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UMOJA dénonce une instrumentalisation du panafricanisme lors du 9ᵉ Congrès panafricain à Lomé

 

 

Dans un communiqué très critique, la Ligue Panafricaine – UMOJA a condamné ce qu’elle qualifie de « détournement » et de « commercialisation » du panafricanisme par divers acteurs politiques, économiques et médiatiques. L’organisation, active depuis quinze ans dans plusieurs pays africains et au sein des diasporas, critique vigoureusement la tenue du 9ᵉ Congrès panafricain organisé à Lomé du 8 au 12 décembre 2025, sous l’égide des autorités togolaises et avec l’accord de l’Union africaine.

 

Un panafricanisme devenu un “fonds de commerce”, selon UMOJA

 

Dans son communiqué, la Ligue Panafricaine – UMOJA déplore que le panafricanisme, historiquement mouvement de résistance, de libération et de solidarité entre les peuples africains, soit aujourd’hui utilisé comme outil de légitimation par certains dirigeants et groupes d’intérêts.

Selon l’organisation, ces acteurs opportunistes s’approprient l’étiquette panafricaine ou se mettent au service d’agendas étrangers, devenant de véritables « chevaux de Troie » de politiques néocoloniales. Cette dérive contribuerait à alimenter une confusion profonde autour de l’essence du panafricanisme.

 

Le 9ᵉ Congrès panafricain au Togo dans la ligne de mire

 

UMOJA cite explicitement le Congrès panafricain de Lomé comme exemple de cette instrumentalisation.

L’organisation estime que les participants — qu’ils soient universitaires, responsables politiques ou experts — ont répondu à l’invitation d’un régime dont les pratiques sont contraires aux idéaux panafricains, notamment :

 

-l’assassinat en 1963 du président Sylvanus Olympio, considéré comme un pionnier de l’unité africaine,

 

-les répressions violentes de manifestations populaires,

 

-la mise en place de mécanismes antidémocratiques destinés à la conservation du pouvoir,

 

-une culture persistante de l’impunité politique et sécuritaire.

 

 

Pour UMOJA, ces éléments remettent en question la légitimité du Togo à accueillir un événement de portée éthique aussi importante, incluant des débats sur les Réparations ou sur la philosophie Ubuntu, symboles de justice, de mémoire et d’humanisme africain.

 

La question des prisonniers politiques au cœur des critiques

 

Le communiqué attire également l’attention sur la situation des prisonniers politiques au Togo et dans d’autres pays africains.

Selon l’organisation, aucun État ne peut « accueillir dignement des centaines d’afrodescendants » lorsque, dans le même temps :

 

-de nombreux jeunes, militants, artistes, défenseurs des droits et afrodescendants sont incarcérés dans des conditions « inhumaines et dégradantes »,

 

-certains sont contraints à l’exil,

 

-d’autres sont réduits au silence ou poussés à la clandestinité.

 

 

UMOJA exige la libération immédiate de toutes les personnes détenues pour des raisons liées au colonialisme, au néocolonialisme et à l’impérialisme, estimant que cette exigence est indissociable des valeurs fondamentales du panafricanisme.

Sur le même sujet: 9ᵉ Congrès panafricain de Lomé : un plaidoyer pour les prisonniers politiques togolais

 

Le panafricaniste bissau-guinéen, Bellick Sifiwe, avait déjà à la tribune du congrès plaidé en faveur de la libération des prisonniers politiques.

Notons que plusieurs jeunes togolais et un afro-descendant, le guadeloupéen Steeve Rouyar, croupissent dans les prisons togolaises pour avoir manifesté contre le changement unilatéral de la constitution togolaise permettant à Faure Gnassingbé de s’éterniser au pouvoir.

 

Un appel à la vigilance et à l’intégrité panafricaine

 

Au-delà de sa critique du congrès de Lomé, la Ligue Panafricaine – UMOJA appelle à résister aux manipulations et aux détournements du panafricanisme.

Elle encourage les peuples africains à renforcer : l’éducation politique, la formation, la conscientisation, l’organisation citoyenne, et une culture d’intégrité et de responsabilité collective.

 

L’organisation réaffirme aussi son soutien au peuple togolais et à « tous les peuples épris de justice et de liberté », concluant son message par son slogan :

« UMOJA NI NGUVU – L’Union fait la force ! »

 

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Francine DZIDULA

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