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Procès Kpatcha 2011 : « Et si je voulais tuer Kpatcha, qu’il me dise qui peut m’en empêcher ? » — Colonel Félix Kadanga. Retour sur les «phrases choc» qui ont marqué ce procès

 

 

Le 15 septembre 2011, au terme d’un procès très suivi, Kpatcha Gnassingbé et 32 autres accusés étaient condamnés dans l’affaire dite d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État. Quinze ans après, certaines déclarations prononcées à la barre restent particulièrement marquantes. Des accusations aux dénégations, en passant par les mises en garde des avocats et les témoignages des protagonistes, retour sur quelques-unes des phrases choc qui ont rythmé ce procès et continuent de nourrir les débats autour de cette affaire.

 

« Il y a contradiction entre les dires de l’avocat général et ceux du procureur général sur la force qui a été envoyée au domicile de Kpatcha Gnassingbé. Soit c’est l’avocat général qui ment, soit c’est le procureur général. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a quelqu’un qui ment. Or, vous savez que le mensonge devant la Cour est puni. » — Me Zeus Ajavon

« Je suis étonné qu’on parle de torture à ce procès. Si quelqu’un est interpellé et qu’il ne veut pas se soumettre, vous êtes obligé de l’amener à se soumettre. Et cela, personne n’a perdu la vie. » — Général Atcha Titikpina

 

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« Je me suis rendu à l’ANR pour certains éléments que je voulais avoir à propos de Kpatcha. Ils me l’ont amené menotté, mais pour que la confiance s’établisse entre nous, j’ai demandé qu’on lui enlève les menottes. Kpatcha s’est jeté à mes pieds et m’a demandé pardon, me demandant de tout faire pour intercéder auprès de son frère-président Faure. » — Général Atcha Titikpina

« Kpatcha a monté des gens contre moi et préparait la mutinerie. Nous savons tous ce qu’il faisait. » — Général Atcha Titikpina

« Et si je voulais tuer Kpatcha, qu’il me dise qui peut m’en empêcher ? » — Colonel Félix Kadanga

« L’allégeance des généraux des FAT a été faite le 5 février 2005 à l’initiative de Kpatcha. » — Rock Gnassingbé

« J’ai dit qu’il faut qu’on foute le bordel en bloquant l’avion du chef de l’État pour l’amener à discuter et à régler définitivement le problème d’héritage, pour que chacun puisse voler de ses propres ailes. » — Rock Gnassingbé

« Quand je suis arrivé sur les lieux, je n’ai vu aucun gendarme. J’ai vu seulement les éléments de la FIR (NDLR : Forces d’intervention rapide) et le colonel Kadhanga, qui, très énervé, criait : “Je vais descendre la maison et je vais éduquer Kpatcha.” Et je lui ai répondu : “S’il le tuait, comment allait-il pouvoir l’éduquer ?” » — Rock Gnassingbé

« Plaider est ma vocation et ma nature est la défense. » — Me Jil-Benoit Afangbédji

« Ni les pouvoirs, ni les menaces, ni la mort, ni la misère, ni la faim ne peuvent m’amener à négocier la vérité. Je suis au service de la justice. Je ne peux pas me mettre du côté de ceux qui violent les droits de l’homme. Le Togo doit être un havre de paix pour tous les citoyens et, s’il arrive que les droits des citoyens soient violés, qu’ils sachent qu’il y a une justice qui leur rendra justice. » — Me Jil-Benoit Afangbédji

« Si l’ANR ne peut plus remplir sa mission, qu’on la ferme. » — Me Jil-Benoit Afangbédji

« Au Togo, désormais, il y a un délit de mécontentement. » — Me Jil-Benoit Afangbédji

« Il ne faudra pas qu’on utilise l’appareil judiciaire pour des comptes personnels, car la justice doit servir de nobles causes. » — Me Jil-Benoit Afangbédji

« Si écrire des projets pour prendre le pouvoir est un crime, alors là, vous devez construire beaucoup de prisons, car des gens griffonnent chaque jour des idées pour prendre le pouvoir. » — Me Jil-Benoit Afangbédji

« Ce dossier est un scandale et il faut le condamner. » — Me Jil-Benoit Afangbédji

« Notre justice a encore décidé de manger un de ses fils. » — Me Sylvain Attoh-Mensah

« C’est un grand découragement par rapport à la justice togolaise. Je suis déçu, découragé, comme le disent les anglophones : “disappointed”. Parce que, pour moi, qui ai enseigné le droit pendant 37 ans à des étudiants, qui ai formé des générations et des générations d’étudiants, je suis vraiment découragé et déçu de ce que la justice togolaise vient de montrer aujourd’hui. C’est une honte. C’est une honte parce qu’on n’a jamais pu démontrer, tout au long du procès, la culpabilité des personnes qui ont été inculpées. Jamais le ministère public, ni la Cour, personne n’a su démontrer que ces gens étaient coupables. Et aujourd’hui, on a condamné certaines personnes à des peines allant jusqu’à vingt ans d’emprisonnement. Je suis déçu. Je suis découragé. » — Me Zeus Ajavon

Quinze ans après le verdict, les déclarations prononcées lors de ce procès continuent de résonner dans le débat public togolais. Entre accusations, contestations et interrogations sur le déroulement de la procédure, l’affaire Kpatcha Gnassingbé demeure l’un des procès les plus marquants de l’histoire judiciaire récente du Togo. Les « phrases choc » prononcées à la barre en témoignent encore aujourd’hui.

 

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Albert Akouété AGBEKO

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