L’ancien président béninois Thomas Boni Yayi a annoncé, ce mercredi 22 juillet 2026, qu’il exercera finalement son droit de siéger au Sénat, en vertu de l’article 113-3 de la Constitution. Cette décision marque un changement de position de l’ancien chef de l’État, qui s’était opposé à cette institution lors du processus de révision constitutionnelle. Il justifie désormais ce choix par la nécessité de contribuer au dialogue politique et à la décrispation de la vie nationale.
Dans un message publié sur sa page Facebook, Boni Yayi rappelle qu’au moment de l’examen du projet de loi portant révision de la Constitution et instituant le Sénat, il avait clairement indiqué qu’il ne souhaitait pas intégrer cette nouvelle chambre parlementaire. Selon lui, cette position reposait sur des arguments qu’il avait déjà rendus publics.
Toutefois, l’ancien président estime que le contexte politique béninois a profondément évolué depuis l’adoption et la promulgation de la réforme constitutionnelle.
Un contexte politique qui a changé
Pour Boni Yayi, la mise en place d’un Parlement monocolore et la réduction des espaces de concertation entre les acteurs politiques imposent une nouvelle réflexion.
Il regrette notamment que les cadres de dialogue politique soient devenus « quasi inexistants », alors que le pays, selon lui, a besoin d’espaces d’échanges pour consolider la démocratie et préserver la paix sociale.
Plaider pour les droits humains et la démocratie
Dans son message, l’ancien chef de l’État réaffirme les priorités qui ont toujours guidé son engagement politique. Il cite notamment : le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ; la fin de l’existence des prisonniers et exilés politiques ; le renforcement de l’unité nationale ; la sécurité et la défense du territoire ; le dialogue politique ; la démocratie et la paix.
Il assure partager les aspirations des Béninois à davantage de justice, de démocratie, de stabilité et de meilleures conditions de vie.
« Le Sénat pourrait être un cadre de dialogue »
C’est au regard de cette nouvelle analyse que Boni Yayi estime désormais que le Sénat peut devenir un espace de dialogue politique capable de porter les attentes de la population.
« Après mûre réflexion, il apparaît dès lors que le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple », écrit-il.
Boni Yayi invoque la Constitution
L’ancien président précise qu’il entend exercer ce droit conformément à l’article 113-3 de la Constitution, qui prévoit que les anciens présidents de la République sont membres de droit du Sénat.
Il insiste toutefois sur le fait qu’il ne sollicite pas cette fonction.
« Je n’en suis pas demandeur, c’est la Constitution », affirme-t-il.
Boni Yayi promet de travailler avec les autres sénateurs afin de faire du Sénat « un vase d’honneur pour les intérêts du peuple », tout en appelant les Béninois à continuer de prier pour la paix, la justice, la sécurité et la démocratie.

Un signal politique fort
Cette déclaration intervient dans un contexte où le fonctionnement des institutions béninoises continue d’alimenter le débat politique. En choisissant finalement de siéger au Sénat, Boni Yayi envoie un signal d’ouverture tout en affirmant vouloir utiliser cette institution comme une tribune pour défendre les valeurs démocratiques, promouvoir le dialogue national et contribuer à la recherche d’un consensus sur les grandes questions d’intérêt public.



