Take a fresh look at your lifestyle.
Mixx by Yas

Dialogue autorisé pour Nyamsi, interdit pour Sagna : deux poids, deux mesures?

 

Au-delà des accords diplomatiques et des protocoles officiels, la visite d’un responsable politique ou d’un intellectuel étranger est souvent l’occasion d’échanges directs avec la jeunesse d’un pays. Dans de nombreuses nations démocratiques, cette tradition s’incarne par des rencontres avec les étudiants, considérés comme la conscience critique de la société. On se souvient notamment du dialogue d’Emmanuel Macron avec les étudiants burkinabè, moment de franchise parfois heurtée mais révélatrice d’une démocratie vivante.

Au Togo, cette pratique peine encore à s’imposer. Pourtant, un signal positif a été observé lors du 9ᵉ Congrès panafricain, tenu du 8 au 12 décembre 2025 à Lomé. Le philosophe et panafricaniste Dr Franklin Nyamsi a pu échanger librement avec des étudiants togolais. Pour beaucoup, cette initiative rappelle la vocation première de l’université : permettre la confrontation des idées et la circulation du savoir, conditions essentielles à la formation d’esprits ouverts et critiques.

Dans un monde globalisé où le Togo ne saurait vivre en autarcie, s’inspirer des bonnes pratiques observées ailleurs n’est pas un luxe, mais une nécessité. Offrir aux jeunes des opportunités d’interagir avec des personnalités de premier plan renforce leur culture civique, aiguise leur sens analytique et nourrit leur ambition intellectuelle.

Un contraste avec d’autres précédents

Cependant, cette ouverture récente contraste avec un épisode encore présent dans les mémoires. En septembre 2024, Guy-Marius Sagna, député sénégalais au Parlement de la CEDEAO, avait souhaité rencontrer des citoyens togolais au cours de son séjour à Lomé. Mais cette initiative n’avait pas reçu l’aval des autorités togolaises, au motif qu’elle ne relevait pas de l’objet officiel de sa mission. La rencontre avait finalement été perturbée par des miliciens faisant des blessés et des dégâts matériels importants, sous le regard de policiers accusés de ne pas être intervenus. Plus d’un an après, la plainte déposée n’a pas abouti.

Cette situation soulève une question essentielle : le Togo doit-il encadrer, restreindre ou au contraire encourager les espaces d’expression citoyenne lorsque des acteurs étrangers ou non s’adressent au public ?

Le débat public, un pilier des sociétés ouvertes

La rencontre entre Dr Nyamsi et les étudiants montre qu’il est possible d’encadrer ce type d’échanges sans les entraver. Elle illustre également l’idée que la circulation des idées ne constitue pas une menace pour la souveraineté d’un État, mais plutôt un gage de maturité politique. Les pays considérés comme « avancés » démocratiquement ont compris depuis longtemps que le débat public ne doit jamais être perçu comme un danger, mais comme un antidote contre la suspicion, la rumeur et la radicalisation des opinions.

Sur le même sujet: Togo : le député Guy Marius Sagna agressé à Lomé

Refuser le débat, c’est souvent provoquer l’effet inverse de celui recherché : alimenter la méfiance et fragiliser l’image des institutions. À l’inverse, permettre aux citoyens — et tout particulièrement aux étudiants — de dialoguer avec des responsables politiques, des intellectuels ou des diplomates contribue à renforcer la confiance dans l’État et à enraciner une culture démocratique.

Pour un avenir où personne ne soit exclu de la discussion

Si le Togo souhaite continuer sur la voie de l’ouverture et de la modernisation, il gagnerait à consolider cette culture du dialogue. Personne, qu’il soit national ou étranger, ne devrait être privé d’un espace de débat dès lors que celui-ci se déroule dans un cadre pacifique et respectueux. C’est de cette confrontation constructive que naissent les idées nouvelles surtout sous un régima parlementaire, et que se bâtissent des nations résilientes.

En valorisant ces échanges, le Togo envoie un message fort : dans une société civilisée, le débat n’est pas un privilège, mais un droit.

 

 

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de togoscoop.tg, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.

Francine DZIDULA

E-Mail: togoscoop@gmail.com
Tél : (00228) 90 96 63 64/ 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

8 + 2 =
Powered by MathCaptcha

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More

Privacy & Cookies Policy