Violation des droits humains : Pacôme Adjourouvi à Dakar pour renforcer les mécanismes nationaux
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) ont lancé à Dakar un atelier régional de haut niveau réunissant les représentants de 16 États francophones d’Afrique. L’objectif est de renforcer l’efficacité, la coordination et la pérennité des mécanismes nationaux de mise en œuvre, d’établissement de rapports et de suivi (MNMRS) dans le domaine des droits humains. Le Togo est représenté à cette rencontre par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains, Me Pacôme Adjourouvi.
Une initiative conjointe pour une gouvernance plus responsable
Prévu sur deux jours, cet atelier s’inscrit dans une dynamique de coopération renforcée entre l’OIF et le HCDH. Les deux organisations affichent une volonté commune d’accompagner les États francophones dans la mise en œuvre effective des normes internationales en matière de droits humains, l’amélioration de la transparence dans les processus de reporting, la consolidation de systèmes pérennes de suivi et d’évaluation et l’appropriation des recommandations issues des mécanismes internationaux.
Cette initiative reflète une vision partagée d’une gouvernance fondée sur les droits humains, la responsabilisation et la coopération constructive.
Un atelier dans un contexte de violations graves et répétées des droits humains au Togo
Cet atelier régional intervient dans un contexte togolais marqué par des cas de violations graves et répétées des droits humains qui sont essentiellement observés dans des lieux de détention et la restriction des libertés publiques.
En effet, depuis quelques mois, des éléments des forces de l’ordre et de sécurité sont accusés par des militants de l’opposition politique, interpellés dans le cadre des manifestations publiques, de torture dans leur lieu de détention. Le cas qui défraie actuellement la chronique est celui de l’activiste politique et sage-femme Grâce Koumayi Bikonibiyaté qui déclare avoir été « violée » lors de sa détention par des éléments des FDS. Dans une lettre manuscrite écrite depuis la prison civile de Lomé, elle affirme avoir été victime de violences, de torture et d’agressions sexuelles lors de son arrestation le 6 juin 2025. Elle dit avoir porté ces faits à la connaissance de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). « Je suis une femme blessée dans sa chair, déterminée à faire entendre la vérité », écrit-elle. Des accusations réfutées par la gendarmerie nationale dans une sortie sur la TVT.

À ce cas, s’ajoute celle de Mme Amavi Katanga dont les images ont circulé sur les réseaux sociaux avec le corps marqué par des traces de coups dues à la bastonnade dont elle a déclaré avoir été victime dans son lieu de détention.
Lire aussi : Droits des femmes : un combat à géométrie variable de Kossiwa Zinsou-Klassou
Quid de la centaine de prisonniers politiques détenus, depuis plusieurs années déjà, sans aucune forme de procès. Il en est de même pour les personnes retrouvées mortes lors des manifestations pacifiques organisées par le Mouvement du 06 Juin (M66).
La restriction des libertés publiques
Lors de la session d’octobre 2025 de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), trois organisations togolaises — le CACIT, l’OTM et l’OMCT — ont alerté sur le rétrécissement inquiétant de l’espace civique au Togo. Elles dénoncent une montée des violations des libertés depuis juin 2025 : coupures répétées d’internet, répression de manifestations, arrestations arbitraires, torture et détentions dans des conditions dégradantes.

Selon l’OMCT, les rassemblements pacifiques de juin 2025, qui s’inscrivaient dans un contexte de contestation politique lié aux réformes constitutionnelles de 2024, à la crise sociale et à l’arrestation du rappeur Aamron, auraient entraîné plus de 100 arrestations arbitraires, 21 cas de torture et un usage excessif de la force. Des allégations rejetées par des représentants des autorités togolaises avec à leur tête Me Pacôme Adjourouvi qui a accusé les activistes de la diaspora de faire usage de l’Intelligence Artificielle pour générer des images de manifestants violentés.
Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de togoscoop.tg, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.
Dieudonné Djigbodi
E-Mail: togoscoop@gmail.com
Tél : (00228) 90 96 63 64/ 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.


