Environ 1 250 000 personnes risquent de tomber dans l’insécurité alimentaire. Ce chiffre en hausse par rapport à février 2020, période de l’année où il se chiffrait à 444 000 personnes a été révélé vendredi à Lomé par le Programme alimentaire mondiale (PAM). Une étude réalisée en juillet 2020 montre une augmentation exponentielle du nombre de personnes sous pression de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle de 444.682 personnes en mars 2020 à 1 291 059 de personnes en juillet 2020, soit 22% de la population, alors que 281 501 personnes (5% de la population, répartie dans toutes les régions du pays ; Maritime : 66.507; Plateaux : 95.721; Centrale : 12.571; Kara : 52.702, Savanes : 54.001) sont en situation de crise alimentaire et nécessitent une assistance alimentaire urgente pour sauver leurs vies et protéger leurs moyens d’existence. En effet, les conséquences de la pandémie Covid-19 combinées à la soudure mettent sous pression les moyens d’existence des populations vulnérables et limitent l’accès à l’alimentation adéquate.
Évitant pour l’instant de parler de famine, l’institution onusienne estime que dans ces régions les ménages n’arrivent pas à subvenir à leurs besoins alimentaires en termes de qualité et de quantité. L’évolution de la situation montre de différentes catégories de population touchée. Ainsi, il y a des populations qui sont dans une situation d’insécurité alimentaire sévère. Cette dernière est due à l’analyse du nombre de repas, à la qualité et à la quantité. Dans cette catégorie où on dénombre à peu près 4 000 personnes, les gens sont obligés de vendre leurs biens pour satisfaire leurs besoins. Au niveau intermédiaire, des populations concernées tournent autour de 44 000. Dans cette catégorie, des gens sont dans une situation d’insécurité alimentaire un peu délicate dans la mesure où s’il y a le moindre choc ils peuvent passer à la phase d’insécurité alimentaire sévère. D’où, « il faut des interventions pour leur permettre de sortir de cette catégorie avec des actions qui peuvent être des assistances, qui peuvent être aussi l’appui leur permettant de renforcer leur activité, leur source de revenu de façon où ils puissent accéder à la nourriture en qualité et en quantité suffisante », a déclaré Guy ADOUA, Représentant résident du PAM estimant que cette situation de sécurité alimentaire est aggravée surtout au nord du pays par la crise liée à la pandémie du coronavirus. « Je présume que parmi les 4 000 qui étaient déjà dans une situation assez limite avec la crise certains de ces ménages ont basculé à une phase assez délicate ».
Pour faire face à cette situation, le PAM a préparé un programme de distribution pour accompagner le gouvernement en ciblant les plus vulnérables. Cette distribution de kits alimentaire va atteindre environ 252 000 Togolais, selon l’organisation prix Nobel de la paix.
Le gouvernement togolais à travers la mise en œuvre du Plan national de développement (PND, 2018 – 2022), s’est engagé à « réduire la pauvreté à travers l’accélération de la création de la richesse et une meilleure redistribution des fruits de la croissance ainsi que la création d’emplois décents ». Pour ce faire, le Gouvernement entend entre autres améliorer la viabilité des systèmes de production alimentaire, valoriser et mettre en marché des productions agricoles à travers l’amélioration de la qualité des produits.
Présent au Togo depuis une cinquantaine d’année, le PAM utilise également le Port autonome de Lomé comme hub stratégique pour distribuer des vivres au sahel (Burkina Faso, Niger et Mali). Selon les prévisions en 2020 plus de 100 000 tonnes de céréales passeront par le port de Lomé pour « sauver des vies et changer des vies » ce qui représente 10 millions de dollars injectés dans l’économie du Togo.
Francine DZIDULA
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