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Ghana : John Mahama ouvre un dialogue avec les organisations de la société civile, au Togo le dialogue est en panne 

 

 

Le lundi 30 mars 2026, le président ghanéen John Dramani Mahama a tenu un dialogue présidentiel avec les organisations de la société civile (OSC) du pays, réaffirmant la volonté de son administration à promouvoir une gouvernance inclusive, participative et responsable. Toutes les couches socio-professionnelles, dont les syndicats de différents secteurs, les associations et des représentants des confessions religieuses, ont été représentées à cette rencontre.

Au cours de cette rencontre, le chef de l’État ghanéen a salué le rôle central des OSC dans le renforcement des institutions démocratiques. Il a notamment souligné l’importance de leurs actions en matière de plaidoyer, de recherche, d’engagement communautaire et de veille citoyenne, qu’il considère comme essentielles au développement national.

Le président Dramani Mahama a aussi indiqué, dans son intervention, que son gouvernement examinait actuellement les recommandations de la commission de révision constitutionnelle, dans le cadre des efforts engagés pour approfondir les réformes institutionnelles. Il a assuré que la collaboration avec la société civile se poursuivra afin de faire progresser les priorités du Ghana en matière de démocratie et de développement.

Le président Mahama s’adressant aux acteurs de la société civile

Togo : gouverner sans écouter, jusqu’à quand ?

Contrairement au Ghana, où le dialogue entre les forces vives de la nation est permanent, une véritable chape de plomb s’abat sur le Togo depuis plusieurs années. La société civile y est muselée.

Le dialogue social, quant à lui, a été vidé de toute sa substance. Le Conseil national du dialogue social (CNDS), organe tripartite réunissant gouvernement, patronat et syndicats, est devenu une coquille vide que le pouvoir active à sa guise. Il n’est convoqué que lorsque la tension sociale atteint un niveau critique. Une fois l’accalmie revenue, les conclusions issues des discussions sont reléguées aux oubliettes.

Ailleurs, la société civile est considérée comme un acteur essentiel de la vie démocratique. Au Togo, tout porte à croire que les autorités ne lui accordent aucune importance. Preuve en est : depuis plus de deux décennies au pouvoir, Faure Gnassingbé, actuel président du Conseil, n’a jamais rencontré la société civile dans son ensemble, si ce n’est lors des traditionnels échanges de vœux. Les syndicats, le barreau, les différents ordres professionnels, les corps enseignants, journalistes, les étudiants — autant de composantes majeures de la société — n’ont jamais eu l’occasion, dans un cadre de dialogue franc et sincère, de partager leur vision du Togo avec le président du conseil.

Plus grave encore, les espaces de liberté acquis de haute lutte par la société civile togolaise sont progressivement remis en cause. Après avoir ‘’pacifié’’ le campus universitaire, réduit au silence le barreau, ignoré le clergé et restreint le droit de grève des syndicats, le pouvoir s’attaque désormais aux associations. Une révision de la loi les régissant est en cours, avec pour objectif de leur retirer les marges d’autonomie qui subsistent.

les participants au dialogue présidentiel

Et pourtant, au milieu de l’année dernière, la population togolaise s’est pourtant exprimée avec vigueur contre la vie chère. Mais au lieu d’entendre ce cri de détresse, les dirigeants ont opté pour une autre voie. Les revendications légitimes ont été étouffées sous le poids de la répression. Pour autant, les problèmes demeurent jusqu’à présents entiers.

Lire aussi : Développement : les leçons de John Mahama à Faure Gnassingbé

Comment diriger un pays lorsque le sommet est coupé de la base ? Comment gouverner sans écouter le peuple au nom duquel on exerce le pouvoir ?

Le dialogue, sans faux-fuyants, demeure le socle de toute société désireuse d’avancer. Loin d’être un signe de faiblesse, il incarne au contraire la force, le courage politique et l’attachement aux valeurs du vivre-ensemble, ainsi qu’à l’intérêt supérieur de la nation.

Dans son adresse, le président ghanéen a salué le rôle central des organisations de la société civile dans le renforcement des institutions démocratiques. Au Togo, avant même de saluer ce rôle, encore faudrait-il reconnaître à cette société civile le droit de contribuer pleinement à l’édification nationale. Tout se passe comme si elle était condamnée au silence.

Dans la même dynamique, le président ghanéen a indiqué que son gouvernement examinait les recommandations de la commission de révision constitutionnelle. Au Togo, depuis les manifestations de 2017 sous l’égide du Parti nationaliste panafricain (PNP), les populations ont réclamé des réformes constitutionnelles profondes. Le pouvoir, après de longues tergiversations, s’est contenté de réformes à minima.

En revanche, lorsqu’il s’est agi d’opérer des changements à son avantage afin de prolonger indéfiniment le règne de ‘’son champion’’, une seule nuit a suffi pour faire adopter une ‘’Constitution de contrebande’’, sans consultation populaire, sans débat national et sans transparence sur l’organe ayant élaboré le texte.

Le Togo a beaucoup à apprendre de son voisin de l’Ouest qui, bien que porté par une légitimité encore récente, n’a pas jugé utile de fermer la porte à la société civile. Dans un geste d’ouverture, le président Mahama a choisi de tendre l’oreille et d’écouter.

Au fond, la question reste entière : jusqu’à quand gouverner sans écouter ? L’histoire l’enseigne avec constance : aucun pouvoir ne peut durablement prospérer en tournant le dos à son peuple. Le Togo est à la croisée des chemins. Entre crispation et ouverture, entre silence imposé et dialogue assumé, le choix appartient aux dirigeants. Mais une certitude demeure : sans une société civile libre, écoutée et respectée, il ne peut y avoir ni démocratie véritable, ni développement durable.

 

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Francine DZIDULA

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