Soucieuses des questions liées à l’égalité réelle entre les hommes et les femmes, la négresse féministe, une organisation des féministes du Togo a organisé une rencontre de discussion et d’échanges à Lomé. Une occasion pour les organisatrices et les panélistes, de donner la possibilité aux différent(e)s participant(e)s, la possibilité de penser à des actions concrètes par rapport au féminisme. Ceci dans le but de contribuer à faire avancer les droits des femmes au Togo.
Que ce soit dans la vie privée, et dans la vie publique, l’égalité réelle entre les hommes et les femmes est une nécessité. La “négresse féministe ” qui compte mener cette lutte au Togo a donc organisé ce samedi 31 octobre 2020, à Lomé, une rencontre de discussion et d’échanges autour du thème, « Les mouvements des femmes et la lutte féministe au Togo ». Premier colloque des féministes du Togo, il a pour but, « d’offrir une opportunité aux participants et participantes, de discuter sur tout ce qui est sujet autour du féminisme et surtout de soulever des questions liées au féminisme qui longtemps furent sans réponses », a souligné l’organisatrice dudit colloque, Elsa BAKOLE.
En effet, le féminisme est considéré selon les panélistes comme « l’un des grands mouvements du 20e siècle. Il a bouleversé la division traditionnelle des rôles, la suprématie masculine dans la famille et la structure de la main d’œuvre dans un grand nombre de pays, avec pour vision d’abattre le patriarcat ». Selon Elsa BAKOUE, « le patriarcat est un système qui maintient les femmes dans une position de “ dominer”.C’est-à-dire, un système où le masculin incarne à la fois, le supérieur et l’universel ». Mais dans un monde où l’on prône l’égalité entre l’homme et la femme, il faut abattre ce système, qui pour certains n’est pas une chose facile.
Aujourd’hui, une femme sur 2, selon les rapports des organismes internationaux, a vécu une fois dans sa vie une violence sexuelle, considérant le fait que 50 % de ces femmes n’arrivent pas à porter plainte. Et au Togo nombreux sont ceux et celles qui se sont attardé(e)s sur des choses inutiles comme le souligne l’Organisatrice du colloque, pour mener une lutte en faveur des femmes. Selon cette dernière, l’on peut faire plus en luttant vraiment pour des causes beaucoup plus précises qui amènent à atteindre l’égalité.
Ainsi, pour TOUNOU-GBLODZRO, Sociologue et spécialiste genre, Coordinatrice du CRIFF/GF2D, « il y a beaucoup de travail à faire, parce qu’au jour le jour, tout ce que nous faisons pour la cause des femmes, ne sont que des besoins pratiques. Ceci parce que la construction sociale continue de façonner notre manière de vivre au quotidien. Les femmes doivent aller loin, pour questionner sur des pratiques qui continuent de façonner l’identité de la femme ». Un avis partagé par Marthe FARE, activiste qui prône pour la promotion de la femme, mais pas de la femme médiocre. Elle affirme « Nous sommes dans une société où le féminisme est réduit à une mobilité. Certes, il faut faire la promotion de la femme, mais il ne faut pas faire la promotion de la femme médiocre. Nous devons donc commencer par apprendre à nos enfants que l’égalité ne doit pas être comme un acte exceptionnel ».
Dans certains pays comme le Togo par exemple, le mouvement féministe fait face à des blocages. Gouvernements, groupes religieux, ou encore des segments les plus traditionnels de la société. Pour Confort KABISSA-LAMBONI, Coordinatrice REFED/Savanes, « il y a beaucoup de femmes en Afrique qui rejette le terme féminisme parce qu’elles le considèrent étranger à leur préoccupation. Or, il n’est qu’une revendication ouverte, c’est-à-dire, les relations les plus équitables entre les femmes et les hommes. Aussi, le féminisme en Afrique est basé sur la peur, la peur des hommes de perdre le patriarcat, la peur des femmes de s’affirmer parce qu’elles seront exposées ou rejetées par la société ».
Le défi aujourd’hui pour les acteurs et actrices de ce mouvement, c’est de faire en sorte que les femmes puissent se marier sans avoir peur d’être battue, de marcher dans la rue sans avoir peur d’être agressée. Et nombreux sont ceux et celles qui mènent au quotidien une lutte hors du commun pour que ce défi soit relevé, surtout dans la communauté musulmane. « Il est temps pour nous, surtout en tant que femme musulmane voilée de se battre pour la cause de la femme. Certes, je ne me proclame pas comme une féministe, mais je me bats pour la cause de la femme. Ceci pour que cette dernière ait ses droits, qu’elle s’accepte en tant que femme, et que les hommes nous acceptent telles que nous sommes », a affirmé TOURE ZATO Chakiratou, participante au colloque.
En rappel, les féministes ont été actives dans plusieurs dossiers, notamment, l’abolition des discriminations dans la vie professionnelle, la décriminalisation de l’avortement, l’implantation des garderies, la dénonciation de toutes les formes de violences exercées contre les femmes dans la vie privée comme dans la vie publique. Et pour Elsa BANKOUE, « il faut élever encore plus la chose pour pouvoir mobiliser les féministes autour de la même lutte et le fait d’être ensemble va donner un peu plus de pouvoir pour le lobbying ».
K. Emanuel
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