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Signature de la convention collective dans les médias au Togo : une blague de mauvais goût

 


                         Des lecteurs devant un kiosque à journaux

 

 

En marge de la célébration de la première édition de la « Semaine de la presse togolaise », le patron du Conseil national des patrons de presse (CONAPP), El hadj Arimiyao Tchagnao, a fait une déclaration pour le moins inattendue, en annonçant la signature dans le courant de cette célébration de la convention collective. Une annonce arrivée comme un cheveu sur une soupe car des préalables qui bloquaient les discussions entamées depuis 2011 pour la signature de cette convention n’ont pas été levés avant cette annonce. Conséquence, la « Semaine de la presse » est derrière nous mais la convention collective n’est pas signée et personne n’en parle. Comme toujours il en sera ainsi jusqu’à une prochaine initiative ou annonce. Et le cycle infernal va continuer.

Après les différents échecs de ses prédécesseurs à parvenir à un accord sur le sujet et surtout après la fin du moratoire de six mois obtenu lors des états généraux de juin-juillet 2014, l’actuel ministre en charge des médias, le Professeur Ayewouadan Akoda, a fait de son cheval de bataille la signature de cette convention collective. C’est ainsi dans le lot des différentes réformes qu’il entend impulser à son secteur figure en bonne place la signature de la convention collective. Le CONAPP voyant qu’il n’y aura plus aucune échappatoire puisque le nouveau code adopté l’y oblige fermement, a trouvé bien de faire cette annonce sans toutefois prendre la peine de contacter au préalable les autres organisations concernées par le sujet. Question de les mettre en difficulté pour finalement rejeter le tort sur elles. C’est sans compter.

Ainsi sans avoir pris langue avec le Patronat de la presse togolaise (PTT), l’autre organisation patronale du secteur et le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT), le seul syndicat du secteur et interlocuteur valable, El hadj Arimiyao Tchagnao, se substitue aux autres organisations concernées par la question pour annoncer au cours de la semaine de la presse, une manifestation de son association, la signature de la convention collective à titre conservatoire comme il l’annonce.

Même si au niveau des journalistes employeurs représentés par l’UJIT et le SYNJIT,  demandeurs de cette convention, la méthode un peu cavalière surprend plus d’un.  Les responsables de ces deux organisations n’ont pas été officiellement informés. Comme tout le monde ils ont appris l’annonce de la bouche du président du CONAPP au cours de cette « Semaine de la presse« . L’un des responsables de ces organisations de journalistes employés a confirmé qu’il a ouï-dire que c’est au cours de la rencontre d’Atakpamé sur la divulgation du nouveau  code de la presse que le ministre des médias a suggéré la signature de la convention collective au cours de la semaine de la presse.

C’est tout de même curieux que le CONAPP qui a boudé la rencontre des états généraux consacrée au sujet et qui a toujours tergiversé devient subitement le fer de lance de la signature de cette prétendue convention collective à la va-vite presque en catimini.

BEAUCOUP DE LEGERETE

Comment un document aussi important et qui engage la vie ou la carrière des milliers de journalistes d’aujourd’hui et ceux à venir pourrait être signé avec autant de légèreté ? Tout d’abord, on ne sait pas quel document sera finalement paraphé. Depuis 2011, le texte a évolué et on ne sait si c’est le document sorti du Comité de suivi des recommandations des Etats généraux de la presse qui lui-même est aujourd’hui dépassé qui sera signé ou un autre. Ensuite, on ne sait qui sont les organisations qui seront autour de la table.

Une convention collective est un document tripartite qui engage et l’état, le patronat et les employés. Parce que le document signé va engager les employeurs et les employés, il faut que ceux qui seront autour de la table soient dûment mandatés à parler au nom de leur mandataires. Ici, le CONAPP et le PTT ne sont pas sur la même longueur d’onde car si aujourd’hui le CONAPP est prêt à aller à cette convention collective à titre conservatoire, le PPT hésite à signer un document même à titre conservatoire. Qui seront les parties prenantes, on  n’en sait rien. Par ailleurs, on ne peut pas signer ce document sans les organisations de la presse sous-régionale ou même internationale ne soient présentes en tant qu’observatrices.

Comme on le voit, les conditions pour la signature de ce document au cours de « la Semaine de la presse » ne sont pas réunies. Il a manqué au CONAPP une bonne dose de bonne foi si tant est qu’il a la volonté de parvenir à la signature d’un document même à titre conservatoire. Cette organisation patronale doit en principe approcher les autres partenaires avant de faire l’annonce. Aujourd’hui vouloir porter la responsabilité de la non signature aux journalistes employés c’est faire preuve  de manque de courage.

Le secteur des médias est un secteur particulier. Il l’est davantage au Togo avec l’absence de la publicité doublée de l’étroitesse du marché. Par conséquent, il appartient aux patrons de presse au moment où l’Etat fait de la signature de la convention collective son cheval de bataille de saisir la balle au bond pour demander un accompagnement conséquent de ce dernier, que de se réfugier derrière les subterfuges. Il est évident qu’à l’heure actuelle rares sont les organes de presse qui pourront réellement payer un journaliste selon la grille qui sera adoptée. Pourquoi ne pas alors clairement déposer ces doléances sur la table pour la signature de cette convention car la presse n’est pas un secteur comme les autres. En raison de son statut particulier et rôle dans la société elle mérite un accompagnement pour bien remplir sa mission. Si le moratoire du CONAPP visait à plaider en ce sens, il trouvera soutien mais dans le cas contraire, à la fin du moratoire beaucoup de patrons mettront la clé sous paillasson.

TOURNER LA PAGE SOMBRE D’UN 4EME POUVOIR QUI QUEMANDE

La signature de la convention collective est plus qu’une nécessité. Nous ne pouvons tolérer que les acteurs du quatrième pouvoir puissent vivre dans la précarité, obligés à solliciter des aides de gauche à droite avant de soigner un dès leur malade. Pendant ce temps, d’autres meurent dans la précarité et le dénuement abandonnant veuves et enfants à la charge de la société. Cette image peu reluisante du secteur de la presse doit cesser. Il est inadmissible que plus de trois décennies après le retour du libéralisme médiatique que la presse togolaise fasse du sur-place alors que des secteurs non logés au rang  de pouvoir font des progrès.

De toutes les façons, les patrons et les employés et même l’Etat doivent savoir qu’ils sont tous dans un même bateau. Tant que l’un ne sera pas à l’aise, l’effet rejaillira sur toute la société. C’est pourquoi, il est important de faire en sorte que personne ne soit lésé dans ces négociations et chacun continue par vivre de son métier. Il en va aussi de la professionnalisation de la presse si chère à la population togolaise et aux autorités en particulier. Le pari du professionnalisme passe aussi par la signature de la convention collective sans faux-fuyant. Ensemble, nous pouvons gagner ce pari !

 

Albert AGBEKO

E-Mail: togoscoop@gmail.com

Tél : (00228) 90 96 63 64/ 99 56 57 88 : Pour vos reportages, annonces et publicité, contacter le service commercial de votre site Togoscoop.

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