L’indignation de la population togolaise face à la montée vertigineuse du prix du maïs, denrée de première nécessité et très prisé au Togo, a eu raison du mutisme de l’Agence nationale de la sécurité alimentaire au Togo (ANSAT). Même le gouvernement togolais, passé à côté de la plaque en banalisant le sujet en parlant en conseil des ministres d’excédent agricole au moment où sa population crève de faim, aurait compris sa bourde. A quoi bon parler d’excédent agricole dans un pays où la population trouve difficilement à manger, peut-on se demander.
Heureusement que la raison a finalement pris le dessus sur toutes autres considérations surtout mercantiles. Puisque quelques jours après, l’ANSAT s’est vite rattrapée en décidant de mettre sur le marché ses stocks de denrées alimentaires. Des tonnes de céréales seront écoulées dans les semaines à venir sur toute l’étendue du territoire national. Suffira-t-il pour faire baisser les prix sur le marché ? Rien n’est moins sûr.
Alarmiste, certains à l’instar du Mouvement du pasteur et maire Edoh Komi craint une famine au Togo d’autant plus que ces dernières semaines la nature n’a pas été du tout clémente avec les Togolais. Et on voit ça et là l’image de jeunes plants de maïs séchés entendant une hypothétique pluie qui ne vient toujours pas alors que la saison pluvieuse a commencé depuis dans la zone méridionale du pays.
« … dans cet îlot de soucis qui s’emparent des uns et des autres, les regards sont tournés toujours vers la clémence du ciel d’où l’on attend une pluie pour annoncer le renversement de la tendance (de la sécheresse à la pluie)», écrit l’élu local.
« Une crise alimentaire sans précédente s’annonce », prédit un agriculteur devant son champ de maïs. Souhaitons juste qu’il soit démenti.
Mais comment est-on arrivé là ? C’est la question qui doit tarauder dans les esprits des Togolais en ce moment. L’une des raisons est qu’en ce 21ème siècle, l’agriculture togolaise est conditionnée par la clémence du ciel. C’est inadmissible ! Cette étape est dépassée. L’intelligence permet aujourd’hui aux hommes de dompter la nature. Le Burkina Faso, pays sahélien exporte chaque année des milliers de tonnes de tomate en direction de notre pays. Comment réussissent-ils ? La plupart du temps par provocation de pluie ou par irrigation. Il faut des moyens pour le faire. C’est là où la volonté politique entre jeu.
L’autre problème de notre agriculture est sa faible mécanisation. On ne peut plus viser une autosuffisance alimentaire en produisant pour nourrir les 8 millions d’âmes que nous sommes grâce aux houes et coupecoupes que distribuait à forte médiatisation une dame (suivez notre regard). Il faut que l’agriculture soit mécanisée pour répondre aux défis. Certes, ces dernières années, le gouvernement togolais a fait des efforts dans ce domaine mais beaucoup reste à voir.
L’autre point à ne pas perdre de vue est d’intéresser les jeunes au travail de la terre. On peut beau investir des milliards dans le secteur mais si en retour il n’y a pas de bras valides pour cultiver la terre ces efforts seront vains. Le constat actuel est que les jeunes togolais délaissent les campagnes et la terre qu’ils vendent même pour rejoindre la ville où ils se plaisent à conduire des taxi-motos. Il faut alors intéresser les jeunes et œuvrer à leur maintien dans les campagnes.
Somme toute, cette histoire de flambée des prix des produits de première nécessité devient cyclique. En homme réfléchit il faut des solutions pérennes à la situation pour une autosuffisance alimentaire réelle. Gageons que cette fois-ci la leçon a été comprise.
Francine DZIDULA
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