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Bisbille entre Bawara et Bouraïma ou le triomphe de la loi du plus fort

 



 Le feuilleton entre le ministre de la fonction publique Gilbert Bawara et son employé tout fraichement affecté vient de connaitre un nouveau développement. Le bouillant activiste Naboudja Bouraïma (puisque c’est de lui il s’agit) vient d’écoper d’une mise à pied d’un mois.

Tout est partie la semaine dernière d’un échange épistolaire adressé par le patron de l’administration togolaise à son employé.  Cette correspondance qui avait futé sur les réseaux sociaux  laissait voir à l’opinion les ressentiments que nourrissait le ministre vis-à-vis de son employé.

En effet, dans cette correspondance le ministre donnait 24 heures à son employé de  lui fournir des explications à propos de ses  « agissements visant à perturber les activités scolaires et pédagogiques » au-delà du devoir de réserve auquel est astreint tout fonctionnaire. Des sorties qui constituent des fautes disciplinaires graves au regard du statut général de la fonction publique avait argué M. Bawara.

Et d’enfoncer le clou, « vos incessants messages outrageants et, surtout, de vos appels et incitation du personnel enseignant sur des médias et des plateformes, à des actions visant à perturber les activités scolaires et pédagogiques, en violation fragrante de votre obligation de réserve  et de respect de la hiérarchie ».

A la publication de cette correspondance, les mauvaises langues avaient susurré que le ministre Bawara s’ennuyait à son cabinet ne sachant quoi faire au point de mettre sa signature en bas d’un tel courrier. D’autres se sont  demandé si le fait de travailler dans l’administration enlève à l’individu sa capacité de s’intéresser aux affaires de la cité.

Le ministre qui en a cure de ces critiques vient de mettre à exécution sa menace. Lui qui n’a pas digéré que son courrier se retrouve dans la rue. Ainsi par arrêté, le natif de Siou vient d’infliger une sanction disciplinaire à Naboudja. Selon les termes de l’arrêté, l’activiste écope d’une mise à pied d’un mois qui lui enlève toute rémunération à l’exception de celles liées à l’allocation familiale (il a fait montre néanmoins de l’humanisme pour ne pas impacter négativement la vie de la famille en cette période difficile ) pour non-respect de l’obligation de réserve et violation des dispositions de l’article 157 du statut général de la fonction publique.

Pour celui qui a été arbitrairement détenu plusieurs mois  au bagne de Kara dans une sordide affaire d’incendie des grands marchés du Togo, cette sanction est le moindre mal. Quand on a subit l’injustice à plusieurs reprises, privé de salaire durant 21 mois par le passé et qu’on est le porte-parole d’un mouvement qui porte le nom évocateur du Mouvement pour la justice sociale (MJS), on doit s’attendre à ces genres de menace. Ce qui est sur ces sanctions ne détourneront pas Naboudja de sa vision et de sa lutte pour plus de  justice sociale. Si la prison ne l’a pas fait, ce n’est pas les sanctions qui le feront. C’est en cela que le ministre Bawara doit savoir qu’il est sur une voie sans issue où il perdra beaucoup plus la face que celui qu’il veut punir car Naboudja comme un cabri il n’a plus peur de la mort.

Enseignant et professeur de philosophie de son état, Naboudja Bouraïma a été à plusieurs reprises victimes de violation de ses droits notamment des affectations arbitraires et punitives. En quatre ans, il a été affecté à quatre reprises. La dernière en date est sa mise à disposition du ministère de la fonction publique et son détachement à Lomé loin de sa famille.

 Avec cette sanction tout porte à croire que l’affectation de Naboudja   à ce ministère découle d’un plan de  musellement d’un activiste politique gênant et qui n’a pas sa langue dans sa poche. Souhaitons tout de même que le ministre continue sur cette lancée en sanctionnant tous ceux qui abandonnent leurs postes pour des activités politiques ou pour des fêtes traditionnelles. C’est en cela sa sanction sera juste et impartiale.

 

 

 

Albert AGBEKO

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