Zimbabwe : la belle-fille du président Mnangagwa au cœur d’une affaire de drogue et de blanchiment d’argent
Le scandale prend de l’ampleur au sein de la famille présidentielle au Zimbabwe. Kelsea Tadiwa Tafirenyika, 22 ans, belle-fille du président Emmerson Mnangagwa, est poursuivie dans une affaire portant sur des accusations de trafic de stupéfiants, de blanchiment d’argent et de possession d’une fausse pièce d’identité. Les autorités lui reprochent notamment d’avoir accumulé des biens évalués à environ 9,35 millions de dollars américains grâce à des revenus présumés issus du trafic de drogue.
L’affaire a débuté début août, après une perquisition menée au domicile de la jeune femme à Greystone Park, à Harare. Selon les éléments présentés devant la justice, les policiers auraient découvert 154 ampoules de péthidine, 50 ampoules de morphine ainsi que cinq rouleaux de cannabis. La valeur des produits saisis a été estimée à environ 204 dollars.
Après avoir obtenu une liberté sous caution de 1 000 dollars dans cette première procédure, Kelsea Tafirenyika a été de nouveau arrêtée à sa sortie de prison et présentée à la justice dans une seconde affaire. Cette dernière porte notamment sur le blanchiment présumé de fonds et la possession d’un document d’identité falsifié. Elle a depuis été maintenue en détention dans l’attente de la suite de la procédure.
Un patrimoine de plusieurs millions de dollars
Le volet financier constitue désormais l’un des principaux axes de l’enquête. Des documents judiciaires font état de biens mobiliers et immobiliers évalués à au moins 9,35 millions de dollars. La liste comprend notamment plusieurs véhicules de luxe, dont deux Lamborghini, deux Bentley et une Rolls-Royce, ainsi qu’une dizaine de propriétés à Harare.
Les autorités affirment également enquêter sur d’autres actifs qui seraient liés à la jeune femme en Afrique du Sud et aux Émirats arabes unis. La police chercherait ainsi à retracer l’origine des fonds et à déterminer si ces biens ont été acquis avec le produit d’activités criminelles présumées.
Kelsea Tafirenyika conteste ces accusations. Par l’intermédiaire de ses avocats, elle affirme que les propriétés et les véhicules enregistrés à son nom lui ont été offerts par son époux, Collins Mnangagwa, fils du président et homme d’affaires. La défense conteste également le lien établi par les enquêteurs entre les stupéfiants saisis et les biens évalués à plusieurs millions de dollars.
La famille élargie également rattrapée par l’affaire
Le dossier s’est étendu à des membres de la famille de Kelsea Tafirenyika. Sa mère, sa sœur et une proche parente ont été arrêtées à Bulawayo dans une affaire distincte liée à des stupéfiants. Selon les informations rapportées par la presse zimbabwéenne, les trois femmes ont été interpellées dans un lodge et placées en détention, la justice ayant ensuite refusé leur mise en liberté sous caution.
Depuis sa détention, Kelsea Tafirenyika a également adressé, par l’intermédiaire de ses avocats, une lettre d’excuses à la Première dame, Auxillia Mnangagwa. Elle y exprime ses regrets quant au retentissement de l’affaire sur la famille présidentielle. Ses conseils affirment toutefois que cette démarche ne constitue pas une reconnaissance des faits qui lui sont reprochés.
Une affaire embarrassante pour le pouvoir
L’affaire intervient alors que le président Emmerson Mnangagwa affiche depuis plusieurs années une politique de lutte contre le trafic de stupéfiants. L’implication de sa belle-fille dans une procédure aussi médiatisée constitue donc un sérieux embarras politique pour le pouvoir.
La défense dénonce par ailleurs une médiatisation excessive de l’affaire et accuse les enquêteurs de chercher à ternir l’image de la famille présidentielle. Les avocats de Kelsea Tafirenyika soutiennent que certaines accusations reposeraient sur des suppositions et contestent la manière dont les autorités établissent le lien entre les biens saisis et les activités criminelles alléguées.
À ce stade, Kelsea Tafirenyika reste présumée innocente. La justice devra déterminer si les éléments réunis par l’accusation suffisent à établir les faits qui lui sont reprochés et, surtout, l’origine des quelque 9,35 millions de dollars d’actifs placés au cœur de cette affaire.
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