Le Président Sylvanus Olympio en compagnie de Kennedy des Etats-Unis
Saura-t-on un jour, près de 60 ans après, la vérité sur l’assassinat du premier président du Togo, Sylvanus Olympio ? En tout cas, la famille du Père de l’indépendance du Togo veut que la lumière soit faite sur le premier coup d’Etat sanglant qu’a connu le continent noir. Elle vient d’adresser une demande pour avoir accès aux archives officielles de la France, pays qui est au cœur de cet assassinat.
Dans la soirée du 12 janvier 1963 un quarteron de demi-solde démobilisé de la guerre d’Indochine manipulé par la France, entre au domicile du Président Sylvanus Olympio, domicile qui jouxte avec la résidence de l’Ambassade des Etats-Unis à Lomé. Après des recherches infructueuses toute la nuit, le groupe de militaire s’apprête à rentrer quand ils ont finalement localisé au petit matin le président dans une voiture dans la cour de l’Ambassade. Dans la foulée, trois coups de feu retentissent et abattent le président. On ne sait pas plus sur les conditions de cet assassinat si ce n’est quelques jours plus tard, Etienne Gnassingbé Eyadema, revendiquera plus tard la paternité de cet assassinat avant de faire revirement.
« Nous voulons savoir ce qui s’est passé entre le 12 janvier à 18h, heure à laquelle ma mère, qui était la belle-mère de Sylvanus Olympio, l’a quitté, et le 13 janvier à 7h, moment de son décès », a déclaré Jean-Sylvanus Olympio, neveu du président, chargé par la famille de mener les recherches nécessaires pour lever les nombreuses zones d’ombre qui entoure ce meurtre.
La France est au cœur de ce meurtre car au lendemain de son assassinat, Sylvanus Olympio prévoyait sortir du F CFA et battre la monnaie togolaise, une entreprise vue de mauvais œil à l’Elysée. Il se susurre que ces soldats démobilisés auraient reçu un soutien de Paris.
La famille Olympio souhaite des éclaircissements sur le rôle joué par des officiers français présents à Lomé ce jour-là et sur la responsabilité d’Etienne Eyadema Gnassingbé, l’un des « démobilisés » : il a revendiqué le meurtre au lendemain des faits mais s’est dédit trente ans plus tard-personne d’autre ne s’est jamais exprimé sur la question.
Selon les archives américaines étudiées par la chercheuse britannique Kate Skinner, la France a milité pour qu’il n’y ait pas d’enquête indépendante réclamée par quelques dirigeants africains.
Au moment où la République démocratique du Congo (RDC) s’affaire à faire rentrer les restes du Premier ministre Patrice Lumumba, une dent, les Togolais pourront-ils connaitre eux aussi avant la célébration des 60 ans de disparition de leur premier président la vérité sur cet assassinat ?
Aujourd’hui que tous les acteurs de cette histoire sont autre-tombes il urge que la Vérité soit connue. Pour les générations futures. C’est un devoir de mémoire.
Albert AGBEKO avec Mediapart
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