Droits des femmes : un combat à géométrie variable de Kossiwa Zinsou-Klassou
Le ministère de l’Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la femme est au cœur de l’actualité depuis l’arrestation de son Secrétaire Général, Bileba N’Gmeba, placé sous mandat de dépôt à la prison civile de Lomé pour des faits présumés de vi0l et de harcèlement s3xuel.
Il est accusé d’avoir entretenu des relations s3xuelles répétées avec une collaboratrice dans son bureau et l’ayant ensuite contrainte à un rapport non consenti. D’après les informations recueillies par Togoscoop, d’autres employées du même ministère envisageraient également de porter plainte contre ce dernier pour des abus similaires. Parallèlement à la procédure judiciaire en cours, une procédure de licenciement aurait été ouverte à son encontre pour « faits graves ».
Face à ce scandale, la ministre Kossiwa Zinsou-Klassou a réuni son cabinet le 18 août 2025 pour réaffirmer sa détermination à lutter contre les violences basées sur le genre (VBG).
« En tant que ministre de l’Action sociale, je le réaffirme avec force : aucun acte de VBG ne sera toléré », a-t-elle déclaré, annonçant de nouvelles mesures telles que la mise en place de boîtes de signalement anonymes, un numéro d’urgence disponible 24h/24 et un renforcement des sanctions.
Un engagement sélectif ?
Cette affaire met toutefois en lumière les contradictions dans la gestion des cas de violations des droits des femmes au Togo. En juin 2025, plusieurs manifestantes, arrêtées puis relâchées quelques jours plus tard, avaient dénoncé les violences subies lors de leur arrestation : coups, tortures, attouchements, traitements inhumains et dégradants. Certaines de ces victimes, comme Mme Amavi, ont témoigné à visage découvert, décrivant les sévices subis et identifiant leurs agresseurs parmi les éléments des forces de l’ordre et de sécurité.
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Pour sa part, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, la femme politique, entrepreneure et sage-femme, Grâce Bikoni Koumayi a fait un récit glaçant des sévices subis lors de son arrestation et de sa détention.
« Pendant trop longtemps, j’ai porté le poids du silence, de l’injustice, de la violence et de l’humiliation. Moi, fille de ce pays, militante de la liberté et de la dignité humaine, j’ai été torturée. Mon corps a été bafoué, mon intégrité agressée et ma sexualité violée pendant que les caméras filmaient froidement l’inhumanité à l’œuvre. Aujourd’hui une question, où vont ces images ? Qui les détient ? À quelle fin sont-elles conservées ? Ces clichés et ces vidéos, preuves irréfutables des actes barbares, peuvent être utilisés faire pression, pour faire taire, pour me salir ou encore pour salir mon image. », a-t-elle confié.
Pourtant, ces révélations n’ont suscité aucune réaction officielle du ministère en charge de la Promotion de la Femme. Pire encore, le ministre des Droits de l’homme, Pacôme Adjourouvi, avait rejeté ces accusations sur la chaîne de télévision française « France 24 », provoquant de l’indignation au sein de l’opinion publique togolaise et dans la diaspora.
Cette différence de traitement soulève une question centrale : les droits des femmes sont-ils défendus avec la même vigueur partout, ou seulement lorsqu’il s’agit d’affaires internes à l’administration ? Pourquoi certaines togolaises se sentent abandonnées à leur triste sort lorsqu’elles font face à des situations qui nécessitent l’attention des gouvernants notamment le ministère en charge de la Promotion de la Femme ?
De plus, les associations féministes, souvent visibles lors de conférences et séminaires sur des questions liées aux droits de la femme et à l’équité genre mais aussi à l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme célébrée chaque 8 mars, sont restées silencieuses face aux cas de tortures dénoncées par les manifestantes. Aucun communiqué, aucune condamnation officielle, aucune prise de position publique. Un mutisme qui interroge sur leur rôle réel de celles qui se réclament « sentinelles » des droits des femmes au Togo.
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Dieudonné Djigbodi
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