C’est la gaffe de trop du Maire de la commune Golfe 5, Kossi Aboka. Connu pour son côté spectacle qui le pousse le plus souvent, accompagné par la presse, à la destruction des étalages de ses administrés, cet ancien professeur d’Anglais, n’a pas fait dans la dentelle lundi dernier dans une opération dite de déguerpissement des occupations anarchiques des emprises des voies de sa commune. Dans sa propension à tout saccager, mal lui en a pris de sortir de son ressort territorial pour aller détruire dans la commune voisine de Golfe 7. Si les maires de cette dernière commune étaient des va-t-en guerre la situation aurait dégénéré lorsqu’ils ont été alertés par les populations qui voyaient médusées la destruction de leur bien. Heureusement qu’ils ont fait preuve de retenu, de maitrise de soi et de pondération ce qui a permis d’éviter une situation fâcheuse.
Ce n’est pas pour autant que le ministre de l’Administration territoriale est demeuré indifférent à ce énième débordement d’un élu local en mal de sensations qui risque de créer à l’avenir si rien n’est fait des conflits ouverts. C’est ainsi qu’il a convoqué ce jeudi à son cabinet les deux chefs de l’exécutif communal. Ces derniers étaient assistés par deux têtes couronnées. Le maire Aboka était accompagné par son cousin et chef canton d’Aflao-Gakli, canton qui se trouve également dans la commune Golfe 5 et le maire Aimé Djikounou de la commune Golfe 7 par un chef du village de Lankouvi. Le préfet du Golfe assistait à la réunion.
Au cours de cette réunion, le ministre Payadowa Boukpessi a sommé le maire Aboka de ne plus mettre pieds au-delà des limites de son ressort territorial jusqu’à la prise du décret présidentiel reprécisant la délimitation des deux communes.
Le ministre et le préfet lui ont intimé l’ordre de surseoir à la poursuite de l’opération de déguerpissement qu’il avait programmée continuer dans la journée d’hier jeudi. Conséquence, il a transformé l’opération en conférence de presse pour expliquer aux journalistes qui devraient l’accompagner sur le terrain le sens de son action.
Voilà un maire qui, depuis qu’il est élu n’a jamais ajouté une ampoule de plus à sa commune outre celles qui existaient avant son élection mais qui est maitre en destruction. Ces actions non seulement frappent de plein fouet une population bien éprouvée par la crise sanitaire mais aussi mettent mal à l’aise la cohésion sociale. Même si on peut être d’accord avec lui sur certains points que la route n’est pas un marché mais il manque la manière et la pédagogie pour amener la population à la raison. Tout se passe comme si ce maire ne retournera plus devant les électeurs dans trois ans.
Francine DZIDULA
E-Mail: togoscoop@gmail.com




A moins qu'il soit assuré d'avoir le suffrage nécessaire à sa réélection autrement…suivez mon regard