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Célébration du 27 avril : Faure Gnassingbé pris au piège…

 

À l’approche du 27 avril, une question embarrassante s’impose au sommet de l’État togolais : qui, du Président de la République ou du Président du Conseil, présidera les cérémonies officielles ? Derrière cette interrogation protocolaire se cache en réalité un test grandeur nature pour la Ve République, déjà confrontée à ses premières contradictions.

Le Togo s’apprête à célébrer le 66ème anniversaire de son accession à l’indépendance. Une commémoration particulière, puisqu’il s’agit de la première depuis le basculement du pays dans la Vème République. À quelques jours de l’événement, une question taraude les Togolais : qui va présider ces festivités ?

 

Un flou institutionnel persistant au sommet de l’État

Depuis le changement de la Constitution intervenu il y a bientôt un an, un flou qui ne dit pas son nom entoure les prérogatives des deux têtes de l’exécutif, à savoir le Président de la République, au rôle essentiellement symbolique, et le Président du Conseil, détenteur de la réalité du pouvoir.

Près d’un an après, les deux hommes ne se sont toujours pas rencontrés officiellement, alors même que la nouvelle Constitution leur impose d’échanger au moins deux fois par an. La première année s’achève sans que cette disposition n’ait été respectée. Preuve, s’il en fallait encore, qu’au Togo, le problème ne réside pas tant dans les textes – contrairement à ce qui a souvent été avancé lors de la IVème République – mais bien dans leur application par ceux qui détiennent le pouvoir.

 

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Conséquence : aucun tête-à-tête entre le Président de la République et le Président du Conseil. Si, en apparence, les deux hommes semblent s’éviter, cette situation ne saurait perdurer. Le jour de l’indépendance les contraindra inévitablement à se rencontrer. Cette échéance s’annonce comme un véritable test.

Faure Gnassingbé, Président du Conseil des ministres, qui s’impose comme la figure centrale du pouvoir et refuse toute position subordonnée au Président de la République – au point d’avoir fait afficher son portrait dans les administrations publiques à la place de celui du chef de l’État – acceptera-t-il de prendre part à une cérémonie présidée par ce dernier ?

 

Le 27 avril, un test grandeur nature pour le nouveau régime

« Le Président de la République est le chef de l’État. Il est le symbole de l’union nationale », rappelle l’article 40 de la Constitution.

À ce titre, il lui revient de rallumer la flamme de l’indépendance à la veille de la fête et de présider, le lendemain, les cérémonies officielles, notamment le défilé. À l’approche de cet événement, le service du protocole se retrouve face à une équation délicate.

Pour la première fois depuis 20 ans, Faure Gnassingbé, ancien Président de la République devenu Président du Conseil (équivalent de Premier ministre dans l’ancien régime), ne devrait pas présider le défilé militaire et civil du 27 avril. Dans les régimes parlementaires, cette prérogative revient au chef de l’État – Président ou monarque. En tant que garant de l’unité nationale, c’est donc au Président de la République qu’incombe ce rôle. Même si Faure Gnassingbé détient le pouvoir réel, le protocole reste clair : c’est le chef de l’État qui préside la cérémonie.

Lors de cette cérémonie, la dernière place protocolaire revient au Président de la République. Faure Gnassingbé, habitué à arriver en dernier et à être accueilli par ses ministres, acceptera-t-il cette fois de venir avant Jean-Lucien Lanyo Savi de Tové et de l’accueillir ?

Assistera-t-il ensuite à la réception des honneurs militaires par ce dernier : salut, revue des troupes, exécution de l’hymne national ?

Puis, lorsque le Président de la République montera dans le véhicule de commandement pour passer les troupes en revue, Faure Gnassingbé et les membres du gouvernement, venus l’accueillir, devront regagner précipitamment la tribune afin d’être en place avant son arrivée à la tribune d’honneur. Imaginons l’embarras des photographes qui ne sauront entre le Président de la République et le Président du Conseil qui suivre.  

Un défilé civil et militaire présidé par Jean-Lucien Lanyo Savi de Tové, en présence de Faure Gnassingbé, constituerait une première au Togo depuis deux décennies. Une image forte, symbole du nouvel habillage institutionnel que le pays entend présenter.

Reste une inconnue majeure : le Togo respectera-t-il scrupuleusement cette nouvelle architecture institutionnelle ? À défaut, deux scénarios semblent possibles : un empêchement du Président de la République ou une interprétation pour le moins flexible – voire une violation – de la Constitution, comme cela a déjà été observé avec l’affichage du portrait de Faure Gnassingbé dans les administrations publiques.

Quoi qu’il en soit, le régime parlementaire togolais apparaît déjà comme atypique. À peine entré dans sa première année d’exercice, il suscite interrogations et scepticisme. Et ce n’est probablement que le début.

La célébration du 27 avril pourrait ainsi en offrir une première illustration concrète.

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Albert Akouété AGBEKO

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