendent aller jusqu’au bout pour qu’un congrès extraordinaire soit organisé.

S’il est vrai la position exprimée par l’ANC aux sorties de son dernier congrès a surpris plus d’un, il n’en demeure pas moins que cette fronde au sein du premier parti politique de l’opposition togolaise le mieux structuré risque de faire plus de mal que le problème auquel il est sensé résoudre. Au lendemain de la présidentielle de février 2020, c’est évident que la débâcle de l’ANC a eu une incidence négative sur l’après scrutin dans le pays. Ceci s’est manifesté par la torpeur qui a suivi ce scrutin. Et au moment où le parti semble se relever de cette déculottée qu’il en soit encore miné par un problème interne fera le jeu du pouvoir en place et risque d’éloigner du Togo des années d’une classe politique opposante organisée et bien structurée à même de faire face au pouvoir. 

Mais donner carte blanche au pouvoir (sur le dialogue politique et les prochaines élections dans le pays) comme l’a semblé le montrer les décisions du dernier congrès de l’ANC est incompréhensible. Un pouvoir qui a toujours utilisé le dialogue non pas comme moyen de résolution de la lancinante crise politique dans le pays mais comme une occasion pour enfariner son opposition et reprendre du poids de la bête une fois la tension baissée.  C’est en cela que la position des fraudeurs est compréhensive. D’ailleurs, l’engagement et l’aspiration à l’alternance de ce courant de pensée qui traverse l’ANC ne sont plus à démontrer. D’ailleurs, ils le clament eux-mêmes, « nous n’avons rien contre l’équipe dirigeante actuelle si elle se reconnaît en phase avec la nouvelle ligne politique du Parti à redéfinir ! »

En clair, la tête de Fabre n’est pas mise à prix. Mais tout dépendra de sa capacité à répondre à ce courant de pensée. Certes, ils ne sont que 9 visibles. Mais ils représentent une majorité silencieuse de militants au sein du parti à prendre  au sérieux et en compte au risque d’aller à une scission ou à une exclusion des réformateurs ce qui risque de fragiliser ce parti qui lui-même est né d’une scission.

La divergence de vue entre le bureau national qui est sur le territoire national et les responsables du parti qui sont pour la plupart dans la diaspora est semble est électoral. Pour la diaspora, le règlement de la crise électorale ne saura être électoral. Ce qui n’est pas faux. On ne peut vaincre une dictature vieille d’un demi-siècle en glissant uniquement un bulletin de vote dans une urne. C’est trop facile. Le Togo a expérimenté à plusieurs reprises de tourner cette page par les urnes ça n’a pas marché. Persister dans cette voie c’est faire fausse route.

Mais pour le bureau national ayant pris goût aux « délices du lait », arriver en être privé à la faveur  du boycott des législatives c’est une manne qu’on perd. Il faut donc faire sien la célèbre citation de Pierre Coubertin qui disait : « l’essentiel, c’est de participer ». Mais pour quel résultat ? Tout porte à croire qu’on n’a rien appris du message lancé le 22 février 2020 par le peuple togolais. C’est en ce niveau que se situe la différence entre le point de vue des frondeurs et de l’instance dirigeante du parti.

En déclarant qu’ils veulent que « l’ANC renaisse plus flamboyant que jamais et que notre aura soit redorée dans le cœur aimant de nos compatriotes », les frondeurs tournent dos à la solution immédiate et électorale. Comme l’ANC de l’Afrique dont le parti a hérité du nom, ils veulent se mettre dans l’optique de sensibilisation de longue haleine pour inscrire dans le subconscient du peuple togolais cette soif de l’alternance. Le moment venu c’est tout le peuple qui à l’unisson comme un seul homme criera sa soif du changement. 

Cette voix sera-t-elle écoutée ?

 

Francine DZIDULA

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