Tézan 2026 : les fils de Nyogbo Sud mobilisés pour la culture et le développement
Le canton d’Agou-Nyogbo Sud a vibré, ce samedi 29 août 2026, au rythme de la 52ème édition de sa fête traditionnelle Tézan. Placée sous le signe de la valorisation du patrimoine culturel et de la mobilisation communautaire, la célébration a offert aux populations un spectacle haut en couleurs, mêlant sons des tam-tams, danses traditionnelles, procession en palanquin, présentation des variétés d’ignames et dégustation des mets locaux.
Dès les premières heures de la journée, le canton d’Agou-Nyogbo Sud s’est réveillé au son de 21 coups de canon, annonçant l’ouverture des festivités. Le coup d’envoi a été suivi d’une longue procession partie du domicile du chef canton, Togbui Pebi V.

Portés en palanquin, appelé « apakè » en langue locale, symbole de la sacralité des gardiens des us et coutumes, les chefs des quartiers avec à leur tête, le chef canton ont parcouru plusieurs artères du canton, entouré des populations venues des dix quartiers. Au son des tam-tams et des danses traditionnelles, notamment celles des ablafo, les chasseurs traditionnels, la procession a offert un véritable tableau vivant du patrimoine culturel de Nyogbo Sud.
Elle s’est achevée sur le terrain du lycée de la localité avec l’arrivée du chef canton, donnant ainsi le coup d’envoi officiel de la cérémonie.
Tézan, une fête au service de l’identité culturelle
Au-delà de son caractère festif, Tézan constitue un important rendez-vous de retrouvailles pour les filles et fils d’Agou-Nyogbo Sud. La célébration entend préserver les traditions et renforcer le lien entre les générations.

Dans son intervention, le président du comité d’organisation, Ange Ketor, a insisté sur la nécessité de préserver cet héritage. Pour lui, la fête est d’abord une célébration de l’histoire, des origines et de l’héritage transmis par les ancêtres.
L’igname occupe, à cet égard, une place particulière dans l’identité culturelle du canton. Les différentes variétés présentées au cours de la cérémonie, suivies d’une dégustation de mets à base d’igname, ont permis de mettre en valeur cette richesse agricole et culinaire.
« À travers Tézan, nous voulons perpétuer cet héritage et le transmettre aux générations futures », a expliqué le président du comité d’organisation.
L’eau potable, une priorité pour la communauté
La 52ème édition de Tézan a également été l’occasion de mettre en lumière une préoccupation majeure pour les populations : l’accès à une eau de qualité.

Selon Ange Ketor, le comité d’organisation travaille depuis trois ans sur cette question. La source de l’eau étant située sur le mont Agou, son parcours traverse par endroits des zones agricoles, ce qui peut exposer la ressource à différentes formes de pollution.
Le comité dit avoir engagé un travail portant d’abord sur la protection de la source, puis sur l’amélioration de la qualité de l’eau. Les premiers résultats sont jugés encourageants.
« Nous allons continuer ce travail afin de garantir durablement une eau de qualité aux populations », a indiqué le responsable.
Cette orientation rejoint d’ailleurs le thème retenu pour l’édition 2026, consacré à l’eau potable.

Ange Ketor : « L’avenir de Tézan appartient à toute la communauté »
Au terme d’une année de préparation, le président du comité d’organisation s’est dit satisfait du déroulement de la fête. L’objectif de mobilisation fixé à 5 000 personnes figurait parmi les ambitions affichées pour cette édition, est atteint.
Mais au-delà de la mobilisation, Ange Ketor estime que l’essentiel réside dans l’adhésion de la communauté et dans la capacité des filles et fils de Nyogbo à porter ensemble cette tradition.
« L’avenir de Tézan ne dépend pas uniquement du comité d’organisation », a-t-il souligné, estimant que la chefferie, la communauté et la diaspora ont également un rôle déterminant à jouer dans la poursuite de l’initiative.

