Après une longue crise au sein de la Fédération Togolaise de Football (FTF), le président Guy Akpovy a été porté à la présidence le 16 février 2016. Dans ses initiatives visant à assurer une stabilité et la discipline dans le nid des Eperviers du Togo, le Col Guy Akpovy a fait appel à des figures connues dans le football local pour former le staff technique. Plus tard, en avril 2016, avec l’appui du Président de la République Faure Gnassingbé, le Togo a recruté l’expérimenté technicien français Claude Le Roy au poste de sélectionneur national.
Si les débuts ont été prometteurs avec une qualification miraculeuse à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2017 au Gabon, la participation des Eperviers s’était arrêtée aux matchs de poules avec un nul et deux défaites. Le processus de reconstruction de la sélection nationale lancée par Claude Le Roy n’a pas non plus porté ses fruits. Devenu très contesté au sein des fanatiques des Eperviers du Togo, le « Sorcier blanc » a fini par donner sa démission après deux échecs consécutifs dans les Eliminatoires de la CAN.
La chasse aux sorcières
Entre-temps, le ministère des Sports a connu une nouvelle patronne en la personne du Col Lidi-Bessi Kama. Cette dernière entreprend de « virer » les plus proches collaborateurs de Claude Le Roy. Sans y mettre la forme, ni respecter des considérations liées au respect du Code du travail en République du Togo, la ministre somme le Col Guy Akpovy de « renvoyer » tous les membres du staff technique des Eperviers du Togo, qui était dissout par une décision précédente. L’officier supérieur s’exécute sans ménagement. Le tollé soulevé par les cas des anciens internationaux Agassa Kossi et Abalo Dosseh, va pousser les autorités à revoir leur cas.
« J’étais souffrant, sur le lit d’hôpital quand on m’a balancé par WhatsApp, une lettre de rupture de contrat avec la FTF. Ni avant, ni après, personne n’a pris soin d’évoquer le sujet avec moi », nous a confié Augustin Améga qui était l’officier média de l’équipe nationale. « Evidemment, j’ai été choqué par la manière, considérant tous les services que nous avons rendus et par respect pour ma dignité, j’ai décidé de recourir à la justice parce que j’ai travaillé durant plus de 4 ans sans percevoir un salaire », a-t-il ajouté. Comme lui, le Team Manager Pawinam Batema aussi a pris la même résolution. D’autres qui avaient également envisagé cette démarche, ont fini par laisser tomber.
Une longue procédure judiciaire
Tout a commencé avec une lettre conjointe adressée au président de la FTF par Augustin Améga et Pawinam Batema, en vue de discuter de leur cas. Après deux semaines sans réponse, les deux anciens employés décident de saisir la justice le 10 novembre 2021. La justice a d’abord tenté une conciliation entre les deux parties. Le 07 décembre 2021, après avoir constaté l’échec de la tentative de conciliation, une première audience est fixée au le 25 janvier 2022. C’est le début d’un long processus marqué par ce qu’on peut qualifier de stratégie dilatoire de la part de la FTF.
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Après plusieurs audiences, le tribunal rend son verdict le 12 novembre 2024. La FTF est condamnée pour licenciement abusif et à payer les arriérés de salaires, les indemnités de préavis et licenciement irrégulier aux deux anciens employés. La FTF fait appel de cette décision le 27 novembre 2024. Cette fois encore, après plusieurs reports d’audiences à la demande de la FTF, la Cour d’appel rendu son arrêt le 08 mai 2026.
La FTF est à nouveau désavouée et condamnée à payer les droits demandés par Augustin Améga et Pawinam Batéma, à l’exception de leurs demandes de dommages et intérêts.
Des comptes bancaires bloqués
Malgré ce verdict, les responsables de la FTF n’ont entamé aucune démarche auprès des concernés pour trouver un terrain d’entente. Le vendredi 15 mai 2026, Augustin Améga et Pawinam Batema font bloquer des comptes bancaires de la FTF par voie d’huissier. Des centaines de millions se trouveraient sur ces comptes. « Nous sommes bloqués, on ne peut faire aucune opération actuellement. Le plus inquiétant, c’est que nous venons de recevoir une subvention de la FIFA pour tenir notre congrès. A cette allure, nous risquons de ne pas respecter cette échéance », déplore un membre du Comité Exécutif de la FTF.
La situation est donc préoccupante. Aux dernières nouvelles, la FTF aurait fait une opposition à l’exécution de l’arrêt de la Cour d’appel. Dans les cercles de la FTF, on espère vivement une intervention du Président du Conseil. « Le Président a introduit une demande d’audience pour exposer la situation au Président du Conseil », nous a confié un proche du Col Guy Akpovy. Attend-on de Faure Gnassingbé qu’il interfère dans l’administration de la justice dans une affaire qui relève de droits sociaux ? Les jours à venir renseigneront davantage sur cette affaire.
En attendant, d’autres employés à la FTF attendent l’issue de ce combat que mènent Augustin Améga et Pawinam Batema. Ils estiment que cela déterminera leur sort, car certains sont dans une précarité contractuelle. Comment la FTF qui bénéficie de fonds de la FIFA et de la CAF-pour son fonctionnement, peut-elle traiter ainsi ses employés ?
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Francine DZIDULA
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