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À Adidogomé, la tontine qui met la joie dans les foyers malgré la vie chère

 

Il est un peu plus de midi à Adidogomé ce dimanche 28 décembre 2025. Au bar AMY-B, sis à côté de la station-service Total, les membres d’une tontine pas comme les autres arrivent tour à tour. Certains viennent seuls, d’autres accompagnés de parents ou d’amis. Les visages sont déjà illuminés par l’impatience. Ici, on ne vient pas seulement récupérer des denrées alimentaires, on vient célébrer dix mois d’effort collectif, de confiance et de fraternité.

Dans la cour, les lots sont alignés comme pour un inventaire solennel : des boucs attachés à l’ombre, des sacs de riz de 25 kilos, des bidons de 25 litres d’huile, des cartons de spaghetti, des boissons, des sachets de couscous. Les discussions animées donnent à la scène des airs de marché festif.

Une tontine à l’image du pays et de la diaspora

Cadres de l’administration, agents du privé, commerçants, artisans, conducteurs de taxi-moto… La diversité sociale est frappante. À cela s’ajoutent les membres de la diaspora qui, depuis l’étranger, cotisent pour des parents restés au pays.
« Ce n’est pas toujours parce qu’on ne peut pas acheter ces produits soi-même, explique un cadre. C’est l’esprit de la tontine qui nous rassemble. »

De janvier à octobre, chaque membre a cotisé 8 000 F CFA par mois, avec un effort particulier en octobre pour atteindre un total de 82 000 F CFA. Une somme qui, transformée en denrées, prend soudain une autre valeur.

« On ne sent pas le poids de la cotisation »

Pour Émilie, c’est une première. Et la découverte est émouvante : « Tout s’est bien passé. J’ai aimé parce que ça traduit un geste d’amour. Pendant l’année, on ne sent pas le poids de la cotisation et à la fin, on est vraiment content de ramasser tout ce lot. » Son sourire, large et sincère, en dit plus long que ses mots.

Le regard admiratif des hôtes

Derrière le comptoir, Déla, gérante du bar AMY-B, observe la scène avec intérêt.
« C’est une très bonne organisation. En voyant cela, je suis déjà en train de faire mon programme pour adhérer l’année prochaine. Cette fois, ce ne sera plus seulement les membres que nous allons servir, mais nous aussi, nous allons en bénéficier. »

Même satisfaction chez Philippe, l’autre gérant qui a supervisé l’événement : « Tout s’est bien passé. Certes, il y a eu moins d’adhésions cette année à cause des difficultés financières, mais l’essentiel est que tout le monde soit satisfait. Ces denrées vont donner le sourire aux familles. Il est difficile aujourd’hui d’acheter tout cela d’un seul coup. »

Une organisation qui donne envie d’adhérer

Pour Majoie, serveuse au bar, c’est une première immersion :
« Je ne peux pas comparer avec les autres éditions, mais je trouve que c’est bien organisé. Si l’année prochaine j’ai les moyens, je vais participer. Même si j’aurais aimé un peu plus de décoration, l’essentiel était là. »

« Ce kit aide vraiment la famille »

Les bénéficiaires, eux, ne cachent pas leur soulagement. Dosse dit MB, l’un des membres, résume l’esprit de la tontine : « Avec la vie chère actuelle, ce kit aide vraiment la famille. Épargner cette somme seul serait difficile. Nous remercions le promoteur et espérons que cela continue pour le bonheur de nos familles. »

Même son de cloche chez Akou Eméfa, visiblement émue : « Ce kit va me permettre de bien organiser la fête et d’offrir des cadeaux à ma famille. Cotiser petit à petit et recevoir tout cela à la fin, c’est vraiment économique. Je tire chapeau à l’organisation. »

Petit Kpotor insiste sur la dimension humaine : « Confier son argent à quelqu’un pendant un an, ce n’est pas facile. C’est une affaire de confiance. Aujourd’hui, nous éprouvons une grande joie. »

Pour Gaston, la portée va au-delà des fêtes : « Avec ces denrées, nos familles seront approvisionnées jusqu’en avril. C’est le fruit d’un vrai labeur collectif. »

Mathias, le promoteur : « Notre objectif, c’est la convivialité »

Au centre de cette mécanique bien huilée, Mathias, le promoteur, explique la philosophie du projet. Sa voix se mêle au bruit ambiant, mais son message est clair : « L’idée est née du constat que nous n’avons pas tous eu les mêmes opportunités. Fallait-il fêter seul et laisser les autres ? Non. On a commencé modestement, avec deux pintades et quelques kilos de riz. Aujourd’hui, cela fait presque dix ans que nous faisons ça. »

Il reconnaît les difficultés, notamment liées à la situation économique, mais insiste : « Notre objectif n’est pas le profit. C’est la fraternité, la camaraderie. Nous voulons que les familles soient heureuses, surtout en janvier et février, des mois très longs sans salaire. »

Une joie simple, mais profonde

Avant de repartir avec leurs lots, les membres mangent, boivent, dansent. Les éclats de rire fusent, les photos se multiplient, immortalisant ce moment de partage.
Au bar AMY-B, en cette fin d’année 2025, la tontine alimentaire n’a pas seulement distribué des denrées. Elle a offert du répit, de la dignité et un peu de bonheur collectif, preuve qu’avec confiance et solidarité, les petits efforts deviennent de grandes joies.

 

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Albert Akouété AGBEKO

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