Le responsable a par ailleurs évoqué une vision à plus long terme avec la perspective d’un sanctuaire dédié à Tézan, destiné à donner une dimension durable à la célébration et à préserver sa mémoire pour les générations futures.
Le chef canton appelle à l’unité et à la transmission
Prenant la parole, le chef canton d’Agou-Nyogbo Sud Togbui Pebi V, a placé son intervention sous le signe de la préservation du patrimoine et de la cohésion sociale.
Pour le gardien des us et coutumes, le patrimoine constitue un héritage reçu des ancêtres que les générations actuelles ont la responsabilité de préserver et de transmettre. Sa valorisation ne doit toutefois pas se limiter à un regard tourné vers le passé. Elle doit également servir à préparer l’avenir.
Le chef canton a ainsi appelé les filles et fils de Nyogbo à œuvrer pour la cohésion sociale, le rapprochement entre les populations et le développement économique, tout en accordant une attention particulière à la culture, à l’artisanat et à la jeunesse.
Il a également salué les différentes initiatives ayant accompagné cette édition, notamment les actions humanitaires, les initiatives agricoles et les activités destinées à rassembler les populations.
« Notre diversité doit constituer notre force »
S’adressant particulièrement à la jeunesse, Togbui Pebi V a appelé les jeunes à mettre leur énergie, leur intelligence, leur créativité et leur capacité de travail au service du développement de la communauté.

« Notre diversité ne doit jamais être une source de division. Elle doit, au contraire, constituer notre force », a déclaré le gardien des us et coutumes, plaidant pour la poursuite des efforts en faveur de la paix, du respect mutuel, de la solidarité et du dialogue. Il estime qu’aucun développement durable ne peut être envisagé sans une véritable cohésion entre les différentes composantes de la communauté.
Les hommes en uniforme au rendez-vous de la solidarité
Autre moment marquant de cette édition : la mobilisation des hommes en uniforme, natifs du canton.
Malgré leurs obligations professionnelles, des frères issus des forces de défense et de sécurité ont tenu à apporter leur contribution à la réussite de la fête. Ils ont notamment envoyé un représentant pour effectuer un don symbolique au nom de leurs pairs.
Pour le président du comité d’organisation, ce geste constitue un signal fort de l’attachement des fils du canton à leur communauté et à leur patrimoine.
Cette contribution financière et symbolique des militaires natifs de Nyogbo vient ainsi illustrer l’esprit de solidarité qui entoure Tézan. Elle montre que la réussite de la fête repose sur la mobilisation de toutes les composantes de la communauté, qu’elles résident au pays ou dans la diaspora.

La Solidarité Agou-Nyogbo mise sur des actions concrètes
La mobilisation communautaire ne s’est pas limitée à la fête. L’Amicale Solidarité Agou Nyogbo, qui regroupe les natifs de Nyogbo au Togo et dans la diaspora, a réaffirmé son engagement en faveur du développement de la localité. Cet engagement se traduit par la construction d’une école maternelle.
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Par la voix d’Akogo Claude et de Guy Sekro, l’association a appelé tous les fils et filles de Nyogbo, où qu’ils se trouvent, à apporter leur contribution à la construction de leur communauté.
Pour l’amicale, le développement de la terre nourricière ne peut être l’affaire d’une seule personne. Il doit reposer sur l’union et la participation de tous.
Plusieurs chantiers sont annoncés pour l’année à venir. Il s’agit notamment de l’érection d’une salle d’observation pour le poste de secours de la localité et de l’accompagnement des nouveaux bacheliers dans leurs démarches pour l’obtention de la nationalité, en collaboration avec la mairie, les établissements scolaires et la préfecture.
L’association entend également renforcer la lutte contre le tabac et les autres produits prohibés.
Une culture qui se veut levier de développement
Représentant le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, le directeur régional de la Culture des Plateaux, Kokou Monkli, a salué la portée culturelle de Tézan.
Selon lui, cette fête constitue l’une des manifestations culturelles majeures du canton de Nyogbo Sud. Elle permet de valoriser le patrimoine local, de mobiliser les filles et fils du canton et de les réunir autour de projets de développement communautaire.
La manifestation offre également une occasion de promouvoir les produits agricoles locaux et les industries culturelles et créatives.
Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires, la célébration de Tézan participe, selon le représentant du ministre, au renforcement de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble. Elle constitue aussi un espace d’expression de l’unité, de la fraternité et de la solidarité.
Quand tradition et modernité se rencontrent
De la procession en palanquin aux danses des chasseurs traditionnels, en passant par les tam-tams, les chants, la présentation des douze variétés d’ignames, la dégustation des mets locaux et la remise des trophées aux vainqueurs du tournoi de football, la 52ᵉ édition de Tézan a offert une succession de tableaux où sons, couleurs et traditions se sont mêlés.
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Albert Akouété AGBEKO
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