Que se passe-t-il au sein du Syndicat national des transitaires mandataires du Togo (SYNATRAM-Togo) ? Alors que le bureau sortant annonce un congrès extraordinaire prévu sur ce 29 janvier 2022, congrès auquel n’est pas candidat le secrétaire général sortant M. Aziawor Yawo, en fin de mandat, un groupe de frondeurs (en conflit avec les dispositions statutaires en ce qui concerne les cotisations) dénommé « Groupe de réconciliation » constitué pour la plupart des individus avec à leur tête Toyi Herbert Claude Ahlin refuse ce congrès. Quels sont les enjeux de cette guerre fratricide entre les syndiqués de SYNATRAM ? Eclairage de Togo Scoop Info…
Elu en 2011 à la tête du SYNATRAM-Togo, M. Aziawor a fait deux mandats plus 2 ans sans pouvoir organiser de congrès électif. Les difficultés à organiser ce congrès découlent des difficultés financières que traverse le syndicat. Pour remédier à cette situation, à la suite de l’assemblée générale du 23 décembre 2019, un moratoire de 3 ans a été accordé à tous les membres du syndicat pour renflouer les caisses. Ceci passe par la cotisation de 18 000 F par chaque syndiqué en raison de 500 F. Mais la crise sanitaire liée au coronavirus déclarée en avril 2020 n’a pas permis d’atteindre cet objectif.
Prétextant un vide juridique du bureau sortant, les frondeurs saisissent cette difficulté à organiser le congrès par le bureau sortant comme un point faible pour les défier. C’est ainsi que des pétitions, mémorandum et tracts sont régulièrement publiés dans l’enceinte de la zone portuaire. Une situation qui a amené le Collectif des syndicats des transitaires à saisir la Coordination des centrales syndicales en vue de trouver un point d’attente à la crise. A rappeler ici que la crise ne frappe pas seulement le SYNATRAM-Togo. C’est tous les syndicats des transitaires qui sont secoués par la crise. Ainsi donc pour y trouver des solutions, la Coordination a pris des dispositions pour organiser des congrès extraordinaires et accompagner ces syndicats du secteur portuaire. Sur les 5 syndicats, seulement 2 parmi lesquels SYNATRAM-Togo s’est engagé à aller à ce congrès. Et pour montrer sa bonne foi, le secrétaire général du SYNATRAM-Togo, M. Aziawor Yawo, a pris une décision (décision 001/2017/BE SYNATRAM-Togo portant suspension pour manquements graves des camarades Minogblom Kodjo, Akakpo Kodjo, Dekadjevi Kossi, Adekpoe Koffi, Tete Sessi et Bocco Kossi) annulant la suspension qui frappe ces derniers. Cette décision de décrispation sous légide de la Confédération syndicale des travailleurs du Togo (CSTT) devrait en principe permettre d’aller un congrès en toute sérénité.
Mais les frondeurs conscients de leur popularité confidentielle font tout pour saboter le congrès du SYNATRAM-Togo et dire qu’il y a crise au sein du syndicat. C’est ainsi le 19 janvier 2022, ils ont organisé un rassemblement au lieu dit « marché du désert » pour disent-ils prendre leur responsabilité.
« Nous demandons le départ du secrétaire général. Il a fait un mandat de 4 ans renouvelable une fois et deux ans de plus. Ça fait 10 ans à la tête de notre syndicat. Nous sommes dans un vide juridique qui ne lui donne pas le droit d’organiser une assemblée ordinaire », a déclaré chez nos confrères de l’Interview.info le chef des contestataires Toyi Hebert Claude Ahlin, conseiller municipal de son état à la mairie Golfe 6 et qui fait entorse aux dispositions légales.
La réplique du secrétaire sortant ne s’est pas fait attendre. « Je reste légal selon les textes jusqu’au prochain congrès. Les gens ne maîtrisent pas les textes de notre syndicat.Ils doivent savoir que c’est la Coordination des centrales qui a demandé de convoquer le congrès le 29 janvier 2022 », a souligné M. Aziawor.
SONATRAM, LA POULE AUX OEUF D’OR
Ayant déjà fait preuve de patience durant deux ans, qu’est-ce qui empêche ces frondeurs d’attendre et d’aller au congrès le 29 janvier 2022. Selon une source qui a requis l’anonymat, c’est « conscient de leur impopularité qu’ils veulent faire coup de force mais cela ne prospérera pas ». Puisque non seulement le bureau sortant à la majorité des syndiqués à jour de cotisations de son côté mais aussi il a le soutien des centrales syndicales qui l’encouragent à aller au congrès.
Derrière ce combat que se livrent les deux camps il y a en enjeu qui ne dit pas son nom (SONATRAM-Togo), une société de commissionnaires agrées en douane créée par le bureau sortant dans la douloureuse période de non cotisation. C’est cette poule aux œufs d’or qui suscite les appétits.
A suivre…
Francine DZIDULA
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