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Femmes handicapées au Togo : la double peine de la discrimination au cœur des 16 jours d’activisme contre les VBG

 

Au Togo, être femme et en situation de handicap expose à une double discrimination, souvent silencieuse mais profondément enracinée. À l’occasion des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG), le REMAPSEN-Togo a réuni, le 8 décembre 2025 à Lomé, les professionnels des médias pour les outiller face à cette urgence sociale, avec l’appui du Fonds français MUSCOCA.

Une vulnérabilité accrue révélée par les chiffres

Selon le dernier Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2022), 10,73 % de la population togolaise vit avec un handicap. Plus alarmant encore, 57 % de ces personnes sont des femmes, ce qui fait d’elles la majorité des personnes handicapées dans le pays. Ces chiffres, rappelés par M. Akakpo-Numado Enyonam Azakpo, président du Conseil d’administration de la Fédération Togolaise des Associations de Personnes Handicapées (FETAPH), illustrent l’ampleur du défi.

photo de famille

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Pour ces femmes, le handicap ne se limite pas à une condition physique ou sensorielle. Il devient un facteur aggravant de violences, d’exclusion sociale, de précarité économique et de marginalisation familiale.

Discriminations multiples : marché, école, emploi, foyer

Lors de la conférence-débat dénommée « Rendez-vous du REMAPSEN », les intervenants ont dressé un tableau sans concession des réalités vécues. Dans les marchés, certaines femmes handicapées sont refusées comme commerçantes. Dans les ateliers et centres d’apprentissage, elles sont écartées en raison de croyances culturelles stigmatisantes, les présentant tantôt comme porteuses de malheur, tantôt comme des êtres mystiques.

La table d’honneur

La scolarisation des filles handicapées reste également un parcours semé d’embûches. Malgré les progrès observés pour l’éducation des filles en général, les résistances persistent pour les enfants handicapés, surtout les filles, souvent considérées comme un « investissement inutile ».

Dans la sphère familiale, la situation est tout aussi préoccupante : rejet conjugal, grossesses abandonnées, monoparentalité subie, autant de drames qui fragilisent davantage ces femmes déjà vulnérables.

Les médias appelés à devenir des acteurs du changement

Ouverte par Mme Ambroisine Mémédé, coordinatrice pays du REMAPSEN-Togo, la rencontre s’inscrit dans le cadre du thème national :« Agissons ensemble contre les violences à l’égard des femmes et des filles handicapées ».

Elle a rappelé que, selon ONU Femmes, les violences faites aux femmes constituent la violation des droits humains la plus répandue au monde. Au Togo, environ 2 000 cas de VBG sont enregistrés chaque année, un chiffre largement en deçà de la réalité, surtout chez les femmes handicapées, dont de nombreux cas restent invisibles.

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Pour REMAPSEN-Togo, les médias ont un rôle stratégique : informer, déconstruire les préjugés, sensibiliser et mobiliser l’opinion publique.

L’inclusion commence par la communication

Prenant la parole au nom de l’ONG La Colombe, Mme Corine Lokossi a insisté sur un message fort : « Nous sommes tous porteurs d’un handicap, visible ou invisible. L’inclusion commence par la communication et le changement de regard. »

Corinne Lokossi, Représentante de l’ONG La Colombe

Elle a également souligné un défi souvent oublié : la démotivation et l’auto-exclusion que subissent certaines personnes handicapées, à force de stigmatisation.

Une campagne soutenue par le Fonds MUSCOCA

Démarrée le 25 novembre 2025 et prévue pour s’achever le 15 décembre 2025, la campagne est financée par le Fonds français MUSCOCA, en partenariat avec ONU Femmes et l’ONG La Colombe. Des activités médiatiques, émissions radio et télévisées sont programmées pour maintenir la thématique au cœur du débat public.

vue partielle de l’assistance

Au Togo, la lutte contre les VBG ne peut ignorer le sort des femmes et des filles handicapées. À travers l’engagement des médias, des ONG et des institutions, un changement est possible. Mais il passe avant tout par une volonté collective de briser le silence, d’abattre les préjugés et de garantir à toutes les femmes leurs droits fondamentaux.

 

 

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Albert AGBEKO

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