Expropriation à Sagonou (Zio): La population conteste l’accord à l’amiable entre les chefs de la localité et la SNPT
Photo d’illustration
Pour cause d’utilité publique, la population du village de Sagonou, dans la préfecture de Zio, est sommée d’abandonner ses terres. Un gisement de phosphate a été découvert à l’endroit et l’exploitation va démarrer bientôt. Alors que le processus de délocalisation enclenché depuis plusieurs années, laisse des questions en suspens, tout porte à croire que la société exploitatrice de ce gisement, la Société nouvelle de phosphates du Togo (SNPT), opte pour la politique de diviser pour s’imposer. C’est ce qui transparaît de la position affichée ces derniers temps par certains chefs de cette localité.
Le village de Sagonou va lui aussi subir le sort peu enviable comme c’est le cas d’autres localités du pays qui ont eu le malheur d’avoir des richesses minières sous leurs sous-sols et de voir le processus de délocalisation bâclé ou faisant la part belle aux exploitants ? Tout porte à le croire vue la manière dont ce processus est mené.
Démarré depuis plusieurs années, le processus de délocalisation peine à parvenir à un consensus. En effet, au départ, les autorités ont mis en place deux comités pour gérer cette situation. Le premier, le Comité de pilotage devrait jouer le rôle d’interface entre la population concernée et la société d’exploitation des phosphates. Le second, le Comité de développement à la base est investi de pouvoir pour parler au nom des habitants touchés. Alors que ces entités travaillent à ce que la délocalisation se fasse sans heurts, ils ont été court-circuités par la position du chef canton d’Abobo et celui du village de Sagonou. Ces derniers, pour des raisons qu’eux seuls maîtrisent, et sans chercher à régler les problèmes en suspens, sont allés signer un accord à l’amiable avec la SNPT remettant en cause la démarche des comités. Puisque les procès-verbaux qu’ils ont signés ne tiennent pas compte, en grande partie, des recommandations préalables du Comité de pilotage et du Comité de développement à la base.
On se rappelle dans le cadre de la délocalisation que la Société nouvelle de phosphate du Togo a fait un premier comptage en 1999. L’année suivante un recomptage a été fait. Entre-temps, en une décennie donc, la population a augmenté. Logiquement un nouveau recomptage, le troisième, doit être fait pour tenir compte de l’évolution du nombre d’habitants.
En mai 2020, la population de Sagonou a fait savoir à la SNPT qu’il est important qu’elle prenne toutes les mesures pour que la délocalisation se fasse dans de bonnes conditions en respectant les engagements pris et qui sont de nature à faciliter le processus de délocalisation.
Les revendications des populations de Sagonou tournent autour de la délocalisation et la réinstallation suivent les normes internationales notamment le principe de consultation et de participation communautaires durant toutes les étapes du processus ; le principe de transparence exigeant la divulgation et la disponibilité de toutes les informations relatives au processus de délocalisation et de réinstallation des communautés ; le principe d’identification et d’évaluation préalables des biens appartenant individuellement et/ou collectivement aux membres des communautés concernées ; le principe d’indemnisation et de compensation préalables des biens des membres des communautés affectées pour toute perte des biens ; le principe d’aménagement préalable du nouveau site de réinstallation avant le déplacement et le principe d’octroi d’un délai raisonnable aux personnes touchées avant le processus de délocalisation, entre autres.
Contestant les signatures des deux chefs, la population a adressé une lettre de protestation, en date du 11 octobre 2021, au Directeur général de la SNPT. Dans cette lettre, elle conteste les signatures du chef du village de Sagonou et du chef canton d’Abobo, demande à la SNPT de « revenir à la table de négociations avec leurs vrais représentants afin que des solutions consensuelles soient trouvées aux nombreux points non encore vidés d’autant plus qu’ils s’inscrivent dans l’esprit de la feuille de route 2020-2035 du gouvernement togolais ».
Clarisse AFANOU
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