Safe to Learn : le Togo renforce la protection des filles pour une école plus sûre et inclusive
Garantir à chaque enfant, et particulièrement à chaque fille, le droit d’apprendre dans un environnement exempt de violences. C’est l’ambition du programme Safe to Learn – Phase II, financé par le Gouvernement du Canada et mis en œuvre au Togo par l’UNICEF en collaboration avec les ministères en charge de l’Éducation et des Solidarités. Officiellement actée ce vendredi 31 juillet 2026 à Lomé, cette initiative s’inscrit dans une dynamique mondiale visant à éliminer toutes les formes de violences dans, autour et à travers l’école.
Un programme structurant pour prévenir les violences en milieu scolaire
Au Togo, le programme agit simultanément sur les politiques publiques, les établissements scolaires, les services de protection et les communautés afin de prévenir les violences basées sur le genre (VBG) et d’assurer une meilleure prise en charge des enfants victimes. Les actions entreprises comprennent notamment la révision du cadre stratégique national de lutte contre les VBG en milieu scolaire, la réalisation d’un diagnostic national ainsi que la diffusion des textes juridiques protégeant les apprenants.
Le renforcement du système de protection constitue également un axe majeur. Des acteurs de la protection de l’enfant ont été formés à la gestion des cas de violences, tandis que la ligne verte « Allô 1011 » a été consolidée, notamment dans la région des Savanes, pour faciliter le signalement et l’orientation des victimes. Les survivantes bénéficient par ailleurs d’un accompagnement psychosocial, médical et juridique adapté.

Facilitateur de la formation
« Safe to Learn », UNICEF
Des écoles et des jeunes au cœur de la stratégie de prévention
Dans les écoles, l’initiative favorise l’émergence d’environnements d’apprentissage plus sûrs. Pas moins de 6 932 élèves-professeurs des écoles de formation des enseignants ont été sensibilisés au code de conduite des enseignants, à la protection contre les violences sexuelles, à la continuité scolaire des filles enceintes ou mères et aux résultats des études sur les violences en milieu scolaire. Des groupes de discussion dédiés aux filles ont également été créés dans 40 établissements du secondaire afin de renforcer leur expression et leur protection.
En complément de ces actions, l’UNICEF a organisé ce vendredi un atelier de renforcement des capacités destiné aux jeunes promoteurs des droits de l’enfant et créateurs de contenus numériques.

Les participants ont été formés sur les droits de l’enfant, la cyberviolence, le cyberharcèlement, les violences basées sur le genre en milieu scolaire, l’éducation des filles ainsi que les techniques de production de contenus numériques de sensibilisation.
Le cyberharcèlement, un défi croissant pour la protection des enfants
Pour ADEDJE Kwami Ayité, consultant en éducation et facilitateur de la formation pour l’UNICEF, cette initiative répond à une problématique de plus en plus préoccupante.
« Face à la montée du cyberharcèlement en milieu scolaire, l’UNICEF forme les jeunes créateurs de contenu et promoteurs des droits humains aux réalités juridiques et thématiques de la protection de l’enfance afin qu’ils disposent du vocabulaire juste pour sensibiliser efficacement leurs communautés, sous le suivi continu des facilitateurs. »
Des jeunes désormais mieux outillés pour sensibiliser leurs communautés
Les bénéficiaires saluent les acquis de cette formation. Étudiant, volontaire du MAGE et slameur, Didila KOULOBA affirme avoir renforcé sa compréhension des mécanismes de protection de l’enfance et perfectionné sa manière de produire des contenus numériques.
« J’ai appris à structurer mes vidéos avant de les filmer afin de mieux capter l’attention de ma communauté et de rappeler aux jeunes que l’accès aux droits s’accompagne également de devoirs envers leurs parents et la société. »
Membre de l’association IYAWO, Abra Prudence HANYABOE retient quant à elle l’importance d’une approche équilibrée de l’éducation.
« Il est crucial pour les adultes de rappeler aux enfants, avec autant d’énergie que pour leurs droits, qu’ils ont également des devoirs envers la société. »

Une mobilisation collective en faveur d’écoles sûres
Le programme mise également sur l’engagement des communautés. Ainsi, 400 parents d’élèves des régions de la Kara et des Savanes ont été formés sur la prévention et la réponse aux violences basées sur le genre.
En parallèle, la redynamisation des mécanismes communautaires de protection a permis de mobiliser plus de 12 000 personnes autour de la défense des droits des enfants et du maintien des filles à l’école.
À travers Safe to Learn, le Gouvernement du Togo, l’UNICEF, le Gouvernement du Canada et leurs partenaires réaffirment leur engagement commun à bâtir des écoles sûres, inclusives et protectrices, où chaque enfant, en particulier chaque fille, peut apprendre, s’épanouir et construire son avenir à l’abri de toute forme de violence.
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Helly GBENE
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