(image archives)
Depuis la dernière présidentielle, les activités des partis politiques qui connaissaient déjà des entraves ont vu la situation corsée. La Dynamique Mgr Kpodzro (DMK), devenue le principal regroupement de l’opposition togolaise au sortie de cette élection, a vu toutes ses activités systématiquement empêchées. Dans le même ordre d’idée, des réunions restreintes de ce regroupement organisées ce weekend pour échanger avec la population des communes du Grand Lomé n’ont pas dérogé à la règle. Une situation qui ne laisse pas indifférent le regroupement qui dénonce l’oppression et la répression discriminatoire.
Les communes Golfe 1, 2 et 6 étaient prévues pour ces rencontres restreintes de la DMK. Ces échanges avec les populations devraient avoir lieu dans des domiciles privés en respect des mesures barrières. Si dans la Commune Golfe 2 la réunion s’est déroulée sans entrave, tel n’est pas le cas pour les communes Golfe 1 et 6.
À Baguida, déjà vers 10 heures, des agents des forces de sécurité munis de matraques et de gaz lacrymogènes, sont convoyés au lieu de la réunion, un domicile privé, où ils se sont « positionnés, intimidant et renvoyant tous ceux qui venaient prendre part à la rencontre ». « Les responsables de la DMK arrivés sur les lieux l’après-midi à l’heure convenue, ayant constaté la présence des forces de sécurité armés, ont renoncé à tenir la réunion pour ne pas exposer la population à une répression inutile », relate un communiqué de l’organisation politique.
Scène similaire dans la commune de Golfe 1, près du marché d’Ahligo. Là, deux gendarmes des forces de sécurité furent postés vers 15 heures devant la maison de l’organisateur, prétextant qu’ils sont venus assurer la sécurité des participants. Malgré ces méthodes dissuasives, la réunion a pu démarrer une demi-heure plus tard. C’est en ce moment qu’un détachement de gendarmes débarqua. « A la suite d’un bref échange avec les organisateurs et à court d’arguments pour faire arrêter la réunion, le chef donna 30 secondes aux participants pour quitter les lieux sous peine de recourir à la force. Malgré, les protestations du Chef de délégation, doublées par l’indignation des nombreuses femmes accourues du marché d’Ahligo, le chef de détachement est resté ferme sur sa décision et a fait disperser la réunion », poursuit le communiqué de la DMK qui dénonce et condamne cette violation de domicile sans mandat légal et cette entorse à la liberté des partis politiques à échanger avec leurs militants et sympathisants dans un espace privé.
Le regroupement arrivé en second position de l’élection présidentielle de février 2020, exprime ses vives préoccupations par rapport à ces interruptions intempestives et sélectives de ses réunions. « La récurrence de cet acharnement à l’empêcher de mener ses activités alors que d’autres formations politiques ne sont nullement inquiétées participe d’un plan de décapitation programmé, mais d’avance échoué. La DMK ne peut en aucun cas renoncer à son combat légitime fondé sur la volonté d’alternance exprimée massivement par les togolais le 22 février 2020 », dit le regroupement.
La DMK rassure les populations qu’elle poursuivra ses activités et mènera sa lutte en vue d’une sortie de crise de notre pays qui passe fatalement par le règlement du contentieux électoral né de l’élection présidentielle du 22 février 2020.
Clarisse AFANOU
E-Mail: togoscoop@gmail.com



