Togo-Grève du SET : L’activiste-panafricaniste Egountchi Behanzin demande la libération des enseignants arrêtés et jetés en prison
Alors que près de 150 enseignants togolais sont démis de la profession enseignante et reversés dans la fonction publique et que 3 autres placés sous mandat de dépôt et gardés à la prison civile de Lomé pour raison de grève, dans l’indifférence totale de l’opinion nationale surtout des organisations syndicales. Et pourtant, le droit de grève est un droit constitutionnel. Face à cette accommodation de l’opinion au musèlement, à la restriction des libertés individuelles et collectives et surtout à cette atteinte aux droits fondamentaux notamment ceux liés à la grève au Togo, rares sont des voix qui font preuve encore de lucidité. Parmi celles-ci, Egountchi Behanzin, l’activiste-panafricaniste et président fondateur de la Ligue de défense noire Africaine (LDNA).
Dans une déclaration faite ce mercredi 13 avril 2022, M. Egountchi Behanzin, président de la LDNA a apporté son soutien aux enseignants qui travaillent dans des conditions difficiles avant d’exiger la libération de ceux qui sont détenus.
«Au nom de la Confrérie des frères Panafricains et la LDNA TOGO, nous demandons la libération des enseignants arrêtés et jetés en prison », déclare-t-il en appelant les autorités togolaises « à la compréhension et au dialogue, pour trouver un accord avec les enseignants ». Dans un pays qui se dit « démocratique », poursuit-il, la force ni la répression, ne règlent pas les problèmes sociaux, au contraire elle ne fera que amplifier la colère et le mécontentement.
« J’ai une profonde admiration pour les enseignants dans les pays africains, notamment au Togo, parce qu’ils essayent malgré les conditions calamiteuses que je connais personnellement, ils continuent de transmettre le savoir aux élèves. Même si certains le font mal des fois avec violence corporelle sur les élèves. Néanmoins, les autorités togolaises doivent encourager et mettre en place les moyens nécessaires, pour qu’ils puissent bien faire leur métier », écrit celui qui affirme connaitre bien l’école togolaise pour l’avoir fréquenté. « Je peux vous dire, que rien n’a changé en 2022. L’école togolaise est abandonnée jusqu’aujourd’hui par les autorités du pays. Déjà à notre époque, on n’avait pas de banc pour s’assoir, on étudiait par terre, à même le sol, il y avait une paupérisation… »
« Les autorités togolaises doivent écouter la colère des enseignants et des élèves », insiste-t-il pour qui, « l’abâtardissement de la politique togolaise empêche le développement réel du pays ».
Pour Egountchi, l’école togolaise est aujourd’hui minée par les détournements et la corruption conséquence du pourrissement du climat socio-économique et politique du pays.
Pour finir, Egouncthi réaffirme son soutien aux enseignants du secondaire limogés pour avoir observé des grèves et aux enseignants arrêtés « injustement » par les autorités.
A la suite des mouvements de grève qui ont perturbé les écoles togolaises courant mois de mars 2022, et après la menace de tirer des « rafales » et des « missiles » proférée par le ministre de l’enseignement primaire et secondaire sur les enseignants, ces derniers ont été sanctionnés par le ministre de la fonction publique, relevés de la fonction enseignante et renversés dans la fonction publique pour certains et d’autres carrément arrêtés et jetés en prison.
Clarisse AFANOU
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