Soins palliatifs au Togo : des journalistes outillés pour mieux informer et sensibiliser
Longtemps relégués au second plan du débat public, les soins palliatifs s’imposent aujourd’hui comme un enjeu majeur de santé publique et de dignité humaine au Togo. Conscients du rôle stratégique de l’information dans la transformation des perceptions, l’Association Togolaise pour la Promotion de la Santé et du Développement Communautaire (ATPSDC) a organisé, ce mardi 16 décembre 2025, à Lomé, un atelier de formation à l’intention des journalistes et professionnels des médias.
L’objectif est d’outiller les acteurs des médias afin qu’ils deviennent des relais crédibles, responsables et engagés dans la sensibilisation autour des soins palliatifs, encore largement méconnus du grand public.
Former les médias pour changer les regards
Pour Mme Baba Amivi, présidente de l’ATPSDC, la démarche répond à une urgence sociale. « Les soins palliatifs sont souvent mal compris, voire ignorés. Pourtant, ils concernent des milliers de familles. Les journalistes ont un rôle central à jouer pour diffuser une information juste, lutter contre les préjugés et favoriser une meilleure acceptation de ces soins », a-t-il souligné.
Selon elle, renforcer les capacités des médias permet de faire émerger un discours plus humain, axé sur l’accompagnement, le soulagement de la douleur et la dignité des patients.
L’OMS appelle à une mobilisation collective
Présent à l’ouverture des travaux, le Dr HAINGA, Représentant du Représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Togo et spécialiste des systèmes de santé, a rappelé que les soins palliatifs demeurent un domaine encore trop négligé. « C’est un secteur que nous avons tendance à oublier, et peu d’acteurs s’y investissent réellement. Cette rencontre est donc d’une importance capitale », a-t-il affirmé.
Saluant la vision portée par les organisateurs, il a réaffirmé l’engagement de l’OMS et invité les partenaires techniques et financiers à rejoindre la dynamique. « L’OMS est engagée. L’Ambassade de France est déjà sur le pont. Les autres partenaires doivent embarquer. Car si certains hésitent, la société civile avancera et les initiatives continueront de grandir »,.a-t-il déclaré, appelant à une action concertée et durable.
L’État local en soutien à la formation
Procédant au lancement officiel de l’atelier, M. KEREZOUWE Gnama, Représentant du Gouverneur du District Autonome du Grand Lomé, a salué une initiative qu’il juge essentielle pour le système de santé togolais. « Les soins palliatifs restent peu pratiqués et donc peu connus, aussi bien dans notre pays que dans le District Autonome du Grand Lomé. Pourtant, ils sont fondamentaux pour l’humanité et pour notre système de santé », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur la nécessité de développer la formation professionnelle afin d’améliorer la qualité de la prise en charge des patients et de leurs familles. « Renforcer les capacités des acteurs à travers des formations adaptées est indispensable pour assurer une prise en charge digne, quel que soit l’âge ou la situation du patient », a-t-il ajouté, tout en remerciant l’ATPSDC et ses partenaires pour leur engagement constant.
Des journalistes désormais mieux préparés
La formation, marquée par des échanges interactifs, des études de cas et des travaux de groupe, a permis aux participants de mieux comprendre les enjeux éthiques et sociaux liés aux soins palliatifs.
Pour une journaliste, l’impact est immédiat : « Cet atelier nous aide à mieux comprendre les soins palliatifs et surtout à savoir comment en parler sans renforcer les peurs ni les stigmatisations. En tant que journalistes, nous avons une responsabilité sociale que nous devons assumer pleinement », a-t-elle confié.

À l’issue de l’atelier, les participants se sont engagés à produire des contenus médiatiques — articles, reportages ou capsules radio — afin de contribuer à une meilleure information du public.
Informer pour soigner autrement
Dans un contexte où près de 86 % des personnes nécessitant des soins palliatifs n’y ont pas accès, cette initiative marque une étape importante vers une communication plus responsable et une prise de conscience collective.
En misant sur la formation des médias, les organisateurs font le pari d’un changement durable: celui d’une société mieux informée, plus compatissante et plus engagée pour la dignité des personnes en fin de vie.
Parler des soins palliatifs, c’est déjà agir.
Helly GBENE


