Bruxelles : La diaspora togolaise mobilise pour les prisonniers politiques
La diaspora togolaise d’Europe s’est réunie samedi 22 novembre 2025 à Bruxelles pour dénoncer la recrudescence des violences politiques au Togo et exprimer son soutien aux prisonniers politiques, dont 37 observent actuellement une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention et des violations graves de leurs droits.
Organisée par la Diaspora Togolaise en Belgique (DTB), la rencontre avait pour thème : « Les prisonniers politiques : comment notre silence et indifférence encouragent la violence politique au Togo ». Elle a rassemblé plusieurs personnalités togolaises reconnues pour leur engagement civique, leur expertise juridique ou leur travail d’enquête.
Une mobilisation de figures engagées de la diaspora
La rencontre, modérée par Philippe Kokou Amédodji, responsable de la Diaspora Togolaise en Belgique (DTB), a réuni notamment Me Mawaba Songué Balouki, avocate au barreau de Marseille et membre de l’Association du barreau de la CPI ; Me Alexis Ihou, avocat au barreau de Lille ; Ferdinand Ayité, journaliste d’investigation en exil ; et Alphonse Lawson-Hellu, leader du groupe Pyramide.
Tous ont alerté sur la situation préoccupante des détenus politiques au Togo et l’urgence d’une mobilisation internationale.
Dans son intervention, Me Balouki a présenté la situation de tous les prisonniers politiques au Togo alors que Me Ihou a mis l’accent sur le non-respect par l’Etat togolais des engagements pris à l’international. Quant à Ferdinand M. Ayité, il a relaté son expérience des milieux carcéraux togolais. Et enfin, M. Lawson-Hellu est revenu sur la stratégie à mettre en place pour obtenir la libération de ces prisonniers.
« Le combat de ces détenus nous concerne tous »
Dans son discours d’ouverture, Éloi Koussawo, coordinateur général du MO5, a souligné la dimension profondément humaine et collective de cet engagement. Rappelant que de nombreux prisonniers n’avaient commis d’autre “faute” que de défendre les valeurs démocratiques, il a dénoncé l’indifférence générale qui, selon lui, alimente les dérives autoritaires du pouvoir.
« Le combat pour lequel ils se retrouvent-là ne les concerne pas seulement eux ; il nous concerne tous », a-t-il insisté, appelant la diaspora à refuser toute forme de résignation. S’inspirant d’Aimé Césaire, « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche », tiré de son œuvre « Le Cahier d’un retour au pays natal », il a souligné l’importance de relayer la voix des détenus réduits au silence.
Une situation alarmante dans les prisons togolaises
Selon les organisations de défense des droits humains, plus d’une centaine de prisonniers politiques seraient détenus dans les quatorze prisons et centres pénitentiaires du pays. Certains seraient incarcérés dans des lieux de détention spéciaux, comme la prison de « Kazaboua », liée à l’opération militaire Koundjoaré dans le nord du Togo.

Parmi les cas les plus médiatisés figurent ceux de Jean-Paul Nunyava Edoh Omolou, ancien président du Collège des délégués de l’Université de Lomé, Aziz Goma, Sokpor Sitsopé Honoré (alias Affectio) et la sage-femme Grâce Koumayi Bikonibiyaté.
Ces derniers jours, l’affaire Grâce Koumayi Bikonibiyaté, détenue à la prison civile de Lomé, a particulièrement suscité l’émoi. Dans une lettre manuscrite relayée par la diaspora, elle affirme avoir été victime de violences, de torture et d’agressions sexuelles lors de son arrestation le 6 juin 2025. Elle dit avoir porté ces faits à la connaissance de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). « Je suis une femme blessée dans sa chair, déterminée à faire entendre la vérité », écrit-elle.
Pour le responsable de MO5, cette rencontre n’était pas simplement un débat, mais un acte de solidarité, de mémoire et d’engagement citoyen, destiné à maintenir la pression sur les autorités togolaises et à rappeler que la situation des prisonniers politiques demeure un enjeu crucial pour l’avenir démocratique du pays.
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Dieudonné Djigbodi
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