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Lomé sous haute surveillance à l’ouverture du 9ᵉ Congrès panafricain

 La capitale togolaise accueille ce lundi le 9ᵉ Congrès panafricain, un rendez-vous diplomatique majeur marqué par un niveau de sécurité rarement observé ces dernières années. À quelques heures de l’ouverture officielle, Lomé offre le visage d’une ville quadrillée, transformée en véritable camp retranché par les forces de défense et de sécurité (FDS).

Une capitale en état de siège

Dès l’aube, un déploiement impressionnant de policiers, gendarmes et unités d’élite a été observé dans les quartiers stratégiques d’Adidogomé, Limousine, Attikoumé, Tokoin Hôpital, Deckon, Colombe de la Paix, ainsi que sur le boulevard Eyadéma. Matraques, genouillères, véhicules blindés, gaz lacrymogènes et, par endroits, barrages filtrants témoignent d’une mobilisation exceptionnelle.

Dans le quartier administratif, les contrôles sont encore plus rigoureux. L’accès au périmètre du CASEF, où convergent les délégations, est sévèrement filtré par des militaires. Une fourgonnette noire équipée d’un dispositif de tir stationne devant le ministère de l’Enseignement supérieur, symbole d’un climat sécuritaire d’une rare intensité.

Résultat : des embouteillages massifs paralysent de nombreux axes, particulièrement autour du CASEF, où les participants et les groupes d’animation subissent des fouilles systématiques.

Dans les airs, des hélicoptères survolent la ville.

Même hors du périmètre de la conférence, comme sur l’avenue des Hydrocarbures, la présence de militaires armés de mitraillettes suscite l’étonnement des riverains.

Un décor militaire étouffant pour un rendez-vous panafricain 

Au niveau du Colombe de la Paix, les véhicules du GIPN et du BAC sont bien visibles. Toutefois, dans ce dispositif très militarisé, la ville affiche également les couleurs de la rencontre : drapeaux africains et décorations le long des artères empruntées par les délégations étrangères.

La crainte d’une mobilisation du M66

Selon plusieurs sources sécuritaires, cette présence massive des forces de l’ordre s’expliquerait par l’appel lancé par le M66, un mouvement d’activistes majoritairement basés dans la diaspora. Depuis sa grande manifestation du 6 juin 2025, sévèrement réprimée — au moins sept morts, plusieurs blessés et des arrestations encore en vigueur — le M66 est devenu un acteur majeur de la contestation contre le président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis plus de 20 ans.

Après la révision constitutionnelle d’avril 2025 ayant instauré un régime dit « parlementaire », le mouvement avait annoncé des actions pour perturber la tenue du Congrès panafricain. Mais la population, traumatisée par la répression de juin, hésite à répondre aux appels à manifester.

La diaspora togolaise mobilisée à Paris

Alors qu’à Lomé la sécurité est maximale, une autre forme de mobilisation s’organise à l’étranger. À Paris, le collectif Togo Debout organise ce lundi un sit-in pacifique de 14h à 18h, au 8 rue Alfred Roll, 75017. L’objectif : dénoncer ce que la diaspora considère comme une opération de communication masquant la réalité politique togolaise.

Les organisateurs veulent porter la voix :

-des prisonniers politiques, détenus pour leurs opinions ;

-des victimes présumées de violations des droits humains ;

-des Togolais réclamant des réformes démocratiques substantielles.

Des témoignages et des prises de parole exigeront notamment :

-la libération de tous les prisonniers d’opinion ;

-la fin de l’impunité ;

-l’ouverture d’une enquête internationale sur les allégations de tortures et de violences lors des arrestations de ces derniers mois.

Un Congrès sous tension politique

L’ouverture du 9ᵉ Congrès panafricain à Lomé se déroule ainsi dans un climat mêlant enjeux diplomatiques, crispations sécuritaires et contestation politique interne comme externe.
Entre démonstration de force du pouvoir et mobilisation de la diaspora, la rencontre pourrait devenir un révélateur des tensions qui traversent le Togo depuis la révision constitutionnelle de 2025.

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Francine DZIDULA

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