Dans la commune d’Ifangni, au sud du Bénin, un féticheur réputé a provoqué la stupeur en incendiant son domicile avant de se dénuder en public. Une scène spectaculaire sur fond de troubles psychiques présumés.
Un fait aussi spectaculaire qu’inquiétant s’est produit le dimanche 26 avril 2026 dans le village de Daagbé-Nago, commune d’Ifangni, au Bénin. Un féticheur bien connu dans la localité, identifié sous les initiales A. V. Yèkoumèdji, a incendié sa propre maison avant de se mettre entièrement nu devant une foule médusée.
Selon des témoignages concordants, l’homme a d’abord commencé par saccager son immeuble à étage. Aux environs de midi, des coups de marteau retentissaient alors qu’il brisait les vitres, de l’étage jusqu’au rez-de-chaussée. Il a ensuite mis le feu à ses biens, notamment dans le salon, provoquant un incendie rapidement visible dans tout le voisinage.
Dans sa furie, le féticheur aurait également incendié plusieurs de ses biens matériels, dont des motos et un tricycle. Plus surprenant encore, une somme estimée à près d’un million de francs CFA aurait été réduite en cendres, selon le chef du village Adanmayi-Daagbé, J. Awounou.
Figure connue des pratiques traditionnelles, A. V. Yèkoumèdji est décrit comme un dignitaire de la religion endogène, prêtre de plusieurs divinités, dont « Dan », la divinité du serpent. « C’est un grand pratiquant, un maître spirituel qui vénère ces serpents depuis plus de vingt ans », a confié le chef du village. Selon lui, certains affirment même qu’il utilisait ces reptiles pour des missions spirituelles.
Mais ce jour-là, l’homme semblait avoir perdu tout contrôle. Après avoir incendié ses biens, il s’est dénudé avant de s’allonger à même le sol devant les habitants rassemblés. Ses propos, rapportés par plusieurs témoins, étaient décousus et empreints de détresse : il évoquait la désobéissance de ses enfants, la perte de ses pouvoirs et un profond sentiment de désespoir.
D’après les autorités locales, le féticheur vivait isolé depuis plusieurs années, séparé de sa femme et de ses enfants qu’il aurait lui-même chassés. Il était toutefois régulièrement visité par des adeptes venus vénérer la divinité « Dan ». Le chef du village indique également que son comportement aurait changé après qu’il a tué un boa, considéré comme un animal sacré dans ses pratiques.
Alertée, la police républicaine s’est rendue sur les lieux pour constater les faits. Quant à ses enfants, ils ont finalement pris en charge leur père et l’ont conduit au Centre national hospitalier de psychiatrie de Cotonou, situé à Jacquot.
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Aristide ABIDJO
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