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Filière café-cacao : le Togo face aux défis de la libéralisation après l’ère du monopole d’État

Lors d’un atelier de formation des journalistes organisé par le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC), les acteurs de la filière café-cacao ont revisité l’évolution du système de commercialisation au Togo. Entre les acquis du monopole d’État et les opportunités de la libéralisation, ils ont mis en lumière les défis actuels auxquels sont confrontés les producteurs.

 

Lors de l’atelier de renforcement des capacités des journalistes tenu du 18 au 19 juin 2026 à Kpalimé sur les filières café et cacao organisé par le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC), les participants ont été édifiés sur l’évolution du système de commercialisation de ces deux cultures de rente au Togo. Entre l’ancien monopole de l’État et le modèle actuel de libéralisation, les experts ont dressé un bilan nuancé des avantages et limites de chaque système.

La question du mode de gestion de la filière café-cacao continue d’alimenter les débats parmi les acteurs du secteur. Faut-il revenir au monopole d’État ou poursuivre la libéralisation engagée depuis plusieurs décennies ? Pour les spécialistes intervenus au cours de la formation, le débat mérite d’être abordé avec objectivité, chaque système ayant présenté à la fois des avantages et des contraintes.

Le monopole d’État : un meilleur contrôle de la filière

Avant les réformes économiques des années 1990, la commercialisation du café et du cacao était assurée par l’Office des Produits Agricoles du Togo (OPAT). L’État contrôlait alors l’ensemble de la chaîne de commercialisation et fixait annuellement les prix d’achat aux producteurs.

Ce système permettait de mobiliser d’importantes ressources financières qui servaient notamment à l’entretien des pistes rurales, à l’appui technique des producteurs et au financement de diverses infrastructures agricoles.

Cependant, cette organisation présentait une limite majeure : les prix versés aux producteurs restaient relativement faibles comparativement aux revenus générés par la commercialisation des produits sur le marché international.

La libéralisation, une réforme imposée par les bailleurs de fonds

Avec les programmes d’ajustement structurel soutenus par les institutions financières internationales, plusieurs pays africains, dont le Togo, ont été amenés à ouvrir leurs filières agricoles à la concurrence.

L’objectif affiché était de permettre aux producteurs de bénéficier directement de meilleures rémunérations grâce aux mécanismes du marché.

« La transition vers la libéralisation n’a pas véritablement été un choix pour nos pays. Les discussions avec les bailleurs de fonds ont conduit les États à adopter ce nouveau modèle économique », a expliqué M. Lawson.

Des journalistes dans un champ de cacao

Aujourd’hui, les producteurs ont la possibilité de vendre leurs récoltes à des prix plus attractifs lorsque les cours mondiaux sont favorables. Toutefois, cette évolution ne résout pas toutes les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

Le défi de la productivité

Selon les experts, le principal problème de la filière café-cacao au Togo demeure la faible taille des exploitations.

La majorité des producteurs disposent de parcelles de moins d’un hectare. Avec des rendements moyens relativement modestes, les revenus générés restent limités, même lorsque les prix internationaux sont élevés.

Pour améliorer durablement les conditions de vie des producteurs, les acteurs de la filière estiment qu’il est indispensable d’augmenter la productivité des plantations grâce à l’introduction de variétés plus performantes, à l’adoption des bonnes pratiques agricoles et à un meilleur encadrement technique.

Une histoire marquée par plusieurs modèles commerciaux

Bien avant la création de l’OPAT, le commerce du café et du cacao était déjà assuré par de grandes sociétés internationales telles que John Holt, UAC, SCOA, CFAO ou encore SCIA.

Avec la mise en place de l’office public, ces entreprises ont dû adapter leurs activités et certaines se sont regroupées au sein de la Société Togolaise de Commercialisation des Produits (STCP) afin de poursuivre leurs opérations.

Cette évolution démontre que la filière a connu plusieurs modèles d’organisation au fil de son histoire, chacun répondant à un contexte économique particulier.

Le rôle actuel des organisations professionnelles

Aujourd’hui, la gestion de la filière repose principalement sur les acteurs privés, tandis que les structures interprofessionnelles assurent des missions de coordination, d’organisation et de régulation.

Le Conseil Interprofessionnel de la Filière Café-Cacao, par exemple, n’intervient pas directement dans les exportations. Ses ressources proviennent essentiellement des contributions des différents acteurs de la chaîne de valeur.

Les principaux bénéficiaires économiques demeurent les producteurs, les acheteurs et les exportateurs.

Miser sur la qualité pour renforcer la compétitivité

Sur le marché mondial, le Togo reste un producteur modeste face aux géants que sont la Côte d’Ivoire et le Ghana, leaders incontestés du cacao.

Toutefois, les experts soulignent que le pays dispose d’un atout majeur : la qualité reconnue de son café et de son cacao. Cette réputation lui permet de conserver une place appréciable sur certains marchés spécialisés.

Pour les acteurs de la filière, l’avenir du café et du cacao togolais passe désormais par l’amélioration de la productivité, le renforcement de l’organisation des producteurs et la valorisation de cette qualité reconnue sur les marchés internationaux.

Dans un contexte de libéralisation devenu irréversible, l’enjeu n’est plus de choisir entre les deux systèmes, mais de créer les conditions permettant aux producteurs de tirer pleinement profit des opportunités offertes par le marché.

 

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Albert Akouété AGBEKO

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