Le président de la République par intérim du Togo de 25 février au 04 mai 2005, El hadj Abass Bonfoh a tiré sa révérence à l’âge de 72 ans. Sa disparition intervenue ce matin à la suite d’une brusque maladie a été confirmée par des sources proches de la famille.
En retrait de la vie politique nationale après avoir présidé l’Assemblée nationale de 2005 à 2013, Abass Bonfoh surnommé « le plus chanceux des Togolais » vit retiré dans sa ville natale de Kabou au centre du pays.
Rien ne présageait que cet ancien professeur d’éducation physique puisse occuper les charges de président de la République mais le sort en a décidé ainsi à la suite de la disparition du président de la République Gnassingbé Eyadema qui a dirigé le pays de 1967 à 2005. Face à la pression interne et à la condamnation internationale, son fils Faure Gnassingbé qui l’a succédé par dévotion monarchique, en violation de la constitution qui dispose que l’intérim est assuré par le président de l’Assemblée nationale, a été contraint à abandonner le pouvoir. Abass Bonfoh alors 1er vice-président de l’Assemblée nationale fut appelé à la rescousse pour jouer le rôle de président de la République. Charge qu’il a exercé jusqu’à l’organisation de la présidentielle d’avril 2005 émaillé de morts, plus d’une centaine selon les Nations-unis.
Ces morts rattrapera plus tard, le président Bonfoh puisque en 2010, au cours d’une interview qu’il a accordée au magazine « Tribune d’Afrique », le président par intérim au moment des faits, a nié ses tueries.
« Ce ne sont que des histoires auxquelles je ne crois pas, parce que je n’ai rien vu de la sorte, pas même un seul mort. Qui s’en est plaint ? […] Qu’on nous montre les morts ou les fosses communes dans lesquelles ils sont enterrés. Je n’ai vu aucun cadavre […] », avait-il déclaré. Des propos jugés négationnistes par les organisations de défense des droits de l’Homme qui ont exigé en vain la démission du président de l’Assemblée nationale.
Au cours de sa présidence à l’Assemblée nationale, Abass Bonfoh sera éclaboussé par une affaire de mœurs qui a failli l’emporter. En effet, dans une enquête, le magazine « Tribune d’Afrique », a impliqué l’ancien président par intérim dans une affaire de pédophilie. Accusation qui a valu l’enlèvement musclé du rédacteur en chef de cette rédaction, Max-Carmel par les éléments de la gendarmerie.
Par ailleurs, Abass Bonfoh n’a jamais digéré qu’il ne figure pas dans la liste des présidents de la République dressée par le pouvoir dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’Indépendance du Togo.
La dernière apparition publique d’Abass Bonfoh remonte à la prestation de serment de Faure Gnassingbé en 2020.
Il est à ce jour, le seul musulman du pays qui a dirigé le Togo.
Albert AGBEKO
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