Togo: Une marche citoyenne annoncée pour le 14 juillet à Lomé en mémoire des victimes de la répression
À travers une conférence de presse tenue ce 9 juillet à Lomé, des organisations de la société civile et membres de la diaspora togolaise réunis autour du mouvement PYRAMIDE Togo ont dénoncé avec vigueur la recrudescence de la violence d’État au Togo. Intitulée « Jusqu’à quand la violence d’État ? », la déclaration liminaire revient sur plusieurs décennies de répression et de crimes restés impunis, et annonce une marche pacifique de deuil et de protestation prévue pour le lundi 14 juillet 2025 à Lomé.
Un lourd passé marqué par les martyrs
Depuis plus de trente ans, le Togo vit au rythme d’une répression systématique des voix dissidentes. La déclaration rend hommage à une série de victimes, symboles de cette violence d’État devenue chronique. Des noms marquants ont été cités :
David Ahlonko Bruce, ancien chef de cabinet de Mgr Kpodzro, enlevé en 1994 en pleine rue, jamais revu depuis.
Anselme Sinandare et Douti Sinalengue, tués en 2013 à Dapaong.
Rachad Agrigna-Maman (Bafilo), Abdoulaye Yacoubou (Mango), Joseph Zoumekey (Bè-Kpota) ou encore Moufidou Idrissou et Nawa Ino Tchakondo (Togblécopé), tous fauchés entre 2017 et 2018 lors de manifestations.
« Le pouvoir veut les faire oublier, mais nous ne les oublierons pas », martèle la déclaration, rappelant que même les Nations Unies et Amnesty International continuent d’interpeller les autorités togolaises, notamment sur la disparition de David Bruce, 31 ans après les faits.
Une répression sanglante en juin 2025
Plus récemment, le Togo a été secoué par une vague de manifestations les 6, 26, 27 et 28 juin dernier. Selon les organisateurs, sept morts ont été recensés à Lomé, ainsi que de nombreuses arrestations arbitraires, passages à tabac, intrusions policières dans des domiciles et violences sexistes commises par des agents des forces de l’ordre.
Face à cela, les autorités ont minimisé les faits, parlant d’images générées par l’intelligence artificielle ou évoquant des morts par noyade. « On reconnaît difficilement cinq morts, espérant que les deux autres, non identifiés, ne seront pas comptabilisés », dénoncent les organisateurs. Pendant ce temps, des manifestants sont condamnés à de lourdes peines de prison, tandis que les miliciens responsables de la répression continuent d’agir en toute impunité.
Une marche silencieuse pour ne pas oublier
Face à cette situation jugée intenable, les organisateurs annoncent une marche citoyenne silencieuse le lundi 14 juillet 2025 à Lomé, en hommage aux victimes. Le mot d’ordre est clair : tous en noir, pour marquer le deuil et la désobéissance civile.
Le programme annoncé :
Vendredi 11 juillet : prières musulmanes.
Dimanche 13 juillet: prières chrétiennes.
Lundi 14 juillet, à 11h : départ de la marche à Bè-Kodjindji, direction la lagune de Bè.
À midi : minute de silence nationale, cloches d’églises, klaxons dans la ville.
« Ils sont morts pour que vive la liberté. Le peuple n’oubliera pas », conclut la déclaration.
Un appel à la mémoire collective et à la solidarité
Par cette mobilisation, la société civile togolaise souhaite non seulement rendre hommage aux victimes, mais aussi dénoncer l’impunité persistante, défendre les libertés fondamentales et appeler à une véritable justice pour toutes les victimes de violences d’État.
La conférence de presse se veut un tournant : celui d’un peuple qui refuse l’amnésie, la banalisation de la violence et la confiscation de sa souveraineté.
Francine DZIDULA
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