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Gouvernance par intérim : la nouvelle norme dans l’administration togolaise ?

 

 

Par décret n° 2026-107 pris le 2 juin 2026, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a nommé Justin Tchilabalo Pilante au poste de Directeur général par intérim de la Caisse de Retraites du Togo (CRT). Gestionnaire reconnu et spécialiste des questions de protection sociale, l’intéressé a notamment dirigé l’Institut National d’Assurance Maladie (INAM) de 2024 à 2026 avant cette nouvelle promotion.

Cette nomination vient toutefois alimenter un débat de plus en plus présent dans l’opinion publique : celui de la multiplication des nominations par intérim à la tête des institutions publiques togolaises.

Ces derniers mois, plusieurs structures stratégiques ont vu leurs responsables désignés avec un statut provisoire. Dans les médias publics notamment, la Télévision Togolaise (TVT), Radio Lomé et Radio Kara sont dirigées par des responsables nommés par intérim. D’autres administrations et établissements publics à l’instar de l’ARCOP connaissent une situation similaire.

Si le recours à l’intérim peut être justifié par des impératifs de transition administrative, sa généralisation soulève des interrogations. Pourquoi des postes aussi stratégiques demeurent-ils durablement occupés par des responsables dont les pouvoirs restent théoriquement temporaires ? Pourquoi les nominations définitives tardent-elles à intervenir ?

Une autre question revient régulièrement dans les débats : celle du traitement différencié entre générations. Au Togo, de nombreux retraités ou hauts fonctionnaires en fin de carrière continuent d’être appelés à exercer d’importantes responsabilités avec des prérogatives pleines et entières. À l’inverse, plusieurs jeunes cadres promus à des fonctions de direction héritent d’un statut d’intérimaire qui les maintient dans une forme de précarité administrative.

Cette situation nourrit le sentiment que la confiance accordée à la nouvelle génération demeure limitée. Or, un directeur par intérim reste dépendant d’une confirmation future de sa hiérarchie, ce qui peut réduire sa marge d’initiative et sa capacité à engager des réformes de long terme.

Au-delà des personnes concernées, c’est donc la question de la stabilité institutionnelle qui est posée. Une administration moderne peut-elle durablement fonctionner avec un nombre croissant de responsables provisoires ? À l’heure où les autorités affichent leur ambition de moderniser la gouvernance publique, la clarification du statut des dirigeants des institutions publiques apparaît comme un enjeu de crédibilité et d’efficacité.

 

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Albert Akouété AGBEKO

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