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Togo : Licenciement de 42 employés à  Bank SUNU Togo– une crise sociale aux implications nationales

Bank SUNU au Togo est au cœur d’une polémique après le licenciement de 42 employés, parmi lesquels figure le secrétaire général du secteur banque et assurance. Cette décision soulève de vives inquiétudes quant au respect des droits des travailleurs et des représentants syndicaux, dans un contexte déjà marqué par une fragilité du dialogue social.

Une décision contestée sur le plan légal

Selon le Code du travail togolais, notamment les articles relatifs à la protection des délégués syndicaux, aucun licenciement de représentant du personnel ne peut intervenir sans l’autorisation préalable de l’inspecteur du travail, voire du ministre en charge de la Réforme du service public, du Travail et du Dialogue social.

La question cruciale demeure : Bank SUNU Togo a-t-elle obtenu cette autorisation avant d’agir ?

En l’absence de réponse officielle, le doute persiste et alimente la colère des employés.

Le sit-in suspendu : un coup dur pour la mobilisation syndicale

Alors que les syndiqués avaient prévu un sit-in le 25 août 2025, ils ont accepté la veille de surseoir à cette action de protestation, après une intervention de dernière minute du ministère. Une décision qui, selon plusieurs observateurs, affaiblit la position du syndicat face à une direction déterminée à agir en dehors des règles établies.

Certains estiment que le silence prolongé du ministre avant cette affaire, suivi de son intervention précipitée pour reporter la manifestation, interroge sur sa réelle volonté de protéger les travailleurs. « Pourquoi demander un report à la veille du sit-in, au lieu d’agir dès le début du conflit ? », s’interrogent plusieurs syndicalistes.

Une menace pour les droits syndicaux au Togo

Dans ce dossier, la Convention collective interprofessionnelle est également invoquée. Son article 51 stipule clairement qu’aucun licenciement de représentant du personnel ne peut être décidé sans respect des procédures légales. En s’en affranchissant, Bank SUNU Togo s’expose à des accusations de licenciement abusif.

Pour les syndicats, céder à chaque pression du gouvernement ou du patronat reviendrait à fragiliser durablement la représentation syndicale au Togo. Ils appellent donc à maintenir la mobilisation afin de protéger les droits acquis de longue lutte.

Inégalités salariales et accusations d’injustice

Au-delà du licenciement, les syndicats dénoncent de profondes inégalités salariales au sein de Bank SUNU Togo. Alors que la direction justifie les licenciements pour des raisons économiques, les représentants syndicaux estiment que cette mesure n’est qu’un prétexte visant à réduire la force de contestation.

Ils dénoncent un système où certains dirigeants perçoivent des salaires jugés « disproportionnés », tandis que la majorité des employés peinent à obtenir une rémunération équitable. Cette gestion est perçue comme une stratégie d’affaiblissement des travailleurs plutôt qu’une réponse à une réelle crise financière.

Une crise aux répercussions nationales possibles

Pour le gouvernement, la crainte est claire : que cette contestation dans le secteur bancaire ne crée un effet domino dans d’autres secteurs sensibles, notamment la santé, historiquement très mobilisé avec des médecins qui ont le salaire le plus bas de la sous-région mais qui depuis 2013 ont peur de réclamer l’amélioration de leurs conditions. Depuis plusieurs années, les autorités ont réussi à interdire les manifestations politiques ; voir émerger une contestation sociale dans un secteur stratégique comme la banque pourrait rouvrir une brèche difficile à contenir.

Quelle issue pour les travailleurs licenciés ?

La tension reste vive à Bank SUNU Togo. Si la rencontre tripartite prévue entre syndicats, patronat et gouvernement n’aboutit pas à une solution, un conflit social majeur pourrait éclater. Les employés licenciés restent dans l’incertitude, tandis que les syndicats appellent à la solidarité de l’ensemble du mouvement syndical togolais.

« L’avenir du dialogue social au Togo se joue dans ce bras de fer », estime un syndicaliste, convaincu que céder aujourd’hui équivaudrait à « un recul historique des droits des travailleurs ».

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Francine DZIDULA

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