Togo IGF 2026 : Lomé met la souveraineté numérique et l’IA au cœur des débats stratégiques
Le Togo renforce sa réflexion sur la gouvernance du numérique. Ce vendredi 19 juin 2026, à Lomé, la 12ᵉ édition du Forum national sur la gouvernance de l’Internet (Togo IGF 2026) a réunit décideurs publics, secteur privé, chercheurs, société civile et partenaires internationaux autour d’un enjeu central : comment construire une souveraineté numérique solide à l’ère de l’intelligence artificielle et des données massives.
Un cadre national devenu incontournable
Porté par le Chapitre togolais de l’Internet Society, le forum s’est imposé comme un espace de dialogue stratégique sur les politiques numériques et les transformations technologiques en cours afin de positionner le Togo dans les débats régionaux et internationaux sur la gouvernance du numérique.
Inspiré du Forum sur la gouvernance de l’Internet (IGF) à l’échelle mondiale, il permet d’aligner les visions entre acteurs institutionnels, techniques et citoyens.
Structuré autour de trois panels majeurs : l’intelligence artificielle, la gouvernance, l’innovation et la préparation stratégique ; la gouvernance des données, la confiance, l’interopérabilité, la protection et la valorisation ; ainsi que la souveraineté numérique dans un contexte géopolitique, il s’agit pour les organisateurs, à travers Togo IGF, d’anticiper les mutations technologiques et renforcer la capacité du pays à piloter sa transformation digitale de manière souveraine, inclusive et sécurisée.
La souveraineté numérique comme enjeu régional
Au niveau régional, la transformation numérique impose une coordination renforcée.
Selon la représentante de la commission de CEDEAO, la souveraineté numérique ne peut plus être pensée isolément.
A l’occasion, elle a appelé à une action collective, à l’harmonisation des cadres réglementaires et à des investissements structurants dans les compétences locales.
Elle a insisté également sur la nécessité de développer une gouvernance responsable de l’intelligence artificielle, fondée sur l’éthique, la transparence et le respect des droits humains.
Le PNUD plaide pour un numérique centré sur l’humain
Pour Mme Epiphanie Houmey Eklu-Koevanu, la représentante de la représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la transformation numérique dépasse désormais la seule logique technologique.

Elle a souligné l’importance de renforcer la gouvernance des données, de développer les compétences des jeunes et de stimuler l’innovation locale.
L’enjeu, selon elle, est de faire du numérique et de l’intelligence artificielle des leviers de développement socio-économique, centrés sur l’humain et l’inclusion.
Elle a appelé également à un dialogue renforcé entre pouvoirs publics, secteur privé, monde académique et société civile pour construire un écosystème numérique résilient et équitable.
Gouvernance mondiale de l’Internet : une vision partagée
Au niveau international, les échanges ont été enrichis par l’intervention de Mme Anja Gengo, représentante du Internet Governance Forum Secretariat. Elle a rappelé le rôle essentiel du Forum sur la gouvernance de l’Internet comme espace neutre de dialogue multipartite, permettant de rapprocher les visions entre États, entreprises et société civile sur les enjeux numériques globaux.

De son côté, Mme Amrita Choudhry, représentante de l’Internet Governance Forum Support Association (IGFSA), a insisté sur l’importance de soutenir les initiatives nationales et régionales de l’IGF. Elle a mis en avant la nécessité de renforcer les capacités locales afin de permettre aux pays de mieux participer aux débats mondiaux sur la gouvernance de l’Internet.

Le président de l’Internet Society Togo alerte sur les enjeux structurants
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, Emmanuel Elolo Agbenonwossi, président du Chapitre togolais de l’Internet Society Togo, a rappelé le rôle central du Forum national sur la gouvernance de l’Internet dans l’écosystème numérique national.
Dans un contexte mondial marqué par l’accélération de l’intelligence artificielle, la centralité des données et la recomposition des rapports de force technologiques, il a souligné la nécessité pour le Togo de renforcer ses capacités en matière de gouvernance des données, de diplomatie numérique et de formation des compétences, afin de permettre au pays de prendre pleinement part à la révolution numérique mondiale.
Helly GBENE



