Arrestation et aveux détaillés dans l’affaire du meurtre de Viviane Yolande Compaoré/Ouédraogo
Ouagadougou – Les forces de police judiciaire et technique ont mené à bien l’enquête concernant l’assassinat de Viviane Yolande Compaoré/Ouédraogo, aboutissant à l’interpellation et aux aveux complets d’un suspect clé, B.W.Y. Les éléments de l’enquête, rendus publics par le parquet, décrivent un déroulé méticuleux et un mobile familial ancré dans un conflit de longue date.
L’individu a été localisé et appréhendé par la Brigade de Recherches du Commissariat de l’Arrondissement 12 à la gare STAF de Gounghin. Au moment de son arrestation, il était manifestement sous l’emprise de stupéfiants, ce qui a nécessité une période d’observation de trois jours avant son interrogatoire.
Une fois remis, B.W.Y. a fourni aux enquêteurs une description détaillée des faits. Il a reconnu s’être introduit au domicile de la victime dans la nuit du samedi 10 janvier 2026 aux alentours de 3 heures du matin, en escaladant le mur. Après s’être caché dans la propriété, il aurait attendu l’ouverture des portes par la femme de ménage pour pénétrer dans le bâtiment.
Le suspect affirme avoir guetté le départ de l’employée de maison puis le retour de Viviane Yolande après la prière du matin pour passer à l’acte. Il l’aurait surprise dans sa chambre et maîtrisée à l’aide d’une clé de cou, une technique qu’il qualifie de « Cadenas », l’empêchant ainsi de crier.
« Tu es à la base de ma misère et de ma souffrance, aujourd’hui c’est la fin d’une longue époque, tu as gâché ma vie par tes mensonges occasionnant mon licenciement », auraient été ses mots tandis qu’il l’étranglait, selon sa déposition.
Retour sur les lieux et fuite
B.W.Y. déclare être parti brièvement, avant de revenir s’assurer de la mort de sa victime. Il aurait alors utilisé un petit couteau trouvé dans les toilettes attenantes à la chambre, la poignardant au cou puis l’égorgeant.
Après son forfait, il se serait rendu dans la chambre du fils de la défunte pour changer de vêtements, revêtant un survêtement vert à manches courtes appartenant au jeune homme. Dans sa précipitation, il aurait oublié sa propre chemise sur place, mais emporté son pantalon.
De retour à la gare STAF, il se serait changé une seconde fois, abandonnant les vêtements volés. Il a également avoué avoir dérobé trois téléphones portables, une tablette, une somme de 50 000 francs CFA et un sac bleu appartenant à la victime.
Un mobile familial et professionnel
Le mobile avancé par B.W.Y. plonge ses racines dans des tensions familiales et un conflit professionnel. Le suspect explique que la victime serait à l’origine de son licenciement quelques mois plus tôt, alors qu’il était apprenti-chauffeur à la société STAF.
Les liens familiaux entre l’accusé et la victime ajoutent une dimension particulière à l’affaire : le père de B.W.Y. est le neveu de Viviane Yolande Compaoré/Ouédraogo, sa grand-mère paternelle étant la sœur utérine de la défunte.
B.W.Y. affirme avoir subi de sa part « plusieurs fois des dénigrements et des calomnies », ainsi que des accusations de vols et d’actes de délinquance, générant un profond traumatisme. Il évoque des conflits avec la famille de la victime « depuis son enfance ».
L’enquête, désormais entre les mains de la justice, se poursuit sur la base de ces aveux et des preuves matérielles recueillies. Le suspect reste écroué dans l’attente de la suite de la procédure.
AGBEGNIGAN Yaovi


